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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2200621

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2200621

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2200621
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL FOSSIER-NOURDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mars 2022, M. A C, représenté par Me Gervais, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 18 janvier 2022 rejetant le recours gracieux formé à l'encontre de la décision du 18 octobre 2021 par laquelle la commune d'Epernay a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 15 septembre 2021

2°) d'enjoindre à la commune d'Epernay de prendre en charge son arrêt de maladie au titre de la période du 16 septembre 2021 au 6 octobre 2021 comme étant imputable à un accident de service ;

3°) de condamner la commune d'Epernay à l'indemniser à hauteur d'une somme de 3 000 euros au titre de son préjudice moral ;

4°) de mettre à la charge de la commune d'Epernay la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- son accident étant intervenu sur son lieu de travail durant ses heures de travail, il est imputable au service ;

- la circonstance qu'il a été victime d'un malaise le 15 septembre 2021 est établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, la commune d'Epernay, représentée par la SELARL Fossier Nourdin conclut au rejet de surplus de la requête et qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés ;

- si le tribunal retenait l'existence d'un malaise, ce dernier est sans lien avec le service.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E D,

- les conclusions de Mme B de Laporte, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, recruté en qualité d'adjoint technique territorial par la commune d'Epernay en 1999, a été affecté aux fonctions d'animateur du secteur jeunesse du centre social Maison pour tous à compter du 2 avril 2013. Il a été muté dans l'intérêt du service, en tant que gardien de gymnase, le 6 juillet 2015. L'intéressé a été placé en congé de longue maladie du 25 mars 2015 au 4 juillet 2020. Le 15 septembre 2021, M. C déclare avoir été victime d'un malaise sur son lieu de travail. Il a été placé en arrêt de maladie du 16 septembre au 6 octobre 2021 et a présenté une déclaration d'accident de service le 5 octobre 2021. Par un courrier du 18 octobre 2021, la commune d'Epernay a rejeté sa demande, décision confirmée par un courrier du 18 janvier 2022 rejetant son recours gracieux. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les décisions du 18 octobre 2021 et du 18 janvier 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, devenu l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II.-Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () " Aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ".

3. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion ou une affection physique ou psychologique, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.

4. Si le requérant affirme que dès lors que l'accident dont il déclare avoir été victime est survenu dans le temps et sur le lieu du service, il devait bénéficier de la présomption légale d'imputabilité au service, il résulte des dispositions précitées que cette présomption n'est pas irréfragable.

5. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la déclaration d'accident déposée le 5 octobre 2021 que M. C a indiqué avoir été victime d'une perte de connaissance le 15 septembre 2021 en présence d'un de ses collègues. Si, en effet, il ressort de la déclaration de ce dernier en date du 13 octobre 2021 que l'intéressé " était prostré sur sa chaise sans rien dire ", visage pâle et qu'il ne répondait pas à ses questions, ce collègue, qui n'a pas jugé utile de prévenir les services de secours, lui a alors proposé de le ramener à son domicile, ce qu'il a accepté. C'est à son retour sur son lieu de travail que le collègue a averti leur supérieur hiérarchique. Le requérant se prévaut également d'un certificat médical pour accident de travail du 16 septembre 2021, établi par le centre hospitalier d'Epernay, qui mentionne " malaise d'allure vagal sur son lieu de travail dans un contexte de syndrome dépressif ".

6. Toutefois, en premier lieu, le praticien hospitalier n'a pas constaté l'état de M. C le jour de son malaise invoqué, le 15 septembre 2021, et n'a rédigé ces constatations qu'au regard des déclarations de l'intéressé. En second lieu, le collègue de M. C n'était pas présent au moment de la perte de connaissance supposée, l'intéressé étant conscient en présence de son collègue. Dans ces circonstances, l'existence même d'un malaise susceptible d'être qualifié d'accident de service n'est pas établie.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions de la commune d'Epernay des 18 octobre 2021 et 18 janvier 2022 doivent être rejetées.

Sur les conclusions d'injonction :

8. Il résulte de ce qui précède que le présent jugement qui rejette les conclusions d'annulation présentées par M. C, n'implique aucune mesure d'exécution.

Sur les conclusions indemnitaires :

9. Il résulte de ce qui a été dit ou point 7 que le requérant n'est pas, en tout état de cause, fondé à soutenir que la commune d'Epernay doit être condamnée à réparer le préjudice moral dont il soutient avoir été victime en raison de son refus de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident de service allégué.

Sur les frais liés à l'instance :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Epernay, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. C demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune d'Epernay sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Epernay au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune d'Epernay.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

Mme Anne-Cécile Castellani, première conseillère,

M. Clemmy Friedrich, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

A-C. D

Le président,

Signé

O. NIZET

La greffière,

Signé

I. DELABORDE

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