mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200780 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BAZIN & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 6 avril 2022, 13 janvier 2023,
14 avril 2023 et 13 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Boia, demande au
tribunal :
1°) de condamner le département de l'Aube à lui verser une somme globale de 74 300,34 euros, en réparation des préjudices qu'il soutient avoir subis ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Aube le versement de la somme de
1 800 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été victime de harcèlement moral de la part de sa hiérarchie au centre départemental de l'enfance (CDE) du fait d'un recours abusif aux contrats à durée déterminée, de la tardiveté et des conditions de la signature de son contrat à durée indéterminée et des conditions de sa titularisation dans la fonction publique hospitalière ; ses compétences professionnelles ont été systématiquement dénigrées par sa hiérarchie en s'appuyant sur des fausses allégations et en faisant obstruction à la réalisation de ses missions ; il s'est vu affecter sur des missions dont il n'a pas les compétences ; la dégradation de ses conditions de travail a été à l'origine de l'altération de son état de santé ;
- il a été victime d'un préjudice matériel résultant de la perte de revenu et du non-paiement de ses heures supplémentaires ainsi que d'un préjudice moral.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 octobre 2022, les 17 février 2023 et
13 juillet 2023, le département de l'Aube, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 2 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
15 septembre 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 1999/70/CE du 28 juin 1999, notamment l'article 1 et 2 ;
- la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012, notamment les articles 30 et 31 ;
- la loi n° 2005-843 du 26 juillet 2005 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, notamment les articles 9 et 9-1 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, notamment l'article 6 quinquiès ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Soistier, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique,
- les observations de Me Boia, représentant M. B,
- et les observations de Me Mercier, se substituant à Me Bazin, représentant le département de l'Aube.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, fonctionnaire hospitalier, est assistant socio-éducatif au sein du département de l'Aube. Il a été recruté initialement comme agent d'entretien spécialisé faisant office d'assistant socio-éducatif affecté au centre départemental de l'enfance (CDE), à Saint-Parres-aux-Tertres, sous plusieurs contrats à durée déterminée, de manière discontinue, du
15 juin 2002 au 30 août 2009. Après avoir obtenu le diplôme d'Etat d'éducateur spécialisé, il a été recruté en qualité d'assistant socio-éducatif sur un emploi d'éducateur spécialisé affecté au CDE, pour la période du 29 juin 2012 jusqu'au 31 janvier 2014. Par une décision en date du
12 novembre 2013, un contrat à durée indéterminée lui a été proposé avec effet au
1er février 2014. Par un arrêté du 21 décembre 2017, le département de l'Aube l'a nommé assistant éducatif fonctionnaire stagiaire, sur un emploi d'éducateur spécialisé. Par un arrêté du 24 septembre 2019, l'intéressé a été titularisé dans son grade avec effet au 1er janvier 2019. A compter du 22 novembre 2019 jusqu'au 30 septembre 2022, il a été placé en arrêt de travail, d'abord en congé maladie ordinaire puis en congé longue durée. Par une demande indemnitaire préalable reçu le 8 décembre 2021, implicitement rejetée par le département de l'Aube, il a sollicité une indemnisation à hauteur de 72 905,82 euros en réparation des préjudices qu'il soutient avoir subis du fait du harcèlement moral dont il affirme être victime. Par la présente requête, il demande à ce que le département de l'Aube soit condamné à lui verser la somme globale de 74 300,34 euros en réparation des préjudices qu'il soutient avoir subis.
Sur la responsabilité du département de l'Aube :
2. Aux termes de l'article 6 quinquiès relevant du chapitre II de loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus. ". Aux termes de l'article 32 de la même loi : " II. - Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires, sont applicables aux agents contractuels le chapitre II de la présente loi, le II de l'article 21, l'article 22, l'article 22 bis, l'article 22 ter, l'article 22 quater, l'article 22 quinquies, l'article 23 bis à l'exception de ses II et III, l'article 24 et le présent chapitre IV, à l'exception de l'article 30. ".
3. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
4. D'une part, il ressort de l'interprétation de la directive 1999/70/CE du 28 juin 1999 retenue par la Cour de justice de l'Union européenne que le renouvellement de contrats à durée déterminée afin de pourvoir au remplacement temporaire d'agents indisponibles répond, en principe, à une raison objective, y compris lorsque l'employeur est conduit à procéder à des remplacements temporaires de manière récurrente, voire permanente, et alors même que les besoins en personnel de remplacement pourraient être couverts par le recrutement d'agents sous contrats à durée indéterminée. Toutefois, si l'existence d'une telle raison objective exclut en principe que le renouvellement des contrats à durée déterminée soit regardé comme abusif, c'est sous réserve qu'un examen global des circonstances dans lesquelles les contrats ont été renouvelés ne révèle pas, eu égard notamment à la nature des fonctions exercées par l'agent, au type d'organisme qui l'emploie, ainsi qu'au nombre et à la durée cumulée des contrats en cause, un abus. Les dispositions des articles 9 et 9-1 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 subordonnent la conclusion et le renouvellement de contrats à durée déterminée à la nécessité de remplacer des fonctionnaires temporairement ou partiellement indisponibles. Elles se réfèrent ainsi à une "raison objective" de la nature de celles auxquelles la directive renvoie.
5. D'autre, aux termes des dispositions de l'article 19 de la loi n° 2005-843 du
26 juillet 2005 portant diverses mesures de transposition du droit communautaire à la fonction publique : " I. - () Lorsque, à la date de publication de la présente loi, l'agent est en fonction depuis six ans au moins, de manière continue, son contrat ne peut, à son terme, être reconduit que par décision expresse et pour une durée indéterminée. II. - Le contrat est, à la date de la publication de la présente loi, transformé en contrat à durée indéterminée si l'agent satisfait, le 1er juin 2004 ou au plus tard au terme de son contrat en cours, aux conditions suivantes : () 3° Justifier d'une durée de services effectifs au moins égale à six ans au cours des huit dernières années ; 4° Occuper un emploi en application de l'article 9 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 précitée dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la même loi. ". Aux termes de celles de l'article 9 de la loi n°86-33 du 26 janvier 1986 : " Par dérogation à l'article 3 du titre Ier du statut général, les emplois permanents mentionnés au premier alinéa de l'article 2 peuvent être occupés par des agents contractuels lorsque la nature des fonctions ou les besoins du service le justifient, notamment lorsqu'il n'existe pas de corps de fonctionnaires hospitaliers susceptibles d'assurer ces fonctions ou lorsqu'il s'agit de fonctions nouvellement prises en charge par l'administration ou nécessitant des connaissances techniques hautement spécialisées. () "
6. En premier lieu, pour faire présumer le harcèlement moral dont il se déclare victime, M. B soutient qu'il a été recruté, pour exercer les mêmes fonctions, du
15 juin 2002 au 30 août 2009, sous l'empire de vingt contrats à durée déterminée conclus avec le CDE, qu'une fois titulaire du diplôme d'Etat " éducateur spécialisé ", le 29 juin 2012, il s'est vu adresser une proposition de contrat à durée indéterminée seulement le 12 novembre 2013, signée le 31 janvier 2014 avec prise d'effet au 1er février 2014. Il ajoute que la signature de son contrat à durée indéterminée le 31 janvier 2014, se serait déroulée sous la pression de sa hiérarchie, que l'administration n'a pas repris son ancienneté, ne lui pas octroyé l'ensemble des primes prévues et qu'il a été placé dans une situation de rémunération différente de ses collègues. Enfin, il fait valoir que son ancien directeur, membre du jury du concours sur titre d'assistant socio-éducatif, l'a systématiquement évincé de l'admission au concours, retardant ainsi sa titularisation.
7. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'intéressé, recruté initialement en contrat à durée déterminée pour répondre à un besoin ponctuel sur le fondement de l'article 9 de la loi du 9 janvier 1986, ne bénéficiait pas, à la date d'entrée en vigueur de la loi du 26 juillet 2005 précitée, de l'ancienneté minimale de six ans d'emploi continu, pour pouvoir prétendre à un contrat à durée indéterminée au titre des dispositions de l'article 19 de cette loi. Le requérant n'établit par aucune pièce que la signature de son contrat à durée indéterminée, le
31 janvier 2014, se serait déroulée sous la menace de sa hiérarchie. Il résulte de l'instruction qu'il été reclassé à l'indice majoré 317, soit un indice immédiatement supérieur à celui qu'il lui a été attribué lors de sa situation antérieure et que le contrat lui ouvrait droit à la prime de sujétion spéciale, aux indemnités de nuit, aux indemnités de " jours fériés et camps ", ainsi que d'une indemnité annuelle équivalente à la prime de service égale à 7.5 % du traitement annuel. Dès lors, contrairement à ce qu'il soutient, il n'a pas été placé dans une situation de rémunération différente de celle de ses collègues du même grade et même échelon. Si celui-ci déclarait une rémunération mensuelle d'environ 1 546 euros, dans le cadre de son contrat à durée indéterminée, ce montant correspondait au 2ème échelon, indice majoré 332, de son cadre d'emploi dont la grille de rémunération précise un montant de "1 537,26 euros ", nécessairement inférieure au niveau de rémunération de l'échelon 3 du grade d'éducateur spécialisé fonctionnaire, indice majoré 410, correspondant à 1 970 euros par mois, avec lequel il se compare. Au demeurant, il résulte de l'instruction, qu'à la date du 13 septembre 2019,
M. B a été titularisé dans la fonction publique à l'indice majoré 394 avec une ancienneté conservée au 19 avril 2017. Enfin la seule circonstance qu'il ait échoué plusieurs fois au concours sur titre d'éducateur spécialisé, ne permet pas d'en imputer la responsabilité à la présence de son ancien directeur avec lequel il déclare entretenir des relations conflictuelles, alors que l'évaluation de la valeur des candidats dans ce cadre était effectuée collégialement. En outre, ces faits, extérieurs à la collectivité, ne sont pas de nature à engager sa responsabilité.
8. En deuxième lieu, M. B soutient que ses conditions de travail ont été dégradées par l'acharnement de sa hiérarchie, qui remet en cause son professionnalisme, le dénigre incessamment et exige de lui des justifications, porte à son encontre des accusations non fondées, l'écarte de certains projets, rejette ses demandes de formations, le positionne sur des missions ne relevant pas de ses compétences ou impliquant des changements fréquents lui causant des problèmes de santé.
9. Toutefois, le fait que sa hiérarchie a pu lui demander des justifications par oral ou par écrit à l'occasion de différents incidents durant sa carrière entre 2015 et 2019, notamment à l'occasion d'un déplacement professionnel à Tours, à propos de l'entretien ou du stationnement de son véhicule de service, des dysfonctionnements dans la prise en charge des enfants durant certaines sorties ou liées à l'organisation de camps, d'une absence lors d'une formation ou encore du constat d'un cumul d'emplois non autorisé, ces faits ne procèdent pas de comportements ou d'agissements excédant le cadre normal du pouvoir hiérarchique. Les seules circonstances que par le courrier du 18 juillet 2016, sa supérieure hiérarchique a maladroitement qualifié son comportement de " laxisme " suite aux faits précités, qu'il a été écarté du voyage en Pologne pour lequel il avait lui-même participé à l'organisation, justifié par le fait qu'il devait prendre des repos compensateurs afin d' alléger son stock de 493 heures supplémentaires, qu'il n'a pu faire la copie de son dossier administratif individuel qu'après un délai de deux mois suite à sa consultation ou encore que sa demande incomplète de financement de son diplôme " d'étude d'ingénierie sociale " a été différée, ne permettent pas de fonder l'existence d'une situation de harcèlement moral. En outre, il n'est pas établi qu'il n'a pu bénéficier de formations professionnelles, alors que le département de l'Aube lui a accordé du 31 août 2009 au
29 novembre 2011, soit plus de deux années, un congé de formation professionnelle avec maintien à plein traitement et que son nom ne ressort pas de l'organigramme alors qu'il est mentionné régulièrement dans celui de 2016 versé au dossier. Il résulte de l'instruction que
M. B occupait les missions de " remplacement permanent ", au même titre qu'un autre collègue, pendant sa période de contrat à durée indéterminée dont l'objet était justement d'assurer les remplacements momentanés de fonctionnaires. Il ressort de l'arrêté du
17 août 2018, que suite à sa nomination en qualité de fonctionnaire stagiaire le
21 décembre 2017, il n'avait plus à assurer des remplacements. Dès lors, il ne peut soutenir qu'il était l'unique agent à accomplir des missions de vacation et que, sans affectation pavillonnaire, il était constamment changé de lieu de travail au regard de l'objet de son contrat. M. B, qui dispose du diplôme d'éducateur spécialisé, n'établit pas s'être vu confier une mission ne relevant pas de sa compétence, à savoir la gestion de personnes handicapées. Enfin, s'il soutient que la dégradation de son état de santé est en lien avec ses conditions de travail, à l'appui de trois certificats médicaux d'un médecin psychiatre en date des 3 et 26 juin, ainsi que du 14 août 2020 constatant qu'il souffre d'un " épuisement professionnel " et d'un " stress permanent réactionnel " nécessitant un " traitement psychotrope ", pour autant ces éléments ne permettent d'établir qu'ils sont en lien avec le service. A supposer qu'un tel lien puisse être établi, cette situation ne permettrait pas, pour autant, de faire présumer d'un harcèlement moral.
10. Il résulte de tout ce qui précède et compte tenu de l'ensemble des pièces du dossier qu'aucun des éléments soulevés par l'intéressé, que cela soit au titre de ses conditions de recrutement et de rémunération ou de ses conditions de travail et son état de santé, ni la somme de ceux-ci, ne permet de caractériser l'existence d'un harcèlement moral au sens des dispositions précitées de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983. Ainsi, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité du département de l'Aube serait engagée à raison de faits de harcèlement moral à son encontre. Par suite, ses conclusions à fin d'indemnisation ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de l'Aube, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas, non plus, lieu de mettre à la charge de M. B, la somme demandée par le département de l'Aube, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du département de l'Aube sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de l'Aube.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Nizet, président,
- M. Soistier, premier conseiller,
- M. Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
Le rapporteur,
M. SOISTIERLe président,
O. NIZET
La greffière,
N. MASSON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026