LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2200840

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2200840

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2200840
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP SAMMUT CROON JOURNÉ-LÉAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 avril 2022, 11 mai 2022 et 19 avril 2024, M. F C et Mme B E épouse C, représentés par la SCP Sammut Croon Journé-Léau, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 juin 2021 par lequel le maire de Châlons-en-Champagne ne s'est pas opposé, au nom de la commune, à la déclaration préalable déposée par la SAS Popoki, en vue du changement de destination d'un immeuble à usage d'habitation situé 18-20 rue de Chastillon en immeuble à usage de commerce, à raison d'une surface de plancher de 62,7 m², incluant des travaux nécessaires à ce changement à savoir transformation de la pièce de vie en espace de restauration avec cuisine ouverte, installation d'une borne d'accueil et de paiement avec tablette PMR, création d'un WC accessible et mise en place d'une sonnette d'appel pour mise en place d'une rampe accessible ;

2°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2021 par lequel le maire de Châlons-en-Champagne a autorisé, au nom de l'Etat, l'aménagement d'un établissement recevant du public de cinquième catégorie par la SAS Popoki, concernant un restaurant et débit de boissons situé 18-20 rue de Chastillon ;

3°) d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2021 par lequel le maire de Châlons-en-Champagne ne s'est pas opposé, au nom de la commune, à une déclaration préalable présentée par M. G A en vue de travaux sur une construction existante située 18 rue de Chastillon ;

4°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le maire de Châlons-en-Champagne ne s'est pas opposé, au nom de la commune, à une déclaration préalable déposée par la SAS Popoki en vue de l'installation d'une terrasse avec la mise en place de trois pergolas dans son établissement situé 18-20 rue de Chastillon ;

5°) d'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle le maire de Châlons-de-Champagne a rejeté leurs recours gracieux à l'encontre des arrêtés précités des 2 juin 2021, 8 juin 2021 et 30 juillet 2021 ;

6°) d'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle le maire de Châlons-de-Champagne a refusé de mettre en œuvre ses pouvoirs de police pour faire cesser les nuisances, notamment acoustiques, que cause l'activité de la SAS Popoki ;

7°) d'enjoindre au maire de Châlons-en-Champagne de faire interdiction à la SAS Popoki de poursuivre son activité de bar restauration aux 18 et 25 rue de Chastillon, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 1 000 euros par jour de retard jusqu'à ce que la société ait effectivement cessé son activité ;

8°) de mettre à la charge de la commune de Châlons-en-Champagne une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

S'agissant de l'arrêté du 16 juillet 2021 :

- il est contraire au plan local d'urbanisme en tant qu'il autorise la création de plusieurs appartements sans création de places de stationnement ;

- il autorise l'opération d'aménagement de la SAS Popoki en méconnaissance des emplacements de stationnement imposés par l'arrêté du maire de Châlons-en-Champagne du 13 août 2020 ;

S'agissant des arrêtés du 2 juin 2021, du 8 juin 2021 et du 30 juillet 2021 :

- ils méconnaissent l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, ainsi que les articles R. 1336-5 et suivants du code de la santé publique et l'article L. 171-8 du code de l'environnement, dès lors que le maire de Châlons-en-Champagne ne pouvait ignorer que l'activité exploitée par cette société allait troubler la tranquillité publique ;

S'agissant de la décision du 4 février 2022 portant refus d'exercer les pouvoirs de police :

- elle est illégale dès lors que le maire disposait des informations concernant les nuisances générées par l'activité de la SAS Popoki justifiant, compte tenu de l'urgence de la situation, la mise en œuvre de ces pouvoirs ;

- elle méconnaît les articles R. 1336-5 et suivants du code de la santé publique et l'article L. 171-8 du code de l'environnement.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 août 2022 et 15 mai 2024, la commune de Châlons-en-Champagne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C et Mme E épouse C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive ;

- les conclusions aux fins d'annulation des arrêtés des 2 juin 2021 et 30 juillet 2021 sont irrecevables au regard de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas établi que M. C et Mme E épouse C ont notifié une copie de leur recours gracieux au bénéficiaire des autorisations d'urbanisme concernées ;

- les conclusions aux fins d'annulation des arrêtés des 2 juin 2021, 16 juillet 2021 et 30 juillet 2021 sont irrecevables dès lors qu'il n'est pas établi que M. C et Mme E épouse C ont notifié une copie de leur requête aux bénéficiaires des autorisations d'urbanisme concernées ;

- les moyens soulevés par M. C et Mme E épouse C au soutien de leurs conclusions aux fins d'annulation des arrêtés des 2 juin 2021, 16 juillet 2021 et 30 juillet 2021 sont inopérants ;

- les moyens soulevés par M. C et Mme E épouse C à l'encontre de la décision du 4 février 2022 concernant la mise en œuvre de mesures de police ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2024, le préfet de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par les requérants à l'encontre de l'arrêté du 8 juin 2021 est inopérant.

La requête a été communiquée à la société par actions simplifiée (SAS) Popoki et à M. G A, qui n'ont pas produit de mémoire.

Par courrier du 12 septembre 2024, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 4 février 2022 par laquelle le maire de Châlons-en-Champagne a refusé de mettre en œuvre ses pouvoirs de police, le courrier du 4 février 2022 visé par les requérants étant dépourvu de caractère décisoire sur ce point.

Des observations sur ce courrier d'information, produites par la SCP Sammut Croon Journé-Léau pour M. C et Mme E épouse C, ont été enregistrées le 18 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rifflard, conseiller,

- les conclusions de M. Maleyre, rapporteur public,

- et les observations de Me Sammut, représentant M. C et Mme E épouse C, et de Mme D, représentant la commune de Châlons-en-Champagne.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Popoki a déposé, le 7 avril 2021, une déclaration préalable relative à un changement de destination de la construction située 18-20 rue de Chastillon, avec création de 62,7 m² de surface de plancher à destination de commerce, ainsi qu'une demande d'autorisation de travaux relative à l'aménagement d'un établissement recevant du public de cinquième catégorie et correspondant à un établissement de bar restaurant à la même adresse. Par un arrêté du 2 juin 2021, le maire de Châlons-en-Champagne a décidé de ne pas s'opposer, au nom de la commune, au changement de destination, et par un arrêté du 8 juin 2021 il a autorisé, au nom de l'Etat, l'aménagement d'établissement recevant du public.

2. Le 8 juin 2021, la SAS Popoki a déposé une déclaration préalable de travaux concernant l'installation d'une terrasse et la construction de trois pergolas en bois. Par un arrêté du 30 juillet 2021, le maire de Châlons-en-Champagne a décidé, au nom de la commune, de ne pas s'opposer à ces travaux.

3. Le 21 mai 2021, M. G A a déposé une déclaration préalable relative à des travaux sur construction existante, avec le remplacement des menuiseries extérieures, la réfection des volets battants en bois et de la façade, le remplacement des tuiles, le remplacement des gouttières et descentes d'eau, le remplacement des coffrets gaz et électricité et la pose de quatre fenêtres de toit. Par un arrêté du 16 juillet 2021, le maire de Châlons-en-Champagne a décidé, au nom de la commune, de ne pas s'opposer à ces travaux.

4. M. C et Mme E épouse C sont propriétaires d'une maison d'habitation située au 16 rue de Chastillon à Châlons-en-Champagne, jouxtant la parcelle correspondant à l'immeuble situé au 18-20 de la même rue et au sein duquel la SAS Popoki exploite l'établissement de bar restaurant indiqué ci-avant. Par un courrier du 8 décembre 2021, ils ont, d'une part, adressé un recours gracieux auprès du maire de Châlons-en-Champagne à l'encontre de ses arrêtés des 2 juin 2021, 8 juin 2021 et 30 juillet 2021, et, d'autre part, demandé au maire d'user de ses pouvoirs de police pour faire cesser les nuisances sonores et lumineuses générées par l'établissement de bar restaurant de la société SAS Popoki. Par un courrier du 4 février 2022, le maire a rejeté leur recours gracieux et leur a indiqué qu'il informait la direction en charge de la sécurité publique au sein de la commune de leur demande concernant la mise en œuvre de police administrative pour faire cesser les nuisances en cause, afin qu'un inspecteur de salubrité se saisisse de ce dossier.

5. M. C et Mme E épouse C demandent au tribunal l'annulation des arrêtés des 2 juin 2021, 8 juin 2021, 16 juillet 2021 et 30 juillet 2021, de la décision du 4 février 2022 par laquelle le maire de Châlons-en-Champagne a rejeté leur recours gracieux, et de celle du même jour par laquelle ils estiment que ce dernier a refusé de mettre en œuvre ses pouvoirs de police. Ils doivent également être regardés comme demandant l'annulation de la décision implicite de refus de mettre en œuvre ces pouvoirs de police née, postérieurement à ce courrier, en l'absence de toute action mise en œuvre.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 16 juillet 2021 :

6. En se bornant à soutenir que cet arrêté méconnaîtrait le plan local d'urbanisme de Châlons-en-Champagne au motif qu'il autorise des travaux sur une construction existante qui ne comprennent pas la création de places de stationnement, sans préciser les dispositions de ce plan local d'urbanisme susceptibles d'avoir été ainsi méconnues, M. C et Mme E épouse C n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Un tel moyen ne peut dès lors qu'être écarté.

7. Aux termes du second alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La délivrance antérieure d'une autorisation d'urbanisme sur un terrain donné ne fait pas obstacle au dépôt par le même bénéficiaire de ladite autorisation d'une nouvelle demande d'autorisation visant le même terrain. Le dépôt de cette nouvelle demande d'autorisation ne nécessite pas d'obtenir le retrait de l'autorisation précédemment délivrée et n'emporte pas retrait implicite de cette dernière ".

8. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 13 août 2020, le maire de Châlons-en-Champagne ne s'était pas opposé à une déclaration préalable déposée par M. G A et portant sur des travaux sur la même construction existante que celle ayant fait l'objet de l'arrêté en litige du 16 juillet 2021. M. C et Mme E épouse C font valoir que les travaux de la première et de la seconde déclarations préalables de M. A étaient identiques mais que les plans du rez-de-chaussée du projet différaient, à savoir que la première déclaration faisait apparaître trois places de stationnement dans la cour de l'immeuble et que ces places n'apparaissent plus sur le plan du même rez-de-chaussée dans la seconde déclaration. Toutefois, d'une part, M. A était en droit, conformément aux dispositions de l'article L. 424-5 précité, de déposer une nouvelle déclaration préalable portant sur le même immeuble ne faisant plus apparaître des places de stationnement qui étaient initialement prévues dans le cadre de sa précédente déclaration préalable. D'autre part, cet arrêté du 16 juillet 2021 ne portait, en tout état de cause, et contrairement à ce que font valoir M. C et Mme E épouse C, pas par lui-même autorisation d'aménagement conférée à la SAS Popoki, ni même autorisation d'installer la terrasse de l'établissement de cette dernière, quand bien même l'absence de ces places de stationnement laissait, de fait, un espace disponible pour que cette société y installe une terrasse. Le moyen tiré de ce que l'arrêté du 16 juillet 2021 autorise l'opération d'aménagement de la SAS Popoki en méconnaissance des emplacements de stationnement imposés par l'arrêté du maire de Châlons-en-Champagne du 13 août 2020 doit par conséquent être écarté comme non fondé.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 16 juillet 2021 doivent être rejetées.

En ce qui concerne la légalité des arrêtés des 2 juin 2021, 8 juin 2021 et 30 juillet 2021 :

10. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale () ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ; () ".

11. Aux termes de l'article R. 1336-5 du code de la santé publique : " Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme, dans un lieu public ou privé, qu'une personne en soit elle-même à l'origine ou que ce soit par l'intermédiaire d'une personne, d'une chose dont elle a la garde ou d'un animal placé sous sa responsabilité ". Aux termes de l'article R. 1336-6 du même code : " Lorsque le bruit mentionné à l'article R. 1336-5 a pour origine une activité professionnelle autre que l'une de celles mentionnées à l'article R. 1336-10 ou une activité sportive, culturelle ou de loisir, organisée de façon habituelle ou soumise à autorisation, l'atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme est caractérisée si l'émergence globale de ce bruit perçu par autrui, telle que définie à l'article R. 1336-7, est supérieure aux valeurs limites fixées au même article. () ". Aux termes de l'article R. 1336-9 du même code : " Les mesures de bruit mentionnées à l'article R. 1336-6 sont effectuées selon les modalités définies par arrêté des ministres chargés de la santé, de l'écologie et du logement ". Aux termes de l'article R. 1336-11 du même code : " Lorsqu'elle a constaté l'inobservation des dispositions prévues aux articles R. 1336-6 à R. 1336-10, l'autorité administrative compétente peut prendre une ou plusieurs des mesures prévues à l'article L. 171-8 du code de l'environnement ". Aux termes de l'article L. 171-8 du code de l'environnement, dans sa version applicable au litige : " I.- Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, en cas d'inobservation des prescriptions applicables en vertu du présent code aux installations, ouvrages, travaux, aménagements, opérations, objets, dispositifs et activités, l'autorité administrative compétente met en demeure la personne à laquelle incombe l'obligation d'y satisfaire dans un délai qu'elle détermine. En cas d'urgence, elle fixe, par le même acte ou par un acte distinct, les mesures nécessaires pour prévenir les dangers graves et imminents pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement. / II.- Si, à l'expiration du délai imparti, il n'a pas été déféré à la mise en demeure, aux mesures d'urgence mentionnées à la dernière phrase du I du présent article ou aux mesures ordonnées sur le fondement du II de l'article L. 171-7, l'autorité administrative compétente peut arrêter une ou plusieurs des sanctions administratives suivantes : 1° Obliger la personne mise en demeure à consigner entre les mains d'un comptable public avant une date déterminée par l'autorité administrative une somme correspondant au montant des travaux ou opérations à réaliser. () 2° Faire procéder d'office, en lieu et place de la personne mise en demeure et à ses frais, à l'exécution des mesures prescrites. () ; 3° Suspendre le fonctionnement des installations ou ouvrages, l'utilisation des objets et dispositifs, la réalisation des travaux, des opérations ou des aménagements ou l'exercice des activités jusqu'à l'exécution complète des conditions imposées et prendre les mesures conservatoires nécessaires, aux frais de la personne mise en demeure ; 4° Ordonner le paiement d'une amende administrative au plus égale à 15 000 €, recouvrée comme en matière de créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine, et une astreinte journalière au plus égale à 1 500 € applicable à partir de la notification de la décision la fixant et jusqu'à satisfaction de la mise en demeure ou de la mesure ordonnée. () Les mesures mentionnées aux 1° à 4° du présent II sont prises après avoir communiqué à l'intéressé les éléments susceptibles de fonder les mesures et l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai déterminé. () ".

12. M. C et Mme E épouse C soutiennent que le maire de Châlons-en-Champagne ne pouvait édicter les trois arrêtés en litige sans méconnaître les dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, dès lors qu'il ne pouvait ignorer les nuisances, notamment sonores, portant atteinte à la tranquillité publique que le projet de bar restaurant de la SAS Popoki devait générer. Toutefois, compte tenu de l'indépendance des législations, et alors qu'ils ne contestent pas la conformité au droit de l'urbanisme des projets ayant fait l'objet de ces arrêtés, ni la conformité aux dispositions du code de la construction et de l'habitation en ce qui concerne l'arrêté du 8 juin 2021 portant autorisation d'aménagement d'un établissement recevant du public, M. C et Mme E épouse C ne peuvent utilement faire valoir que le maire de Châlons-en-Champagne aurait édicté, dans le cadre de l'exercice de son pouvoir de police spéciale en matière d'urbanisme, ces arrêtés en méconnaissance de ses pouvoirs de police administrative générale.

13. Par ailleurs, et à supposer que M. C et Mme E épouse C soulèvent dans leur mémoire en réplique, par leur référence aux articles précités du code de la santé publique et du code de l'environnement, un moyen tiré de la méconnaissance par les trois arrêtés susmentionnés des dispositions de ces articles, ils ne peuvent toutefois pas davantage utilement se prévaloir de ces dispositions au soutien de leurs conclusions en annulation de ces arrêtés en raison du même principe d'indépendance des législations.

14. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Châlons-en-Champagne, les conclusions à fin d'annulation des arrêtés des 2 juin 2021, 8 juin 2021 et 30 juillet 2021, doivent être rejetées.

En ce qui concerne la légalité de la décision du maire de Châlons-en-Champagne de ne pas exercer ses pouvoirs de police générale :

S'agissant du courrier du 4 février 2022 :

15. Si M. C et Mme E épouse C demandent, dans leurs conclusions, l'annulation d'une décision qu'ils datent au 4 février 2022 du maire de Châlons-en-Champagne portant refus d'exercer ses pouvoirs de police, le courrier du même jour auquel ils se réfèrent à cet égard se borne à les informer que leur demande a été prise en compte et devait l'objet d'une instruction. Un tel courrier ne comporte pas d'acte décisoire concernant leur demande faite au maire de Châlons-en-Champagne d'exercer ses pouvoirs de police générale. Leurs conclusions, dirigées contre cet acte ne faisant pas grief, doivent être rejetées comme irrecevables.

S'agissant de la décision implicite du maire de Châlons-en-Champagne de refus d'exercer ses pouvoirs de police générale :

16. Aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : 1° Lorsque la demande ne tend pas à l'adoption d'une décision présentant le caractère d'une décision individuelle ; () 2° Lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire ou présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ; () ".

17. Compte tenu de leurs écritures, M. C et Mme E épouse C doivent être regardés comme demandant également l'annulation de la décision implicite de rejet que le maire de Châlons-en-Champagne a pris en l'absence de toute autre réponse, que le courrier du 4 février 2022, apportée à leur demande de mise en œuvre de ses pouvoirs de police générale. Leur courrier de demande ayant été notifié au maire le 9 décembre 2021, cette décision implicite de rejet est née le 9 février 2022.

18. Il incombe au maire, en vertu des dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, de prendre les mesures appropriées pour empêcher sur le territoire de sa commune les bruits excessifs de nature à troubler le repos et la tranquillité des habitants et d'assurer l'observation de la réglementation édictée à cet effet.

19. Il ressort des pièces du dossier que l'activité de restauration en terrasse de la SAS Popoki reposait sur la diffusion continue de musique enregistrée incluant des sons résonants tels que des basses, qu'elle mobilisait un nombre important de clients, et que cette activité était exercée à tout le moins jusqu'à 22h00 concernant la présence de clients, puis au-delà concernant le travail du personnel du restaurant après le départ de la clientèle. Cette activité générait, ainsi qu'il ressort en particulier du rapport d'un expert acousticien désigné par le juge judiciaire et établi sur la base de mesures relevées en septembre 2022, des nuisances sonores très importantes et continues, largement supérieures aux seuils retenus par l'avis de la commission d'étude du bruit du ministère de la santé publique du 21 juin 1963, au niveau de l'habitation de M. C et de Mme E épouse C, y compris au-delà de 22h00. En outre, cette terrasse recevait occasionnellement des groupes de musiques, aggravant ponctuellement mais sérieusement ces niveaux de nuisances. Compte tenu de ces nuisances, le tribunal judiciaire de Châlons-en-Champagne a d'ailleurs, par un jugement du 7 juin 2023, fait interdiction à la SAS Popoki d'exploiter toute activité de vente de boissons ou de restauration, et plus généralement toute activité supposant la réception du public, dans la cour de l'établissement en dehors d'un créneau allant de 11h à 15h du lundi au vendredi hors jours fériés. Enfin, M. C et Mme E épouse C ont signalé à plusieurs reprises aux services de la police municipale de Châlons-en-Champagne au cours de l'année 2021 l'existence de ces nuisances, et avaient fait établir par un huissier de justice un procès-verbal de constat le 29 mai 2021 dont ressortait déjà l'existence de nuisances graves. Compte tenu de l'importance de ces nuisances, dont aucun élément au dossier ne permet d'écarter la constance depuis le début d'activité de la terrasse de ce restaurant, le maire de Châlons-en-Champagne, en décidant de ne prendre aucune mesure dans le cadre de son pouvoir de police générale en vue de faire cesser ces nuisances, a entaché cette décision d'erreur d'appréciation. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du code de la santé publique et du code de l'environnement par ailleurs invoqué, M. C et Mme E épouse C sont fondés à demander l'annulation de la décision implicite du 9 février 2022 par laquelle le maire de Châlons-en-Champagne a refusé de mettre en œuvre ses pouvoirs de police générale en vue de faire cesser les nuisances causées par l'activité de la SAS Popoki.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint au maire de Châlons-en-Champagne de faire interdiction à la société SAS Popoki de poursuivre son activité de bar restauration jusqu'à ce que la société ait effectivement cessé son activité. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction de M. C et de Mme E épouse C doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Châlons-en-Champagne, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante pour l'essentiel, la somme demandée par M. C et Mme E épouse C au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C et Mme E épouse C la somme demandée au même titre par la commune de Châlons-en-Champagne.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite du 9 février 2022 par laquelle le maire de Châlons-en-Champagne a refusé de mettre en œuvre ses pouvoirs de police pour faire cesser les nuisances, en particulier sonores, causées par l'activité de la SAS Popoki à M. C et à Mme E épouse C, est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F C, à Mme B E épouse C, à la SAS Popoki, à M. G A, à la commune de Châlons-en-Champagne et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Marne.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Briquet, président,

M. Torrente, premier conseiller,

M. Rifflard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

R. RIFFLARDLe président,

Signé

B. BRIQUET

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions