jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200843 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIÈS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et une pièce, enregistrés les 8 avril 2022, 14 avril 2022 et 23 septembre 2022, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 16 décembre 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims a approuvé la modification n°1 du plan local d'urbanisme de la commune de Val-de-Vesle ;
2°) d'enjoindre à la commune de Val-de-Vesle et à la communauté urbaine du Grand Reims de redéfinir le périmètre de son projet de lotissement Bois Bancourt 3 en retirant la parcelle ZT 8 et de modifier le plan local d'urbanisme en reclassant cette parcelle en zone UA.
Elle soutient que :
- le rapport de présentation ne justifie pas ou de manière insuffisante du choix opéré et comporte des anomalies et des erreurs ;
- le rapport du commissaire enquêteur est insuffisamment motivé ;
- la modification contestée repose sur des faits matériellement inexacts et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision contestée méconnaît le principe d'égalité de traitement des habitants de la commune ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir ;
- le classement de sa parcelle en zone 1AU est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 juillet 2022 et 3 mars 2023, la communauté urbaine du Grand Reims, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'injonction de Mme A sont irrecevables dès lors que la délibération contestée ne porte pas sur la délimitation du périmètre du lotissement Bois Briancourt 3, ni sur le classement de la parcelle cadastrée ZT 8 et qu'il n'appartient pas au juge administratif d'enjoindre aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de reclasser une parcelle dans une zone déterminée ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la commune de Val-de-Vesle, qui n'a pas produit d'observations.
Par ordonnance du 2 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mai 2024 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mach, présidente,
- les conclusions de M. Torrente, rapporteur public,
- et les observations de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire indivis de la parcelle cadastrée ZT 8 située à Val-de-Vesle (Marne), classée en zone 1AU du plan local d'urbanisme et concernée par l'orientation d'aménagement et de programmation dénommée " zone urbaine 1AU à vocation d'habitat de Thuisy et Wez ". Par une délibération du 16 décembre 2021, le conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims a approuvé la modification n° 1 du plan local d'urbanisme de la commune de Val-de-Vesle. Mme A a exercé un recours gracieux par un courrier du 8 février 2022, qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la délibération du 16 décembre 2021 du conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement, dans sa version applicable au litige : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. Si ce délai ne peut être respecté, un délai supplémentaire peut être accordé à la demande du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête par l'autorité compétente pour organiser l'enquête, après avis du responsable du projet. / Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. () ". Selon l'article R. 123-19 du même code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. () ".
3. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 123-15 et R. 123-19 du code de l'environnement que, si elles n'imposent pas au commissaire-enquêteur de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête publique, elles l'obligent à indiquer, au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.
4. Il ressort des pièces du dossier que le commissaire-enquêteur a énuméré et résumé dans son rapport l'ensemble des contributions recueillies au cours de l'enquête publique. Il a retranscrit en particulier l'ensemble des observations présentées par la requérante, la plupart d'entre elles étant suivies d'une réponse du maître d'ouvrage et d'un commentaire du commissaire-enquêteur, lequel a, en outre, rédigé, dans un document séparé, son analyse de la modification envisagée au regard de sa compatibilité avec le parti d'aménagement défini par les auteurs du plan local d'urbanisme approuvé en 2014 ainsi que de l'historique et des caractéristiques physiques de la parcelle et a répondu à l'essentiel des observations présentées par la requérante avant d'indiquer son avis personnel et les raisons qui en déterminent le sens, satisfaisant ainsi aux exigences des dispositions précitées. Si Mme A reproche au commissaire-enquêteur de ne pas avoir eu recours à une assistance technique d'un expert afin de faire procéder à un relevé topographique de la parcelle en cause, il n'était pas tenu d'y recourir alors que son rapport précise qu'il a été mis en mesure de se forger sa propre opinion sur ce point au terme d'une visite sur le terrain. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'avis du commissaire-enquêteur est insuffisamment motivé. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. / () Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ". Selon l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : / 1° La cohérence des orientations d'aménagement et de programmation avec les orientations et objectifs du projet d'aménagement et de développement durables ; / 2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables et des différences qu'elles comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension des constructions ou selon les destinations et les sous-destinations de constructions dans une même zone ; / 3° La complémentarité de ces dispositions avec les orientations d'aménagement et de programmation mentionnées à l'article L. 151-6 ; / 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 ; / 5° L'institution des zones urbaines prévues par l'article R. 151-19, des zones urbaines ou zones à urbaniser prévues par le deuxième alinéa de l'article R. 151-20 lorsque leurs conditions d'aménagement ne font pas l'objet de dispositions réglementaires ainsi que celle des servitudes prévues par le 5° de l'article L. 151-41 ; / 6° Toute autre disposition du plan local d'urbanisme pour laquelle une obligation de justification particulière est prévue par le présent titre. / Ces justifications sont regroupées dans le rapport. ". En vertu de l'article R. 151-5 de ce code : " Le rapport de présentation est complété par l'exposé des motifs des changements apportés lorsque le plan local d'urbanisme est : / 1° Révisé dans les cas prévus aux 2° et 3° de l'article L. 153-31 ; / 2° Modifié ; / 3° Mis en compatibilité. ".
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de présentation, que la modification n°1 du plan local d'urbanisme de Val-de-Vesle concerne uniquement le déplacement, sur la parcelle cadastrée ZT 8 détenue en indivision par la requérante, d'un projet d'espace vert au sein de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Zone urbaine 1AU à vocation d'habitat de Thuisy et Wez " décidé par les auteurs du plan local d'urbanisme approuvé en 2014. Pour justifier cette modification, le rapport de présentation indique que ce nouvel emplacement confortera la construction d'un corridor vert prévu par l'OAP sous le nom de " boucle verte ", bénéfique à la faune et la flore, mais permettant aussi un cheminement doux reliant les équipements sportifs, la gare, le parc et la mairie, que l'emplacement envisagé initialement était un ancien espace agricole sans intérêt écologique ou paysager particulier alors que le nouvel emplacement était boisé jusqu'en 2020 avant que le propriétaire de la parcelle ne la défriche sans autorisation, que la parcelle de destination présente un décaissement d'une profondeur d'environ deux mètres qui la rend inconstructible, le plan local d'urbanisme interdisant de remblayer de plus de 80 cm et que la localisation d'un espace vert à proximité de la résidence séniors et personnes à mobilité réduite permettrait de créer un îlot de fraicheur.
7. Contrairement à ce que fait valoir Mme A, le rapport de présentation expose les motifs de la modification apportée à l'OAP en cause.
8. Si la requérante fait valoir que l'indication selon laquelle la modification vise à " renforcer une continuité écologique " est une aberration compte tenu de la coupure formée par la route départementale 8, régulièrement empruntée par des poids lourds, aux abords de son terrain, cette allégation, qui critique en réalité l'opportunité de la modification contestée, ne saurait caractériser une insuffisance du rapport de présentation duquel il résulte que la parcelle détenue par Mme A s'inscrit pleinement dans le projet de création d'une boucle verte prévue par l'OAP et destinée aux modes de déplacement doux. Il en va de même des allégations selon lesquelles il ne serait pas justifié du caractère indispensable du déplacement du lieu d'implantation de l'espace vert projeté au sein de l'OAP et que d'autres emplacements ne portant pas atteinte au droit de propriété des propriétaires indivis de la parcelle ZT 8 pourraient être envisagés, qui se bornent à critiquer le choix retenu et sont sans incidence sur la régularité du rapport de présentation.
9. Si le rapport de présentation indique que le défrichement de la parcelle de la requérante a été réalisé sans autorisation, alors qu'il est constant que cette opération n'en nécessitait aucune, ce motif n'a pas présidé au choix de la modification de l'emplacement de l'espace vert et n'a, en tout état de cause, pas dénaturé la présentation de l'état de la parcelle ou de ses caractéristiques physiques. Cette mention erronée n'est dès lors pas de nature à entacher d'insuffisance le rapport de présentation.
10. L'intéressée ne saurait reprocher l'absence de localisation du projet de résidence séniors et personnes à mobilité réduite qui n'était pas encore arrêté à la date de la délibération attaquée alors que l'OAP " zone urbaine 1AU " prévoit de " rendre accessible le logement aux personnes à mobilité réduite et aux personnes âgées en permettant la construction de maison de plain-pied ". De même, la circonstance que cette résidence pourrait être implantée ailleurs dans le périmètre de cette OAP, qui relève de l'opportunité du parti d'aménagement, est sans incidence sur la régularité du rapport de présentation.
11. Si Mme A soutient que le rapport de présentation reproduit des plans ne correspondant pas à la réalité du cadastre en l'absence de représentation du lotissement Bois Brancourt 2, cette circonstance est sans incidence sur la régularité de ce document dès lors que la modification en litige porte sur une autre tranche de l'OAP. Au demeurant, une photographie annexée au rapport représente l'achèvement de cette tranche du lotissement.
12. Si certaines des photographies de la parcelle ZT 08 reproduites dans le rapport de présentation sont antérieures à son défrichement, ce document précise également que ce terrain a été défriché en 2020 et reproduit plusieurs photographies représentant l'état de la parcelle après ces travaux.
13. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la parcelle ne présenterait pas un décaissement d'une profondeur approximative de deux mètres, le commissaire enquêteur ayant lui-même relevé, lors de sa visite sur place, qu'une partie du terrain était difficile d'accès et comportait plusieurs excavations de faible profondeur et une beaucoup plus importante sans qu'il soit possible de l'évaluer compte tenu de la végétation qui s'y trouvait.
14. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à contester la régularité du rapport de présentation. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
15. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-6-1 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation définissent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, un échéancier prévisionnel d'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de réalisation des équipements correspondant à chacune d'elles, le cas échéant. ". Selon l'article L. 151-6-2 du même code : " Les orientations d'aménagement et de programmation définissent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur les continuités écologiques. ". En vertu de l'article L. 151-7 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; () / 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, renaturer, restructurer ou aménager ; / 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ; () ".
16. D'autre part, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. ".
17. Mme A soutient que la décision de modification du plan local d'urbanisme contestée repose sur des faits matériellement inexacts dès lors que la parcelle qu'elle détient en indivision est plane sur plus de la moitié de sa surface et que le rapport de présentation décrit sa parcelle comme inconstructible du fait de la présence d'un décaissement d'une profondeur d'environ deux mètres. Toutefois, il est constant que sa parcelle comporte, sur une surface approximative de 1 200 m², plusieurs excavations de faible profondeur et une beaucoup plus importante que le commissaire-enquêteur n'a pu évaluer lors de sa visite sur place compte tenu de la végétation dense qui s'y trouvait, la requérante admettant, dans son observation n° 11, que les excavations peuvent atteindre une profondeur d'1,75 mètres en certains endroits. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision de modification du plan local d'urbanisme en litige repose sur des faits matériellement inexacts.
18. En quatrième lieu, Mme A ne conteste pas que la modification litigieuse de l'OAP " Zone urbaine 1AU à vocation d'habitat de Thuisy et Wez " est compatible avec le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme approuvé en 2014. Il est constant que la parcelle appartenant à Mme A est depuis 2014 classée, ainsi que l'ensemble des parcelles couvertes par cette OAP, en zone 1 AU et que sa constructibilité est conditionnée à la réalisation de l'opération d'ensemble prévue au titre de cette orientation. Il ressort des pièces du dossier que la configuration et les caractéristiques de la parcelle ZT 8, qui est située sur le tracé du projet de création d'un cheminement doux, ne sont pas incompatibles avec l'aménagement d'un espace vert. La circonstance que cet espace vert pourrait être implanté sur une autre parcelle que la sienne au sein du lotissement est par elle-même sans incidence sur la légalité de la modification contestée. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la modification litigieuse du plan local d'urbanisme est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
19. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en déplaçant le projet d'espace vert sur la parcelle de Mme A, la modification du plan local d'urbanisme contestée méconnaitrait le principe d'égalité de traitement des citoyens.
20. En sixième lieu, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer les partis d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
21. Si Mme A soutient que le classement de la parcelle qu'elle détient en indivision en zone 1AU du plan local d'urbanisme est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, il ressort des pièces du dossier que ce terrain, qui présente un caractère naturel, était inclus depuis 2000 dans une zone d'aménagement d'ensemble (NAa) du plan d'occupation des sols de Val-de-Vesle avant d'être reclassé en zone 1AU du plan local d'urbanisme de cette commune approuvé en 2014, objet de l'OAP dont les deux premières tranches ont déjà été réalisées et dont il n'est pas allégué qu'elle méconnaitrait les objectifs définis par le projet d'aménagement et de développement durables. Ainsi, compte tenu de la situation existante de la parcelle ZT 8 et de ses perspectives d'avenir, Mme A n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que le classement de celle-ci en zone 1AU du plan local d'urbanisme est entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
22. En dernier lieu, Mme A fait valoir que la modification de l'emplacement du projet d'espace vert démontre l'intention de la collectivité d'obtenir une vente forcée à vil prix. Toutefois, le détournement de pouvoir ainsi allégué n'est pas établi.
23. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la délibération du 16 décembre 2021 du conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la communauté urbaine du Grand Reims, la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
24. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté urbaine du Grand Reims et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la communauté urbaine du Grand Reims une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la communauté urbaine du Grand Reims et à la commune de Val-de-Vesle.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
A-C CASTELLANILa présidente-rapporteure,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026