jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 27 mai 2022, 7 juillet 2022 et 8 janvier 2023, Mme B D et M. C A, représentés par Me Callon, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 décembre 2021 par lequel le maire de Floing ne s'est pas opposé, au nom de la commune, au projet d'implantation d'un relais de téléphonie mobile de la société Free Mobile sur un terrain situé rue des Braves Gens sur le territoire de cette commune, ainsi que la décision du 22 mars 2022 par laquelle il a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge conjointe de la commune de Floing et de la société Free Mobile une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- la société Free Mobile ne justifie d'aucun accord de principe du propriétaire du terrain d'assiette, ni d'aucun bail ni d'aucune convention de servitude de fonds ou de tréfonds autorisant le raccordement des câbles au réseau Enedis ; aucun de ces éléments n'a été communiqué dans le dossier de déclaration préalable en méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;
- un permis de construire est nécessaire pour le projet en litige au regard de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme ;
- le projet aurait dû être soumis à l'avis de l'architecte des bâtiments de France dès lors qu'il est situé à trois cents mètres de l'église de Floing qui est classée monument historique et qu'il est en situation de co-visibilité avec ce monument ;
- la société Free Mobile n'établit pas avoir transmis un dossier d'information clair et précis tel que requis par la loi n° 2015-136 du 9 février 2015 ; l'implantation d'une antenne relais au-delà d'une puissance minimum est soumise à l'accord de l'agence nationale des fréquences ; aucun affichage en mairie ni aucune publication par voie de presse n'a été réalisé ;
- l'arrêté en litige méconnaît l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques dès lors que la société pétitionnaire n'a pas recherché de solution de mutualisation de pylônes déjà existants pour installer ses antennes, alors que de tels pylônes existent ;
- le projet méconnaît l'article A.11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il porte atteinte au paysage environnant ainsi qu'à la nécropole nationale 1939-1945 de Floing.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2022, la commune de Floing, représentée par Me Rahola, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive dès lors que le recours gracieux de Mme D et de M. A a été introduit au-delà d'un délai de deux mois à compter du début de l'affichage complet et continu par la société Free Mobile de la décision de non-opposition en litige sur le terrain d'assiette ;
- les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du code des postes et des communications électroniques sont inopérants ;
- les autres moyens soulevés par Mme D et M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, la société par actions simplifiée Free Mobile, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive dès lors que le recours gracieux de Mme D et M. A a été introduit auprès du maire de Floing par la société Matmut Protection Juridique sans qu'il ne soit établi que cette société disposait d'un mandat exprès délivré par les intéressés ;
- les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du code des postes et des communications électroniques sont inopérants ;
- les autres moyens soulevés par Mme D et M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 19 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2015-136 du 9 février 2015 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, conseiller,
- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé le 2 septembre 2021 une déclaration préalable de travaux portant sur l'installation d'un pylône monotube radômé, intégrant des antennes de téléphonie mobile, sur la parcelle cadastrée ZH 23 située rue des Braves Gens à Floing. Par un arrêté du 24 septembre 2021, le maire de Floing s'est, au nom de la commune, opposé à ce projet. A la suite du recours gracieux exercé par la société Free Mobile, le maire de cette commune a, par un nouvel arrêté du 31 décembre 2021, retiré l'arrêté du 24 septembre 2021 et ne s'est pas opposé à ce projet. Par courrier du 8 mars 2022, Mme D et M. A, propriétaires d'une parcelle contiguë au terrain d'assiette, ont introduit un recours gracieux à l'encontre de ce dernier arrêté, qui a été rejeté par décision du 22 mars 2022. Par leur requête, Mme D et M. A demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 décembre 2021 du maire de Floing et la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". Aux termes de l'article R. 431-35 du même code : " () / La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".
3. Il résulte de ces dispositions que les déclarations préalables doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration préalable, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle demande d'autorisation d'urbanisme vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande pour ce motif.
4. En l'espèce, la société Free Mobile a attesté dans sa déclaration préalable avoir qualité pour présenter celle-ci. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est pas allégué, que cette demande revêtait un caractère frauduleux ou que le maire de Floing disposait d'informations selon lesquelles cette société n'avait, sans contestation sérieuse possible, aucun droit pour la déposer. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la société Free Mobile ne disposait d'aucun accord de principe du propriétaire du terrain d'assiette, ni d'aucun bail ni d'aucune convention de servitude de fonds ou de tréfonds autorisant le raccordement des câbles au réseau doit être écarté comme non fondé.
5. D'autre part, Mme D et M. A ne sont pas davantage fondés à soutenir que ces mêmes documents, qui ne figurent pas parmi ceux limitativement requis des pétitionnaires, auraient dû être fournis à l'appui de la déclaration préalable en litige. Ce moyen doit donc être également écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. / La protection au titre des abords a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel. / II. - () / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. () ". Aux termes de l'article L. 621-32 du même code : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues aux articles L. 632-2 et L.632-2-1. ". Aux termes du I de l'article L. 632-2 de ce code : " I. - L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. / () l'absence d'opposition à déclaration préalable () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I. () ". L'article R. 425-1 du code de l'urbanisme prévoit, de même, que lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire ou la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées.
7. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que ne peuvent être délivrées qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les autorisations d'urbanisme portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.
8. S'il ressort des pièces du dossier que le projet est situé à moins de cinq cents mètres de l'église Saint-Rémy de Floing, dont Mme D et M. A font valoir, sans être contredits, qu'elle est classée monument historique, le projet n'est, contrairement à ce que soutiennent les requérants, toutefois pas visible à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le projet était soumis à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : () / b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable ". Aux termes de l'article R. 421-9 du même code : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : () / c) Les constructions répondant aux critères cumulatifs suivants : / - une hauteur au-dessus du sol supérieure à douze mètres ; / - une emprise au sol inférieure ou égale à cinq mètres carrés ; / - une surface de plancher inférieure ou égale à cinq mètres carrés. / Toutefois, ces dispositions ne sont applicables ni aux éoliennes, ni aux ouvrages de production d'électricité à partir de l'énergie solaire installés au sol, ni aux antennes-relais de radiotéléphonie mobile ; () / j) Les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, et les locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement dès lors que ces locaux ou installations techniques ont une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m2 et inférieures ou égales à 20 m2 ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'est soumise à la procédure de déclaration préalable la construction d'antennes-relais de radiotéléphonie mobile, de leurs systèmes d'accroche, et des locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement lorsque soit, quelle que soit la hauteur de l'antenne, la surface de plancher et l'emprise au sol créées sont supérieures à 5 mètres carrés et inférieure ou égale à 20 mètres carrés, soit, s'agissant des antennes d'une hauteur supérieure à douze mètres, la surface de plancher et l'emprise au sol créées sont inférieures ou égales à 5 mètres carrés. Pour l'appréciation des seuils applicables à ces projets de constructions, s'agissant tant de ceux fixés au j) de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme, que de ceux mentionnés au c) de cet article et au a) de l'article R. 421-2, seules la surface de plancher et l'emprise au sol des locaux et installations techniques doivent être prises en compte, et non l'emprise au sol des pylônes.
11. Mme D et M. A soutiennent que, dès lors que la hauteur de l'antenne relais en l'espèce est supérieure à 12 mètres, l'emprise au sol créée par le projet nécessitait un permis de construire. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est même pas sérieusement allégué, que la surface de plancher et l'emprise au sol créées par le projet seraient supérieures à cinq mètres carrés, ni que le projet serait situé dans le périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement. Par suite, ce moyen doit être écarté comme non fondé.
12. En quatrième lieu, en vertu du principe de l'indépendance des législations, il n'appartient pas à l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme de veiller au respect de la réglementation des postes et communications électroniques, mais seulement de se prononcer sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme en vigueur. Par suite, Mme D et M. A ne peuvent pas utilement soutenir que la société Free Mobile n'aurait pas transmis un dossier d'information tel que prévu par la loi du 9 février 2015 relative à la sobriété, à la transparence, à l'information et à la concertation en matière d'exposition aux ondes électromagnétiques, qu'elle n'aurait pas soumis son projet à l'accord de l'agence nationale des fréquences en application de l'article L. 43 du code des postes et des communications électroniques et que l'arrêté en litige méconnaîtrait l'article D. 98-6-1 du même code dès lors que la société pétitionnaire n'aurait pas recherché une solution de mutualisation de pylônes déjà existants pour installer ses antennes alors que de tels pylônes existeraient.
13. Si Mme D et M. A font valoir qu'aucun affichage en mairie ni publication par voie de presse n'a été réalisé, ils n'assortissent pas ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
14. En cinquième lieu, l'article A.11 du règlement du plan local d'urbanisme de Floing dispose notamment que " Les constructions et installations autorisées ne doivent pas nuire, ni par leur aspect ni par leur volume à l'environnement immédiat et au paysage dans lesquels elles s'intégreront ". Pour rechercher l'existence d'une atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, de nature à entacher d'illégalité la décision en litige, il appartient au juge d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions précitées excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence autres que ceux mentionnés par cet article. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
15. Le règlement du plan local d'urbanisme de Floing dispose, concernant le " caractère de la zone A ", que cette zone " contient des éléments paysagers à préserver au titre des dispositions de l'article L. 123-1-5, 7° du code de l'urbanisme. Il s'agit () de la Croix du Général Margueritte, des tombes militaires () qui constituent des témoins précieux de l'histoire locale et nationale, ces éléments étant identifiés sur les documents graphiques. / Elle contient aussi des chemins et des sentiers à protéger au titre de l'article L. 123-1-5, 6° du code de l'urbanisme, identifiés par les documents graphiques ".
16. Le site d'implantation du projet en litige est situé en zone A du plan local d'urbanisme de la commune de Floing et est constitué d'une vaste plaine agricole. Le projet doit être implanté à proximité immédiate de deux habitations, dont celle des requérants, lesquelles sont séparées du projet par une bande d'arbres d'une hauteur permettant d'obstruer partiellement la vue sur le projet. Cet environnement ne présente pas, en dépit de la présence d'un chemin de randonnée traversant ce paysage agricole, d'intérêt particulier pour l'application des dispositions de l'article A.11 précité. Par ailleurs, le projet est situé à une cinquantaine de mètres du cimetière militaire 1939-1945 et à environ cent-cinquante mètres au sud-ouest du mémorial national des anciens chasseurs d'Afrique, identifiés comme éléments remarquables dans le règlement graphique du plan local d'urbanisme de Floing et présentant un intérêt particulier au regard des dispositions de l'article A.11 précité compte tenu de leurs caractéristiques architecturales et de leurs perspectives monumentales, ainsi que par leur configuration conçue pour le recueillement. Si, compte tenu de sa hauteur de vingt-sept mètres et de la topographie de son site d'implantation, le projet en litige sera nécessairement visible depuis ces lieux de mémoire militaire et présentera une covisibilité avec eux, il ressort toutefois des pièces du dossier que sa structure en forme de colonne dissimulant les antennes ainsi que sa couleur verte permettent, en l'espèce, d'assurer son insertion et d'en limiter suffisamment l'impact visuel au regard de ces sites d'intérêt, de son environnement et du paysage avoisinant, pour ne pas porter à ceux-ci une atteinte de nature à méconnaître les dispositions de l'article A.11 du règlement du plan local d'urbanisme de Floing. Par suite, le maire de Floing n'a pas fait une inexacte application de ces dispositions en décidant de ne pas s'opposer à ce projet.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Floing et la société Free Mobile, que les conclusions aux fins d'annulation de Mme D et M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Floing et de la société Free Mobile, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que Mme D et M. A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme D et M. A une somme de 1 000 euros à verser respectivement à la commune de Floing et à la société Free Mobile au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et M. A est rejetée.
Article 2 : Mme D et M. A verseront une somme de 1 000 euros respectivement à la commune de Floing et à la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à M. C A, à la commune de Floing et à la société par actions simplifiée Free Mobile.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026