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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2201502

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2201502

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2201502
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et une pièce complémentaire, enregistrés les 28 juin 2022, 20 juillet 2022, 15 novembre 2022 et 18 janvier 2023, la société civile immobilière Lejeune Piat, représentée par Me Paul, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2022 par lequel le maire de Troyes lui a accordé un permis de construire portant sur des travaux d'extension et de surélévation sur un terrain situé 36-38 boulevard Danton, en tant qu'il est assorti de prescriptions ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Troyes une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté en litige selon laquelle " Les menuiseries rajoutées en intérieur, en maintenant les menuiseries anciennes maintenues en place, seront peintes en teinte sombre " méconnaît l'article USS11-2-1-11 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté en litige selon laquelle " les soubassements seront restaurés et mis en valeur suivant leur état d'origine " méconnaît l'article USS11-2-1-3 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté en litige selon laquelle " Après dépose des enduits, une visite de chantier permettra de confirmer les mises en œuvre de restauration et des traitements de finition " méconnaît l'article USS11-2-1-3 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté en litige et relative aux couvertures du bâtiment conservé selon laquelle " L'ensemble des éléments techniques seront encastrés ou dissimulés " méconnaît l'article USS11-2-2 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté en litige selon laquelle : " Conformément à l'article USS11-2-3, le bâtiment protégé doit retrouver l'implantation de son RdC et sa lecture dans les distributions intérieures. Les interactions ou imbrications avec les parties en extension sont à exclure. Aussi, l'implantation du local vélo restera à l'aplomb du bâtiment ancien et un accès unique aux différents logements sera prévu au niveau de l'extension habillée d'un bardage en tasseaux bois " méconnaît l'article USS-11-2-3 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ; cette prescription est également illégale car elle remet en cause son projet ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté en litige selon laquelle " Sur rue, le portail et le portillon métallique et la clôture en béton doivent être maintenus suivant leurs dispositions existantes et restaurés avec leurs caractéristiques architecturales époque 1950. Le déplacement du portillon n'est pas validé. L'un des poteaux d'accroche du portail n'est pas droit ; une reprise de sa fondation semble indispensable. D'autres poteaux ont perdu leur couronnement qui doit être restitué, afin d'assurer leur protection et restituer une harmonie d'ensemble " méconnaît l'article USS11-4-1-6 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ; cette prescription est également entachée d'un défaut de motivation ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté en litige selon laquelle : " A l'arrière, les murs des extensions supprimées ne peuvent être considérés comme murs de clôture ; ils sont d'ailleurs modifiés et ne peuvent rester tels que. Il convient de les refaire avec un soubassement, un couronnement, un enduit à chaux lissé et des angles sans baguettes en plastique ; conformément à l'article US11-4-1-6. " méconnaît l'article USS11-4-1-6 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ;

- les prescriptions prévues à l'article 2 de l'arrêté selon lesquelles " Utiliser le bois et de s'attacher à tous les détails techniques et/ou décoratifs (encadrements, corniches, modèles de volets, terrasses, lumière,). S'agissant d'une architecte d'imitation, il conviendra d'utiliser les techniques et matériaux traditionnels indiqués dans le règlement de secteur sauvegardé. Les bâtiments doivent être systématiquement dotés de soubassements sur rue, sur cours et retours ; leur mise en œuvre sera précisée avec échantillons préalables. Les menuiseries seront positionnées en feuillure intérieure et non dans le plan de l'isolation. Les cochonnets seront masqués. Les ventilations ne seront pas visibles en façade, ni maquée par des caches en plastique. Les petits bois seront accompagnés d'intercalaires de ton soutenu. Les portes fenêtres n'auront pas les parties vitrées divisées en 3 subdivisions égales mais une subdivision haute et basse identiques aux menuiseries de l'étage supérieur. La partie basse sera pleine et non vitrée. Les encadrements de baies seront légèrement moulurés, la partie haute protégée d'une bande fine en zinc avec ourlet fin. Les appuis de fenêtres seront en bois. Les rives seront en planches de bois peintes et protégées sur la tranche supérieure par un ourlet zinc fin. Les sous-faces de toit seront rampantes et non masquées par une frisette en sous toit. Un soubassement saillant en briques de teinte rouge sombre sera prévu sur 30 à 40 centimètres. La porte d'accès aux logements sera en bois et habillé d'un bardage bois identique à celui en façade constitué de tasseaux de bois de 4cm par 4cm. L'habillage bois sera réhaussé sous la gouttière de l'extension voisine ", sont insuffisamment motivées en droit ; elles ne sont pas justifiées par le plan de sauvegarde et de mise en valeur ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté selon laquelle " Conformément à l'article USS11-2-1-13, l'ensemble des éléments techniques tels que coffrets, armoires, boîtiers de raccordement, et autres, seront encastrés et dissimulés. Il en sera de même en toiture, conformément à l'article USS11-2-2 " méconnaît l'article USS11-2-2 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté selon laquelle " Conformément aux articles USS11-2-1-4, USS11-4-1-1 et l'article L.461.1 du Code de Urbanisme, des échantillons de matériaux et de teintes ainsi que des propositions graphiques sur les détails seront soumis avant mise en œuvre afin de valider leur conformité avec le PSMV et le présent avis. Il pourrait s'agir de plans d'exécution ou de prototypes fournis par l'entreprise sélectionnée avant réalisation des travaux. Le suivi de chantier par l'architecte en charge du dossier devra être rigoureux sur l'ensemble de ces points de détails et l'architecte des bâtiments de France pourra être sollicité autant que de besoin. " méconnaît les articles USS11-2-1-4 et USS11-4-1-1 du plan de sauvegarde et de mise en valeur ; elle est également illégale dès lors qu'elle renvoie à une instruction ultérieure sur les points nécessitant des nombreuses pièces techniques complémentaires ;

- la prescription prévue à l'article 2 de l'arrêté selon laquelle " Espaces extérieurs : L'espace vert à l'avant sera précisé dans ses mises en œuvre. L'arbre de moyenne sera soit maintenu, soit remplacé. Il sera accompagné de plantations arbustives. Le sol sera traité en pavés de pierre naturelle et engazonnement, à l'avant comme à l'arrière, leur calepinage et écoulement des eaux est à préciser, ainsi que celui des allées, plantations et bordures celles existantes étant à restituer, " n'a pas de fondement légal ;

- les prescriptions de l'article 3 de l'arrêté en litige ont été adoptées à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la commune de Troyes a elle-même complété le dossier de demande de permis de construire en y insérant des documents graphiques et des photographies qui sont visées dans ces prescriptions, ayant influencé l'édiction de ces prescriptions ; ces documents et photographies ne sauraient dès lors être retenues pour apprécier la conformité lors du récolement ;

- les prescriptions en litige sont divisibles du permis de construire.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 septembre 2022 et 12 décembre 2022, la commune de Troyes conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la SCI Lejeune Piat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les moyens soulevés par la SCI Lejeune Piat ne sont pas fondés ;

- la prescription selon laquelle " Les menuiseries rajoutées en intérieur, en maintenant les menuiseries anciennes maintenues en place, seront peintes en teinte sombre " peut être fondée sur l'article USS11-2 du plan de sauvegarde et de mise en valeur, dont elle demande la substitution ;

- la prescription selon laquelle " les soubassements seront restaurés et mis en valeur suivant leur état d'origine " peut être fondée sur l'article USS11-1 du plan de sauvegarde et de mise en valeur, dont elle demande la substitution ;

- les prescriptions selon lesquelles " Sur rue, le portail et le portillon métallique et la clôture en béton doivent être maintenus suivant leurs dispositions existantes et restaurés avec leurs caractéristiques architecturales époque 1950. Le déplacement du portillon n'est pas validé. L'un des poteaux d'accroche du portail n'est pas droit ; une reprise de sa fondation semble indispensable. D'autres poteaux ont perdu leur couronnement qui doit être restitué, afin d'assurer leur protection et restituer une harmonie d'ensemble " et " A l'arrière, les murs des extensions supprimées ne peuvent être considérés comme murs de clôture ; ils sont d'ailleurs modifiés et ne peuvent rester tels que. Il convient de les refaire avec un soubassement, un couronnement, un enduit à chaux lissé et des angles sans baguettes en plastique ; conformément à l'article US11-4-1-6. " sont indivisibles du permis de construire.

Par un mémoire, enregistré le 13 mai 2024, la SCI Lejeune Piat déclare se désister purement et simplement de sa requête et renoncer à toute action ayant le même objet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rifflard, conseiller,

- et les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société SCI Lejeune Piat a déposé une demande de permis de construire portant sur des travaux de réhabilitation d'une construction existante, un changement de destination partielle d'un local commercial et d'un garage, ainsi qu'une extension et une surélévation, pour réaliser un immeuble collectif de dix logements sur un terrain situé 36-38 boulevard Danton à Troyes. Par arrêté du 29 avril 2022, le maire de Troyes a accordé, au nom de la commune, un permis de construire à la société SCI Lejeune Piat en l'assortissant de prescriptions à ses articles 2 et 3. Par sa requête, la société SCI Lejeune Piat demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant qu'il comporte ces prescriptions.

2. Par un mémoire, enregistré le 13 mai 2024, la société requérante déclare se désister de sa requête et renoncer à toute action ayant le même objet. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de la commune de Troyes présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de la SCI Lejeune Piat.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Troyes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Lejeune Piat et à la commune de Troyes.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

M. Torrente, premier conseiller,

M. Rifflard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

R. RIFFLARDLa présidente,

Signé

A-S. MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

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