jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 juillet 2022 et le 11 décembre 2023, l'association One Voice, représentée par Me Moreau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022 par lequel le préfet des Ardennes a fixé les dates d'ouverture et de clôture de la chasse dans le département des Ardennes pour la campagne 2022/2023 en tant qu'il autorise une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 mai au 14 septembre 2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir au regard de son objet statutaire et de son agrément délivré le 5 janvier 2019 ;
- la décision contestée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 133-8 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il n'est pas justifié que les membres de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage auraient été convoqués au moins cinq jours avant la tenue de sa réunion, ni qu'ils auraient reçu une convocation comportant l'ensemble des éléments nécessaires à l'analyse des points inscrits à l'ordre du jour ;
- la décision contestée méconnaît l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement dès lors que l'administration n'a pas régulièrement informé, au travers d'une note de présentation, le public des motifs justifiant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-10 du code de l'environnement dès lors que la période complémentaire litigieuse induit une destruction des jeunes blaireaux ;
- le préfet ne justifie pas que l'ouverture d'une période complémentaire de vénerie sous terre ne contrevient pas à l'équilibre biologique du blaireau en ne prévoyant aucune mesure visant à prévenir la destruction excessive des membres de cette espèce et alors qu'il ne produit aucune estimation des populations présentes dans le département ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne prévoyant aucune mesure permettant d'assurer la sélectivité de ce mode de chasse ;
- l'intervention de la fédération départementale des chasseurs des Ardennes est irrecevable en l'absence de production du préfet des Ardennes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, le préfet des Ardennes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'association requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir contre l'arrêté contesté compte tenu de son objet national alors qu'elle n'établit pas se conformer aux exigences de transparence prévues pour les associations agréées par les dispositions de l'article R. 141-19 du code de l'environnement ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en intervention, enregistrés les 15 février 2023, 8 novembre 2023 et 1er février 2024, la fédération départementale des chasseurs des Ardennes, représentée par Me Lagier et Me Bonzy, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à intervenir contre la requête de l'association requérante ;
- l'association requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir contre l'arrêté contesté dès lors que ses statuts lui confèrent un champ d'action national, que son objet social est très général, qu'elle ne fournit aucun élément quant au bilan de son action dans les Ardennes et qu'elle n'établit pas se conformer aux exigences de transparence prévues pour les associations agréées par les dispositions de l'article R. 141-19 du code de l'environnement ;
- les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 13 mars 2024 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 18 mars 1982 relatif à l'exercice de la vénerie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Torrente, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique,
- et les observations de M. A, représentant le préfet des Ardennes, et de Me Mollard, représentant la fédération départementale des chasseurs des Ardennes.
Considérant ce qui suit :
1. L'association One Voice demande l'annulation de l'arrêté du 19 mai 2022 par lequel le préfet des Ardennes a fixé les dates d'ouverture et de clôture de la chasse pour la campagne 2022-2023 en tant qu'il autorise, à son article 2, une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau entre le 15 mai 2023 et le 14 septembre 2023.
Sur l'intervention de la fédération départementale des chasseurs des Ardennes :
2. Une intervention ne peut être admise que si son auteur s'associe soit aux conclusions du requérant, soit à celles du défendeur.
3. La fédération départementale des chasseurs des Ardennes, eu égard à son objet statutaire et à la nature de l'arrêté en litige, justifie d'un intérêt suffisant au maintien de cet arrêté. Par suite, son intervention en défense, qui tend au rejet de la requête et s'associe dès lors aux conclusions aux mêmes fins présentées par le préfet des Ardennes, est recevable et doit être admise.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de l'association One Voice :
4. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de l'environnement : " Toute association ayant pour objet la protection de la nature et de l'environnement peut engager des instances devant les juridictions administratives pour tout grief se rapportant à celle-ci. / Toute association de protection de l'environnement agréée au titre de l'article L. 141-1 ainsi que les fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique et les associations agréées de pêcheurs professionnels justifient d'un intérêt pour agir contre toute décision administrative ayant un rapport direct avec leur objet et leurs activités statutaires et produisant des effets dommageables pour l'environnement sur tout ou partie du territoire pour lequel elles bénéficient de l'agrément dès lors que cette décision est intervenue après la date de leur agrément ". Selon l'article L. 141-1 du même code : " Lorsqu'elles exercent leurs activités depuis au moins trois ans, les associations régulièrement déclarées et exerçant leurs activités statutaires dans le domaine de la protection de la nature et de la gestion de la faune sauvage, de l'amélioration du cadre de vie, de la protection de l'eau, de l'air, des sols, des sites et paysages, de l'urbanisme, ou ayant pour objet la lutte contre les pollutions et les nuisances et, d'une manière générale, œuvrant principalement pour la protection de l'environnement, peuvent faire l'objet d'un agrément motivé de l'autorité administrative. () / Dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, la procédure d'agrément est applicable aux associations inscrites depuis trois ans au moins. / Ces associations sont dites "associations agréées de protection de l'environnement". () ". En vertu de l'article R. 141-19 de ce code : " Les associations agréées adressent chaque année, à l'autorité qui a accordé l'agrément, par voie postale ou électronique, des documents dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de l'environnement. Ces documents comprennent notamment le rapport d'activité ainsi que les comptes de résultat et de bilan de l'association et leurs annexes, qui sont communicables à toute personne sur sa demande et à ses frais. L'autorité administrative en accuse réception. ". L'article R. 141-20 de ce code dispose : " L'agrément peut être abrogé : () / 3° En cas de non-respect des obligations mentionnées à l'article R. 141-19. () ".
5. D'une part, il résulte de l'application combinée des dispositions des articles L. 141-1 et L. 142-1 du code de l'environnement que les associations de protection de l'environnement titulaires d'un agrément attribué dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État justifient d'un intérêt à agir contre toute décision administrative ayant un rapport direct avec leur objet et leurs activités statutaires et produisant des effets dommageables pour l'environnement sur tout ou partie du territoire pour lequel elles bénéficient de l'agrément, dès lors que cette décision est intervenue après la date de leur agrément.
6. D'autre part, le non-respect, par une association agréée pour la protection de l'environnement, des obligations mises à sa charge par l'article R. 141-19 du code de l'environnement est dépourvue d'incidence sur son intérêt pour agir et peut seulement fonder, le cas échéant, l'abrogation de l'agrément qui lui a été accordé.
7. L'association One Voice, dont l'objet social est notamment " de protéger et de défendre les animaux quelle que soit l'espèce à laquelle ils appartiennent, et quel que soit leur statut juridique, de promouvoir le respect de leurs besoins, de leur dignité et de leurs droits " ainsi que " de protéger et défendre l'environnement et le vivant, et notamment la nature, la faune ", est titulaire d'un agrément de protection de l'environnement dans le cadre national au titre de l'article L. 141-1 du code de l'environnement depuis le 5 janvier 2019, ainsi qu'il ressort de l'arrêté du 31 mai 2021 portant publication de la liste des associations agréées au titre de la protection de l'environnement dans le cadre national. L'arrêté du préfet des Ardennes, qui autorise, dans le département, une période complémentaire de chasse du blaireau par vénerie sous terre du 15 mai 2023 au 14 septembre 2023, présente un lien direct avec la protection de l'environnement et l'objet statutaire de l'association requérante. Dans ces conditions, l'association One Voice justifie, en application de l'article L. 142-1 du code de l'environnement, d'un intérêt pour demander l'annulation de cet arrêté, sans que la fédération départementale des chasseurs des Ardennes ne puisse lui opposer le caractère limité de l'arrêté à un seul département, à une espèce de gibier et la durée de la période complémentaire, l'absence de production par l'association d'un bilan de son action en faveur du blaireau ou le non-respect des obligations prévues à l'article R. 141-19 du code de l'environnement. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt pour agir de l'association One Voice doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement : " () II. - Sous réserve des dispositions de l'article L. 123-19-6, le projet d'une décision mentionnée au I, accompagné d'une note de présentation précisant notamment le contexte et les objectifs de ce projet, est mis à disposition du public par voie électronique et, sur demande présentée dans des conditions prévues par décret, mis en consultation sur support papier dans les préfectures et les sous-préfectures en ce qui concerne les décisions des autorités de l'Etat, y compris les autorités administratives indépendantes, et des établissements publics de l'Etat, ou au siège de l'autorité en ce qui concerne les décisions des autres autorités. Lorsque le volume ou les caractéristiques du projet de décision ne permettent pas sa mise à disposition par voie électronique, la note de présentation précise les lieux et horaires où l'intégralité du projet peut être consultée () ".
9. La note de présentation accompagnant le projet d'arrêté fixant les dates d'ouverture et de clôture de la chasse dans le département des Ardennes pour la campagne 2022-2023 mentionne l'objet de l'arrêté pris pour encadrer la pratique de la chasse, les dispositions et la procédure applicables ainsi que les dates et modalités de la consultation du public. Elle ne précise cependant pas les objectifs ni le contexte des périodes de chasse envisagées, en particulier les motifs justifiant l'ouverture d'une période complémentaire pour l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau. Par ailleurs, aucune indication n'est donnée quant aux populations existantes de blaireaux dans le département, aux nécessités et pratiques traditionnelles de cette chasse et aux prises par déterrage effectuées les années précédentes. Il ressort ainsi des pièces du dossier que la note de présentation mise à la disposition du public, qui se limite à présenter l'objet du projet d'arrêté, sans énoncer, s'agissant de la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau, son contexte et ses objectifs, ne satisfait pas aux exigences énoncées au II de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement dans le champ duquel entrait l'arrêté contesté, lequel n'est pas dépourvu d'incidence sur l'environnement au sens de cet article.
10. Un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
11. En l'espèce, le non-respect, par l'autorité administrative, de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement préalablement à l'édiction de l'arrêté en litige a privé le public, et notamment les associations de défense de l'environnement, d'une garantie. Il s'ensuit que l'arrêté litigieux a été édicté à la suite d'une procédure irrégulière dans des conditions de nature à l'entacher d'illégalité.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 424-5 du code de l'environnement : " La clôture de la vénerie sous terre intervient le 15 janvier. / Le préfet peut, sur proposition du directeur départemental de l'agriculture et de la forêt et après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et de la fédération des chasseurs, autoriser l'exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai. ".
13. Aux termes de l'article R. 133-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux commissions administratives à caractère consultatif, quelle que soit leur dénomination, placées auprès des autorités de l'Etat et des établissements publics administratifs de l'Etat, à l'exception des autorités administratives indépendantes et des commissions créées pour l'application de l'ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature, de l'article 9 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et des articles L. 4124-1 et R. 4124-1 à R. 4124-25 du code de la défense. / Constituent des commissions administratives à caractère consultatif au sens du présent chapitre toutes les commissions ayant vocation à rendre des avis sur des projets de texte ou de décision même si elles disposent d'autres attributions. " Aux termes de l'article R. 133-5 du même code : " La commission se réunit sur convocation de son président, qui fixe l'ordre du jour. Cette convocation peut être envoyée par tout moyen, y compris par télécopie ou par courrier électronique. Il en est de même des pièces ou documents nécessaires à la préparation de la réunion ou établis à l'issue de celle-ci. () ". Aux termes de l'article R. 133-8 de ce code : " Sauf urgence, les membres de la commission reçoivent, cinq jours au moins avant la date de la réunion, une convocation comportant l'ordre du jour et, le cas échéant, les documents nécessaires à l'examen des affaires qui y sont inscrites. ".
14. La commission départementale de la chasse et de la faune sauvage des Ardennes a été consultée, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 424-5 du code de l'environnement, préalablement à l'adoption de l'arrêté contesté, par voie électronique entre le 19 avril 2022 à 11h15 et le 21 avril 2022 à 12h00. Il ressort des pièces du dossier que les membres de cette commission ont été convoqués à cette consultation par courrier électronique du 19 avril 2022, auquel était seulement joint le projet d'arrêté contesté, les membres étant invités à s'exprimer " pour ", " contre " ou " s'abstient " sur celui-ci, sans possibilité de débat. Dans ces conditions, l'association One Voice est fondée à soutenir que les membres de cette commission n'ont pas été convoqués dans le délai de cinq jours précédant la date de la consultation et qu'ils n'ont pas été destinataires des documents nécessaires à l'examen du projet de décision, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 133-8 du code des relations entre le public et l'administration. Compte tenu des modalités de la consultation, lesquelles ne prévoient aucune communication des avis et remarques émis par les membres aux autres participants et ne permettent l'organisation d'aucun débat entre les membres de la commission, ces irrégularités ont été susceptibles d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise.
15. En dernier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 424-4 du code de l'environnement : " Dans le temps où la chasse est ouverte, le permis donne à celui qui l'a obtenu le droit de chasser de jour, soit à tir, soit à courre, à cor et à cri, soit au vol, suivant les distinctions établies par des arrêtés du ministre chargé de la chasse. Le jour s'entend du temps qui commence une heure avant le lever du soleil au chef-lieu du département et finit une heure après son coucher. ". Selon l'article R. 424-4 du même code : " La chasse à courre, à cor et à cri est ouverte du 15 septembre au 31 mars. () ". Aux termes de l'article L. 424-10 du même code : " Il est interdit de détruire, d'enlever ou d'endommager intentionnellement les nids et les oeufs, de ramasser les oeufs dans la nature et de les détenir. Il est interdit de détruire, d'enlever, de vendre, d'acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée, sous réserve des dispositions relatives aux animaux susceptibles d'occasionner des dégâts. () ".
16. L'association One Voice soutient que l'autorisation d'une période complémentaire pour l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau courant du 15 mai au 14 septembre 2023 dans le département des Ardennes méconnaît l'interdiction des destructions des portées ou petits mammifères dont la chasse est autorisée prévue par les dispositions précitées de l'article L. 424-10 du code de l'environnement alors qu'à ces dates, les blaireautins ne sont pas émancipés de leur mère et n'ont pas atteint leur maturité sexuelle. Contrairement à ce que fait valoir la fédération départementale des chasseurs des Ardennes, ces dispositions s'appliquent à l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau. En outre, si l'intervenante fait valoir que les jeunes blaireaux sont sevrés au 15 mai, il ressort, toutefois, des pièces du dossier, notamment des études scientifiques produites par l'association requérante, dont les conclusions ne sont pas contestées par le préfet, lequel ne répond pas à ce moyen, que les blaireautins, dont la naissance intervient entre janvier et mars, ne sont pas tous sevrés à cette date et que ces derniers ne peuvent être regardés comme émancipés qu'à partir de l'âge de six à huit mois minimum. Il s'ensuit que les blaireautins ne sont pas autonomes lors de la période de chasse complémentaire autorisée par l'arrêté attaqué et doivent, ainsi, encore être qualifiés de petits de mammifères au sens et pour l'application de l'article L. 424-10 du code de l'environnement. Par ailleurs, l'arrêté du 18 mars 1982 relatif à l'exercice de la vénerie ne comporte aucune disposition encadrant l'exercice de cette pratique en cas de découverte d'un terrier occupé par des petits de mammifères au sens de l'article L. 424-10 précité, la charte des chasseurs sous terre adoptée par l'association des équipages de vénerie sous terre ne prévoyant pas davantage de recommandation en ce sens alors que, d'une part, il n'est pas sérieusement contesté que la méthode de chasse utilisée est susceptible d'entrainer la mise à mort des mères de petits blaireaux, voire la blessure accidentelle d'un blaireautin par les chiens et, d'autre part, que le préfet des Ardennes n'a assorti sa décision d'aucune prescription particulière de nature à éviter la destruction des petits blaireaux et de leur mère. Dans ces conditions, l'autorisation décidée par l'arrêté attaqué de l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau pour une période complémentaire du 15 mai au 14 septembre 2023 dans le département des Ardennes est de nature à favoriser la méconnaissance, par les chasseurs, de l'interdiction légale de détruire les petits blaireaux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-10 du code de l'environnement doit être accueilli.
17. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'association One Voice est fondée à demander l'annulation de l'article 2 de l'arrêté du 19 mai 2022 du préfet des Ardennes en tant qu'il autorise une période complémentaire pour la vénerie sous terre du blaireau entre le 15 mai 2023 et le 14 septembre 2023.
Sur les frais liés au litige :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à l'association One Voice d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la fédération départementale des chasseurs des Ardennes est admise.
Article 2 : L'arrêté du 19 mai 2022 par lequel le préfet des Ardennes a fixé les dates d'ouverture et de clôture de la chasse dans le département des Ardennes pour la campagne 2022/2023 est annulé en tant qu'il fixe une période complémentaire autorisant la vénerie sous terre du blaireau du 15 mai 2023 au 14 septembre 2023.
Article 3 : L'Etat versera à l'association One Voice une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association One Voice, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la fédération départementale des chasseurs des Ardennes.
Copie en sera adressée au préfet des Ardennes.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. TORRENTELa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026