mercredi 20 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201609 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | BLANVILLAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 14 juillet 2022 et le 18 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Blanvillain, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet des Ardennes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet des Ardennes l'a assigné à résidence dans le département des Ardennes pour une durée de quarante-cinq jours et l'a obligé à se présenter tous les jours de la semaine entre 8h et 9h au commissariat de Charleville-Mézières ;
3°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de réexaminer sa situation dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;
4°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'auteur des arrêtés est incompétent ;
- les arrêtés sont insuffisamment motivés ;
- ils méconnaissent son droit d'être entendu ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays de destination sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait dès lors qu'il est entré en France en 2003 ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il est entré en France en 2003 ;
- elle est disproportionnée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant assignation à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il présente des garanties de représentation fortes ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne présente pas de risque de fuite, qu'il conteste la mesure d'éloignement et que le préfet ne démontre pas avoir sollicité un laissez-passer auprès des autorités algériennes ni avoir entamé des recherches afin de lui trouver un vol ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est disproportionnée.
La requête de M. B a été communiquée au préfet des Ardennes qui, le 18 juillet 2022, a produit des pièces.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique du 18 juillet 2022 à 14 h50, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'audience a été prononcée à 14h50.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité algérienne, déclare être entré en France en 2003. Par un arrêté du 22 juin 2015, le préfet des Ardennes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé son pays de destination. Par un arrêté du 13 décembre 2016, le préfet des Ardennes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. Il a été placé en rétention administrative et y a été maintenu par une décision du 13 octobre 2017 du préfet des Ardennes. Par un arrêté du 11 juin 2021, le préfet des Ardennes l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. L'intéressé n'a pas déféré à l'exécution de cet arrêté. Suite à un jugement du tribunal correctionnel de Charleville-Mézières, il a été écroué à la maison d'arrêt de Châlons-en-Champagne le 5 janvier 2022 et a été libéré le 14 mai 2022. Par un arrêté du 12 juillet 2022, le préfet des Ardennes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet des Ardennes l'a assigné à résidence dans le département des Ardennes pour une durée de quarante-cinq jours et l'a obligé à se présenter tous les jours de la semaine entre 8h et 9h au commissariat de Charleville-Mézières. L'intéressé demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la demande du requérant, il y a lieu de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les moyens communs aux deux arrêtés :
3. Par un arrêté du 7 juillet 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 7 juillet 2022, le préfet des Ardennes a donné délégation à M. Christian Vedelago, secrétaire général de la préfecture des Ardennes, et en cas d'absence ou d'empêchement, à Mme D A, sous-préfète de Sedan, à l'effet de signer tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département des Ardennes à l'exception de certains actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées, signées par Mme A, ont été prises par une autorité incompétente, doit être écarté.
4. Les décisions querellées mentionnent les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les éléments de fait relatifs à la situation administrative et personnelle du requérant. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté.
5. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. En l'espèce, il ressort des termes des arrêtés que M. B a pu faire valoir ses observations avant que ne soit prises les décisions contestées. Il a notamment déclaré vivre avec une ressortissante française et être entré irrégulièrement sur le territoire français en janvier 2019 après avoir fait l'objet d'une reconduite forcée vers son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu par les arrêtés litigieux.
Sur l'arrêté du 12 juillet 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
7. Si M. B, soutient être entré en France en 2003, il a également déclaré, selon les termes de l'arrêté, non sérieusement contestés, être entré en France en janvier 2019 après avoir fait l'objet d'une reconduite forcée vers son pays d'origine. Il ne produit, en outre, aucun élément permettant d'attester sa présence sur le territoire français entre 2003 et 2011. Par ailleurs, les éléments qu'il verse dans la présence instance ne permettent pas de regarder sa présence sur le territoire français comme étant continue depuis l'année 2011. L'intéressé, qui s'est soustrait à l'exécution de plusieurs mesures d'éloignement, ne justifie d'aucune intégration sur le territoire français. Il a d'ailleurs été incarcéré à la maison d'arrêt de Châlons-en-Champagne le 5 janvier 2022 et a été libéré le 14 mai 2022 pour des faits de vol en récidive et de recel de bien provenant d'un vol. S'il se prévaut de sa vie commune avec une ressortissante française depuis l'année 2014, avec qui il a conclu un PACS en 2017, les éléments qu'il produit dans la présente instance, se limitant à un à deux documents par année, sont insuffisants pour établir la réalité et la continuité de cette vie commune depuis 2014. Ainsi, il n'établit pas entretenir des relations stables et intenses avec des personnes séjournant régulièrement sur le territoire français ni être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la disproportion de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
8. M. B soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il serait entré en France en 2003. Toutefois, il ne produit aucun élément permettant d'attester sa présence sur le territoire français à partir de 2003. Par ailleurs, il ressort des termes de l'arrêté, non contredits sérieusement par le requérant, que celui-ci a lui-même déclaré être entré en France en janvier 2019 après avoir fait l'objet d'une reconduite forcée vers son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
10. Le requérant soutient qu'il présente des circonstances humanitaires justifiant qu'une interdiction de retour sur le territoire français ne soit pas prononcée à son encontre dès lors qu'il justifie d'une vie commune avec une ressortissante française. Toutefois, ainsi qu'il a été exposé au point 7 du présent jugement, l'intéressé ne justifie pas de la réalité et de la continuité de cette vie commune. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Ardennes a méconnu les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans doivent être rejetées.
Sur l'arrêté du 12 juillet 2022 portant assignation à résidence :
12. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
13. A l'appui de son moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. B se borne à se prévaloir de son concubinage, de ses attaches en France et de son intégration. Par suite, il ne se prévaut d'aucune circonstance de nature à caractériser une méconnaissance, par l'arrêté portant assignation à résidence, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. A l'appui de son moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, M. B soutient qu'il présente des garanties de représentation fortes. Or, il ressort des termes de l'arrêté contesté que le préfet, indiquant que l'étranger justifie d'une domiciliation, n'a pas contesté cet élément. Au demeurant, en l'absence de telles garanties de représentation, l'étranger est susceptible de faire l'objet d'un placement en rétention administrative. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
15. M. B soutient qu'il ne présente pas de risque de fuite, qu'il conteste la mesure d'éloignement et que le préfet ne démontre pas avoir sollicité un laissez-passer auprès des autorités algériennes ni avoir entamé des recherches afin de lui trouver un vol. Toutefois, c'est précisément en raison des garanties de représentation suffisantes qu'il présente que l'intéressé a été assigné à résidence et non placé en rétention administrative. Par ailleurs, la circonstance selon laquelle il conteste, dans la présente instance, la mesure d'éloignement, sur laquelle est fondée la mesure d'assignation à résidence, est sans incidence sur la légalité de cette mesure, laquelle s'apprécie à la date de son édiction. Enfin, l'assignation à résidence a pour objet, notamment, de permettre à l'administration, durant le délai de quarante-cinq jours, d'obtenir un laissez-passer consulaire ainsi qu'un vol à destination de l'Algérie. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il ne présente pas de risque de fuite, qu'il conteste la mesure d'éloignement et que le préfet ne démontre pas avoir sollicité un laissez-passer auprès des autorités algériennes ni avoir entamé des recherches afin de lui trouver un vol.
16. En se bornant à soutenir que la mesure l'assignant à résidence et l'obligeant à se présenter quotidiennement entre 8h et 9h au commissariat de Charleville-Mézières est disproportionnée, M. B ne se prévaut d'aucunes circonstances particulières de nature à établir que cette mesure est entachée de disproportion. Dans ces conditions, ce moyen ne peut qu'être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions présentées par le requérant aux fins d'injonction.
Sur les frais du litige :
19. Le requérant étant la partie perdante, ses conclusions présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des Ardennes.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 20 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
A. E
La greffière,
Signé
I. ROLLAND
N°2201609
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026