mardi 23 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201630 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | OPYRCHAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2022 Mme A B, représentée par
Me Opyrchal, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 9 mai 2022 du maire de la commune de Rethel, portant diminution du montant de son indemnité de sujétions, de fonctions et d'expertise (IFSE).
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Rethel de rétablir le montant de l'IFSE dont elle bénéficiait antérieurement dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Rethel le versement de la somme de
1 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la décision tendant à diminuer son IFSE lui était défavorable et aurait dû être motivée ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 121-1 du même code en ce qu'elle n'a pas été destinataire d'une convocation à un entretien préalable à la décision attaquée ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 242-1 du même code dès lors que la décision constitue une abrogation d'une décision créatrice de droits non illégale intervenue plus de quatre mois après sa notification ;
- la diminution du montant annuel de son IFSE de 11 741,76 euros à 6 123,60 euros ne pouvait se fonder sur un changement de ses fonctions ne comprenant plus d'encadrement, dès lors que ce changement est intervenu il y a plus de deux années, qu'elle a été maintenue dans le même groupe de fonctions B2 ; son nouveau poste aurait dû être classé en groupe de
fonction B-3 ;
- la décision est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors que cette diminution est justifiée par d'autres considérations que la valeur professionnelle ou les spécificités liées aux fonctions de Mme B, en méconnaissance de la délibération du conseil municipal de Rethel du 18 décembre 2017 ; la diminution de son IFSE était en réalité fondée sur ses arrêts maladie ;
- la fiche de poste n'était pas signée ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, la commune de Rethel, représentée par Me Harir, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de
Mme B une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 8 aout 2023, Mme B conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et fait valoir que le maire de Rethel ne justifie pas être habilité à défendre la commune dans la présente instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2023 la commune de Rethel conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures et ajoute que le maire bénéficie d'une délégation du conseil municipal afin de le représenter en justice.
Par une ordonnance du 23 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
23 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Michel Soistier,
- les conclusions de Mme Stéphanie Lambing, rapporteure publique,
- et les observations de Me Opyrchal, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent titulaire de la fonction publique territoriale, a exercé les fonctions de cheffe du service de comptabilité et des finances, avec le grade de rédactrice principale
1ère classe de 2009 à 2018, avant d'être nommée en 2018, adjointe au directeur financier de la communauté de communes du pays Réthelois. Depuis 2019, elle occupe les fonctions de gestionnaire budgétaire et comptable au sein de la commune de Rethel. Par un arrêté du maire de Rethel en date du 9 mai 2022, notifié à Mme B le 16 mai 2022, le montant annuel de son IFSE a été fixé à 6 123,60 euros. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation, en excès de pouvoir, de l'arrêté précité.
Sur la régularité des écritures de la commune de Rethel :
2. Aux termes de l'article L. 2132-1 du code général des collectivités territoriales : " Sous réserve des dispositions du 16° de l'article L. 2122-22, le conseil municipal délibère sur les actions à intenter au nom de la commune. " et de l'article L.2132-2 du même code : " Le maire, en vertu de la délibération du conseil municipal, représente la commune en justice. "
3. Il ressort des termes de la délibération du conseil municipal de Rethel, en date du
22 juillet 2020, que la capacité de représenter la commune en justice, qui a été déléguée au maire, est limitée au domaine des assurances. Dans ces conditions, dans le présent litige ayant trait au régime indemnitaire d'un fonctionnaire territorial, le maire de Rethel n'est pas habilité à représenter la commune. Par suite, les mémoires en défense, enregistrés les 13 mars 2023 et
16 octobre 2023, doivent être écartés des débats.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 714-4 du code général de la fonction publique, entré en vigueur au 1er mars 2022, remplaçant l'ancien article 88 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. " et l'article L.714-5 de même code : " Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions et de l'engagement professionnel des agents. Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat ".
5. Aux termes de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. / Le nombre de groupes de fonctions est fixé pour chaque corps ou statut d'emploi par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Ce même arrêté fixe les montants minimaux par grade et statut d'emplois, les montants maximaux afférents à chaque groupe de fonctions et les montants maximaux applicables aux agents logés par nécessité de service. / Le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est mensuel ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise fait l'objet d'un réexamen :/ 1° En cas de changement de fonctions ; / 2° Au moins tous les quatre ans, en l'absence de changement de fonctions et au vu de l'expérience acquise par l'agent ; / 3° En cas de changement de grade à la suite d'une promotion ". Par délibération du 18 décembre 2017, la commune de Rethel a adopté le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel. Il résulte de cette délibération que " le montant de l'IFSE fera l'objet d'un réexamen : / en cas de changement de fonctions (changement de groupe de fonctions avec davantage d'encadrement, de technicité ou de sujétions, ou mobilité vers un poste relevant du même groupe de fonctions) () en cas de maladie ordinaire, l'IFSE sera diminué en fonction du nombre de jours cumulés de congés maladie, à l'exclusion des arrêts maladie liés à une hospitalisation, de la manière suivante : () entre 31 et 40 jrs : IFSE 50% "
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :() 2° Infligent une sanction () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
7. La décision par laquelle l'autorité hiérarchique détermine le montant des indemnités d'un agent public n'a pas le caractère d'une sanction disciplinaire au sens des dispositions précitées, alors même qu'il en résulterait une baisse sensible du montant octroyé par rapport à celui précédemment perçu. Cette décision n'a pas davantage le caractère d'un avantage dont l'attribution constituerait un droit au sens des dispositions précitées, dès lors que l'agent n'a aucun droit à ce que sa prime lui soit attribuée à un taux ou à un montant déterminé. Par suite, les moyens tirés de de la circonstance que l'acte en litige aurait été pris en l'absence de procédure contradictoire et ne serait pas motivé sont inopérants.
8. En deuxième lieu, le caractère créateur de droits de l'attribution d'un avantage financier tel qu'une prime ne fait pas obstacle à ce que cette décision soit abrogée si l'intéressée ne remplit plus les conditions auxquelles cet avantage est subordonné ou si l'administration modifie l'appréciation qui avait justifié son attribution. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'encontre de l'arrêté attaqué, lequel pouvait abroger, modifier ou réviser le montant de l'IFSE de Mme B, fixer pour une année, en conséquence d'un changement de fonction.
9. En troisième lieu, il résulte des dispositions citées au point 5 qu'en cas de changement de fonctions, le montant de l'IFSE peut être réexaminé par la collectivité sans que ce réexamen soit encadré dans un quelconque délai. Dans ces conditions, Mme B, ancienne adjointe au directeur financier, ayant été nommée dans des nouvelles fonctions de gestionnaire budgétaire et comptable depuis 2019 était au nombre des cas pouvant donner lieu à un réexamen de l'IFSE.
10. Il ressort des pièces du dossier et notamment des fiches de poste produites, que les nouvelles fonctions occupées par l'intéressée n'impliquent plus l'exercice de tâches d'encadrement. En revanche, elles correspondent à un poste emportant une technicité particulière. C'est donc à bon droit que son nouveau poste a été classé, conformément aux principes fixés par la délibération précitée, dans le groupe B-2. Elle n'est, par suite, pas fondée à soutenir qu'il aurait dû être classé dans le groupe B-3, ce qui aurait fait obstacle à un réexamen du montant de son IFSE.
11. En dernier lieu, si la requérante soutient que la décision est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors que cette diminution serait justifiée par d'autres considérations que sa valeur professionnelle ou les spécificités de son poste, et que la diminution de son IFSE était en réalité fondée sur la circonstance qu'elle était en position d'arrêt de maladie, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Rethel, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la commune de Rethel au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Rethel, au titre des dispositions de l'article
L.761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Rethel.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
M. Michel Soistier, premier conseiller,
M. Oscar Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.
Le rapporteur,
M. SOISTIER
Le président,
O. NIZET
La greffière,
N. MASSON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026