mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201865 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COTILLOT MOUGEOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 12 août 202et le 26 juin 2024, M. H B, représenté par Me Costa Ramos, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er mars 2022 par laquelle la préfète de la région Grand Est a accordé au GAEC du Trèfle l'autorisation d'exploiter une surface de 1,2000 ha sur la parcelle ZD 21 située sur le territoire de Neuilly l'Evêque, ainsi que la décision confirmative tirée du silence de l'administration, suite au recours gracieux formé le 21 avril 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens de l'instance en application
des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application
des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- le GAEC du Trèfle s'est vu attribuer à tort 30 points supplémentaires et l'autorisation d'exploiter a été obtenue par la fraude dès lors que M. E G n'est titulaire d'aucun bail sur la parcelle objet de la demande, qu'il a été associé du GAEC de la Fontaine froide
du 22 septembre 1988 au 21 février 2001 et n'a été agréé en qualité de nouvel associé du GAEC du Trèfle qu'à compter du 21 février 2001 et que l'attestation de bail verbal du 25 mars 2006 est un faux signé par M. D F.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, la préfète de la région Grand conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 26 juillet 2024 par une ordonnance du même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Le GAEC du Trèfle, représenté par la SCP Cotillot-Mougeot, a produit un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, postérieurement à la clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- l'arrêté préfectoral du 22 décembre 2015 portant schéma directeur régional
des exploitations agricoles Champagne-Ardenne ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Amelot, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. H B a déposé le 1er décembre 2021 une demande d'autorisation d'exploiter une surface de 1,2000 ha sur la parcelle cadastrée ZD 21 située sur le territoire
de la commune de Neuilly-L'Evêque (Haute-Marne), propriété de sa mère,
Mme I B. Le GAEC du Trèfle a également déposé le 28 décembre 2021
une demande d'autorisation d'exploiter cette même parcelle. Par arrêté de la préfète de la région Grand Est du 1er mars 2022, le GAEC du Trèfle a obtenu l'autorisation d'exploiter après s'être vu attribuer 225 points contre 200 points pour M. B. Le recours gracieux en date
du 21 avril 2022 par lequel M. B a demandé l'annulation de l'autorisation d'exploiter délivrée au GAEC du Trèfle a été implicitement rejeté. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 1er mars 2022 par laquelle la préfète de la région Grand Est a accordé au GAEC du Trèfle l'autorisation d'exploiter ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A K J, signataire de l'arrêté en litige, bénéficiait d'une subdélégation de signature prise en vertu
d'une décision du 7 décembre 2021, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Grand Est le 10 décembre 2021, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme A C, directrice régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt Grand Est qui disposait elle-même d'une délégation de signature de la préfète de la région Grand Est, prise par arrêté du 3 février 2020, à l'effet de signer notamment l'ensemble des actes, décisions et correspondances relatif au contrôle des structures. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 312-1 du code rural et de la pêche maritime : " I.- Le schéma directeur régional des exploitations agricoles fixe les conditions de mise en œuvre du chapitre Ier du titre III du présent livre. Il détermine, pour répondre à l'ensemble des objectifs mentionnés à l'article L. 331-1, les orientations de la politique régionale d'adaptation des structures d'exploitations agricoles, en tenant compte des spécificités des différents territoires et de l'ensemble des enjeux économiques, sociaux et environnementaux définis dans le plan régional de l'agriculture durable. () / III.- Le schéma directeur régional des exploitations agricoles établit, pour répondre à l'ensemble des objectifs et orientations mentionnés au I du présent article, l'ordre des priorités entre les différents types d'opérations concernées par une demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2, en prenant en compte l'intérêt économique et environnemental de l'opération. () / Les critères d'appréciation de l'intérêt économique et environnemental d'une opération, en fonction desquels est établi l'ordre des priorités, sont les suivants : / 1° La dimension économique et la viabilité des exploitations agricoles concernées ; / 2° La contribution de l'opération envisagée à la diversité des productions agricoles régionales, à la diversité des systèmes de production agricole et au développement des circuits de proximité ; / 3° La mise en œuvre par les exploitations concernées de systèmes de production agricole permettant de combiner performance économique et performance environnementale, dont ceux relevant du mode de production biologique au sens de l'article L. 641-13 ; / 4° Le degré de participation du demandeur ou, lorsque le demandeur est une personne morale, de ses associés à l'exploitation directe des biens objets de la demande au sens du premier alinéa de l'article L. 411-59 ; / 5° Le nombre d'emplois non salariés et salariés, permanents ou saisonniers, sur les exploitations agricoles concernées ; / 6° L'impact environnemental de l'opération envisagée ; / 7° La structure parcellaire des exploitations concernées ; / 8° La situation personnelle des personnes mentionnées au premier alinéa du V. / Le schéma directeur régional des exploitations agricoles peut déterminer l'ordre des priorités en affectant une pondération aux différents éléments pris en compte. () ". Aux termes de l'article L. 331-3-1 du même code : " I.- L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; () ".
4. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté préfectoral du 22 décembre 2015 portant schéma directeur régional des exploitations agricoles Champagne-Ardenne : Ordre de priorités () / II. Priorités applicables aux demandes portant sur des biens agricoles, à l'exclusion des terres destinées à la production des appellations d'origine contrôlées Champagne, Coteaux champenois ou Rosé des Riceys : / 1° Sont classées au premier rang de priorité les opérations non hiérarchisées entre elles et ci-après énumérées, relatives à des biens destinés : () e) à l'accroissement de la superficie de l'exploitation du demandeur lorsque le bien agricole à mettre en valeur est reçu par donation, location, vente ou succession d'un parent ou allié jusqu'au troisième degré inclus et que les conditions suivantes sont remplies : / - les biens sont détenus par un parent ou allié, au sens de l'alinéa précédent, depuis neuf ans au moins ; / - l'exploitation du demandeur comporte au moins un membre répondant à l'ensemble des critères suivants : / - ne pas avoir atteint l'âge de la retraite ; / - satisfaire aux conditions de capacité ou d'expérience professionnelle précisées au I de l'article R. 331-2 ; / - avoir la qualité d'exploitant agricole à titre principal ou, le cas échéant, acquérir cette qualité à la date de l'opération. / La priorité accordée au titre du présent e) s'applique dans la limite d'une superficie totale mise en valeur après l'opération au plus égale au seuil d'agrandissement ou de concentration d'exploitations excessifs () / f) au maintien du preneur en place. / La priorité accordée au titre du présent f) s'applique dans la limite d'une superficie totale mise en valeur par le demandeur au plus égale au seuil d'agrandissement ou de concentration d'exploitations excessifs () ".
5. Les demandes d'autorisation d'exploiter présentées par le GAEC du Trèfle et par
M. B relevant du même rang de priorité au regard des dispositions prévues à l'article 3 de l'arrêté portant schéma directeur régional des exploitations agricoles de Champagne-Ardenne
du 22 décembre 2015, l'autorité administrative a pris en compte des critères de priorisation complémentaires afin de départager les deux demandes en fonction de l'intérêt de chacune
des opérations envisagées. Classés au rang de priorité n° 1, le GAEC du Trèfle a obtenu 225 points et M. H B 200 points.
6. Il ressort de l'arrêté attaqué que 30 points ont été accordés au GAEC du Trèfle
au titre du critère n° 17 figurant dans le tableau V relatif aux critères de priorisation complémentaires annexé au schéma directeur régional des exploitations agricoles de Champagne Ardenne du 22 décembre 2015 en prenant en compte le fait que le demandeur justifiait qu'un membre de l'exploitation avait la qualité de preneur en place pour les biens objet de la demande. M. B conteste la régularité de l'attestation de bail verbal du 25 mars 2006, produite à l'appui de la demande, dont il ressort des pièces du dossier qu'elle n'a pas été signée
par M. E G, locataire de la parcelle en litige depuis le 1er juillet 2000,
mais par M. D F, autre membre du GAEC du Trèfle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment d'une attestation de la Mutualité Sociale Agricole en date
du 10 décembre 2015, que le GAEC du Trèfle exploitait cette parcelle, et il n'est d'ailleurs pas contesté qu'il percevait à ce titre les aides versées dans le cadre de la politique agricole commune. Dès lors, malgré l'irrégularité de l'attestation produite à l'appui de la demande,
le GAEC du Trèfle étant l'exploitant de cette parcelle qui lui avait été apportée
par un de ses membres, il pouvait bénéficier de trente points correspondants. Le moyen tiré de ce que l'autorisation aurait été délivrée à la suite d'une fraude doit, par suite, être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'autorisation délivrée le 1er mars 2022 par la préfète de la région Grand Est au GAEC du Trèfle d'exploiter la surface de 1,2000 ha en cause sur le territoire de la commune de Neuilly l'Evêque.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance,
la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H B, au groupement agricole d'exploitation en commun du Trèfle et à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt.
Copie en sera adressée à la préfète de la région Grand Est.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Amelot, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
F. AMELOT
Le président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne
les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201865
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026