mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GUILMAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 août 2022, Mme A B, représentée par Me Calot, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 25 février 2022 par laquelle le directeur de l'établissement public de santé mentale de la Marne a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, ainsi que celle rejetant implicitement son recours gracieux née le 26 juin 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement public de santé mentale de la Marne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle a fait l'objet de violences verbales de la part d'un collègue dont elle établit la réalité et qui justifient que le bénéfice de la protection fonctionnelle lui soit accordé.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2024, l'établissement public de santé mentale de la Marne, représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maleyre,
- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public,
- et les observations de Me Calot pour le compte de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B appartient au corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés. Elle exerce ses fonctions au sein de l'établissement public de santé mentale (EPSM) de la Marne, affectée à l'unité Séraphine de Senlis. En raison d'un incident survenu avec l'un de ses collègues le 16 janvier 2022, qui a conduit à son placement en congé de maladie, l'intéressée a présenté une demande visant à se voir octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle. Cette demande a été rejetée par une décision du directeur de l'EPSM du 25 février 2022. Mme B a formé, le 21 avril suivant, un recours gracieux à l'encontre de cette décision, qui a été implicitement rejeté par une décision née le 26 juin 2022. Mme B demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes du IV de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 désormais codifié à l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à la collectivité publique dont dépend un agent public de le protéger contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont il est l'objet, même lorsque les violences sont commises dans le service par d'autres agents, sauf s'il a commis une faute personnelle ou qu'un motif d'intérêt général s'y oppose.
3. Il est constant que le 16 janvier 2022, entre 19h45 et 20h15, un collègue d'une autre unité de Mme B, qui était en pause dans une salle dédiée, s'est présenté dans son service afin d'évoquer avec elle une décision hiérarchique actant que le matériel de karaoké devait demeurer dans l'unité de travail de la requérante. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des attestations de témoins corroborant les affirmations de Mme B, que ce collègue, d'un gabarit imposant, était très en colère et s'est montré menaçant et provocateur tant par les propos tenus et le ton employé que par sa gestuelle, n'hésitant pas à s'approcher très près de l'intéressée. Ces évènements ont conduit à ce que Mme B soit placée en congé de maladie, ayant subi un traumatisme psychique dont le retentissement s'est prolongé plusieurs jours après. Dans les circonstances particulières de l'espèce, l'intéressée doit être regardée comme ayant été exposée à des menaces au sens et pour l'application des dispositions citées au point 2. Dans ces conditions, le directeur de l'EPSM de la Marne a entaché ses décisions d'erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation des décisions des 25 février et 26 juin 2022 du directeur de l'EPSM de la Marne.
5. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'EPSM de la Marne octroie à Mme B le bénéfice de la protection fonctionnelle par les mesures les mieux adaptées à la situation.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'EPSM de la Marne demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'EPSM de la Marne une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 25 février et 26 juin 2022 du directeur de l'établissement public de santé mentale de la Marne sont annulées.
Article 2 : L'établissement public de santé mentale de la Marne versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'établissement public de santé mentale de la Marne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'établissement public de santé mentale de la Marne.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
P-H. MALEYRELe président,
signé
A. DESCHAMPSLe greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026