mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202071 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS CABINET DEVARENNE ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 septembre 2022 et 21 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Wilhelem, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 13 juillet 2022 par laquelle
le chef d'établissement du lycée professionnel Denis Diderot à Langres, a rejeté son recours gracieux formé à l'encontre de la décision de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée en qualité d'assistante d'éducation ;
2°) de condamner le lycée professionnel Denis Diderot à lui verser la somme de
5 000 euros en réparation des préjudices qu'elle soutient avoir subis ;
3°) d'enjoindre le lycée professionnel Denis Diderot à procéder à sa réintégration dans les effectifs de l'établissement avec prise d'effet le 1er septembre 2022 et de lui verser le traitement correspondant ;
4°) de mettre à la charge du lycée professionnel Denis Diderot la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure en ce que, d'une part, aucun entretien préalable n'a eu lieu, d'autre part, le délai de prévenance de deux mois a été méconnu ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son travail était satisfaisant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, le lycée professionnel Denis Diderot, représenté par la SELAS Devarenne associés Grand Est, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute d'avoir précédées d'une réclamation préalable ;
- Mme A a bénéficié d'un entretien individuel d'évaluation le 6 mai 2022, lequel, compte tenu des appréciations négatives, ne justifiait pas de donner lieu à un second entretien susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise ;
- le délai de prévenance a été respecté ; la décision de non-renouvellement a été prise le 17 juin 2022, en amont du délai de deux mois ;
- la manière de servir de l'intéressée n'a pas été satisfaisante ; elle n'a pas réussi à organiser les conférences hebdomadaires demandées ;
Par ordonnance du 14 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
1er février 2023 à 12h00
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Soistier, premier conseiller,
- les conclusions de M. Rifflard, rapporteur public,
- les observations Me Devarenne-Odaert, représentant le lycée professionnel Denis Diderot.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, a été recrutée en tant qu'assistante d'éducation par le lycée professionnel Denis Diderot, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée d'un an, signé le
1er septembre 2018, renouvelé par trois fois jusqu'au 31 août 2022. Par une lettre en date du
17 juin 2022, le chef d'établissement a décidé de ne pas renouveler le contrat de Mme A. Par une décision en date du 13 juillet 2022, il a explicitement rejeté son recours gracieux du 1er juillet 2022. Par la présente requête, Mme A demande d'une part, l'annulation, en excès de pouvoir, de cette décision attaquée et d'autre part, la condamnation du lycée professionnel Denis Diderot à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'elle soutient avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant, les conclusions tendant au versement d'une somme d'argent sont irrecevables et peuvent être rejetées pour ce motif.
4. Les conclusions indemnitaires présentées par Mme A n'ont été précédées d'aucune demande adressée au chef d'établissement du lycée professionnel Denis Diderot. Par suite, en l'absence de décision préalable de nature à lier le contentieux, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir soulevée en défense tirée de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article 45 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'État, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque l'agent non titulaire est recruté par un contrat à durée déterminée susceptible d'être renouvelé en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'administration lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : () / deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée supérieure ou égale à deux ans ; / La notification de la décision doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus pour répondre à un besoin permanent est supérieure ou égale à trois ans./ Pour la détermination de la durée du délai de prévenance, les durées d'engagement mentionnées aux deuxième, troisième et quatrième alinéas sont décomptées compte tenu de l'ensemble des contrats conclus avec l'agent, y compris ceux effectués avant une interruption de fonctions, sous réserve que cette interruption n'excède pas quatre mois et qu'elle ne soit pas due à une démission de l'agent. ". Une irrégularité affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'elle a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'elle a privé les intéressés d'une garantie.
6. Il résulte de ces dispositions que la décision de ne pas renouveler le contrat d'un agent employé depuis six ans sous contrat à durée déterminée doit être précédée d'un entretien. Toutefois, hormis le cas où une telle décision aurait un caractère disciplinaire, l'accomplissement de cette formalité, si elle est l'occasion pour l'agent d'interroger son employeur sur les raisons justifiant la décision de ne pas renouveler son contrat et, le cas échéant, de lui exposer celles qui pourraient justifier une décision contraire, ne constitue pas pour l'agent, eu égard à la situation juridique de fin de contrat sans droit au renouvellement de celui-ci, et alors même que la décision peut être prise en considération de sa personne, une garantie dont la privation serait de nature, par elle-même, à entraîner l'annulation de la décision de non renouvellement, sans que le juge ait à rechercher si l'absence d'entretien a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision. Tel est également le cas du respect du délai de préavis de trois mois dont la méconnaissance n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision de non renouvellement. Par suite, l'absence d'entretien préalable précité ainsi que la méconnaissance du délai de prévenance ne privent pas l'intéressée de garanties. Dès lors, les moyens précités ne peuvent qu'être écartés.
7. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Il appartient à l'autorité administrative, lorsque l'agent soutient que la décision de renouvellement n'a pas été prise dans l'intérêt du service, d'indiquer, s'ils ne figurent pas dans la décision, les motifs pour lesquels il a été décidé de ne pas renouveler le contrat. À défaut de fournir ces motifs, la décision de non renouvellement doit alors être regardée comme ne reposant pas sur des motifs tirés de l'intérêt du service.
8. Il ressort des pièces du dossier et notamment du compte-rendu d'entretien individuel du 6 mai 2022, que de nombreuses critiques portant tant sur ses rapports avec les élèves que de sa manière d'être au sein de l'établissement ont été relevées à l'encontre de l'intéressée.
Mme A ne rapporte aucun élément contestant la réalité matérielle de ces faits, et ne critique pas utilement l'appréciation qui a été portée sur sa manière de servir. Dans ces circonstances, le proviseur du lycée professionnel Denis Diderot a pu estimer que le contrat de Mme A ne devait pas, dans l'intérêt du service, être renouvelé.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du lycée professionnel Denis Diderot, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du Mme A la somme demandée par lycée professionnel Denis Diderot au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du lycée professionnel Denis Diderot, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au lycée professionnel Denis Diderot.
Copie en sera adressée au recteur d'académie de Reims.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nizet, président,
M. Soistier, premier conseiller,
M. Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. SOISTIER
Le président,
O. NIZETLa greffière,
I. DELABORDE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026