lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202156 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GARREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 septembre et 4 novembre 2022,
M. C A B et Mme D A B, représentés par Me Scribe, demandent
au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer du 21 juin 2019 n° 3128129
d'un montant de 23,22 euros, les avis du 19 juillet 2019 n°3154709 d'un montant
de 26,46 euros, n°3155471 d'un montant de 16,61 euros et n°3155646 d'un montant de 35 euros, les avis du 20 août 2019 n°3198236 d'un montant de 42 euros, n° 3198240 d'un montant
de 118,20 euros, n°3198239 d'un montant de 91,13 euros, n°3198245 d'un montant de 33 euros, n°3198248 d'un montant de 25 euros et n°3198258 d'un montant de 75 euros et l'avis
du 6 septembre 2021 n°3222582 d'un montant de 3 901,76 euros, avis des sommes à payer émis à l'encontre de Mme A B par le directeur du centre hospitalier de Troyes ;
2°) d'annuler la décision de saisie administrative à tiers détenteur du 24 février 202d'un montant de 4 194,96 euros ;
3°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer dans l'attente d'une décision du pôle social
du tribunal judiciaire de Troyes ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Troyes la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les sommes qui font l'objet des avis des sommes à payer en litige doivent être versées au centre hospitalier par la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aube ;
- le principe d'égalité s'oppose à ce qu'il soit mis à leur charge des sommes qu'ils ne doivent pas.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2022, le centre hospitalier de Troyes, représenté par Me Garreau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme A B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code
de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 5 janvier 2024 par une ordonnance
du 30 novembre 2023.
Par un courrier du 22 mars 2024, les parties ont été informées, en application
des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal serait susceptible de soulever d'office l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître
des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant saisie à tiers détenteur
du 24 février 2022.
M. et Mme A B ont produit le 22 mars 2024, en réponse à ce courrier,
des observations qui ont été communiquées.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision
du 29 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henriot, conseiller ;
- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été prise en charge au sein du centre hospitalier de Troyes
du 26 au 29 juin 2021 à l'occasion de son accouchement. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Aube ayant refusé de prendre en charge le coût des soins dont Mme A B a bénéficié, le centre hospitalier a émis à l'encontre de cette dernière quatorze avis de sommes à payer d'un montant total de 4 387,38 euros. Par une décision du 24 février 2022, le comptable public a émis une saisie administrative à tiers détenteur à l'encontre de M. A B pour
un montant total de 4 194,96 euros. M. et Mme A B demandent au tribunal l'annulation
de ces décisions.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant saisie à tiers détenteur :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () "
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance.
Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu
au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () c) Pour
les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux
et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement
des créances non fiscales des établissements publics de santé est de la compétence du juge
de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. La décision portant saisie à tiers détenteur du 24 février 2022 constitue une mesure de recouvrement d'une créance non fiscale d'un établissement public de santé. Par suite,
les conclusions de M. et Mme A B tendant à l'annulation de cette décision doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des avis des sommes à payer :
6. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 160-1 du code de la sécurité sociale dans sa version applicable au litige : " Toute personne travaillant ou, lorsqu'elle n'exerce pas d'activité professionnelle, résidant en France de manière stable et régulière bénéficie, en cas de maladie ou de maternité, de la prise en charge de ses frais de santé dans les conditions fixées au présent livre. () ". Selon l'article L. 162-21-1 du même code dans sa version applicable
au litige : " L'assuré est dispensé, pour la part garantie par les régimes obligatoires d'assurance maladie, dans les cas et conditions fixés par voie réglementaire, de l'avance des frais d'hospitalisation et des frais relatifs aux actes et consultations externes mentionnés aux articles
L. 162-26 et L. 162-26-1 dans les établissements de santé mentionnés aux a, b, c et d de l'article L. 162-22 et à l'article L. 174-1. " Selon les dispositions de l'article L. 162-26 du même code, dans leur version applicable au litige : " Les consultations et actes externes sont pris en charge par
les régimes obligatoires d'assurance maladie dans les conditions prévues aux articles L. 162-1-7, L. 162-14-1 et L. 162-21-1 et dans la limite des tarifs fixés en application de ces articles. Les tarifs des consultations et des actes ainsi fixés servent de base au calcul de la participation de l'assuré, à la facturation de ces prestations aux patients non couverts par un régime de l'assurance maladie et à l'exercice des recours contre tiers. () ".
7. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; () ". Selon l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ".
8. Si, en application des dispositions précitées des articles L. 162-21-1 et L. 162-26 du code de la sécurité sociale, les assurés sociaux sont dispensés pour la part garantie
par les régimes obligatoires d'assurance maladie de l'avance des frais, il résulte de l'instruction que la CPAM de l'Aube a refusé de prendre en charge les frais relatifs à l'hospitalisation
de Mme A B au sein du centre hospitalier de Troyes du 26 au 29 juin 2021 au motif
que la requérante ne bénéficiait pas de la qualité d'assurée sociale pour la période en cause. Dans ces conditions, dès lors qu'il n'appartient qu'au juge judiciaire de connaître des contestations relatives à la reconnaissance de la qualité d'assuré social, les requérants ne peuvent utilement invoquer le moyen tiré de ce que Mme A B remplissait effectivement les conditions donnant droit à cette qualité.
9. Le moyen tiré de ce que les décisions en litige méconnaitraient le principe d'égalité ne sont pas assorties des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de surseoir à statuer dans l'attente d'un jugement de tribunal judiciaire de Troyes saisi par les requérants d'une demande
de paiement de la somme en cause par la CPAM de l'Aube, M. et Mme A B ne sont pas fondés à demander l'annulation des quatorze avis des sommes à payer en litige. En conséquence, leurs conclusions tendant à l'application des dispositions de de articles L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'allouer au centre hospitalier de Troyes la somme qu'il sollicite sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. et Mme A B tendant à l'annulation de la saisine administrative à tiers détenteur du 24 février 2022 sont rejetées comme portées devant un ordre
de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A B et les conclusions
du centre hospitalier de Troyes sont rejetés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à Mme D A B,
au centre hospitalier de Troyes, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aube et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
Mme Alibert, première conseillère,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
J. HENRIOTLe président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026