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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202322

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202322

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202322
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2022, M. C A, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 30 août 2022, par lequel le préfet de la Meuse, a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 634,21 euros en remboursement des frais d'immobilisation de son véhicule.

Il soutient que :

- dès lors que la détention de son permis de conduire est nécessaire à son activité professionnelle, l'urgence est caractérisée ;

-la rétention de son permis de conduire est antérieure à l'heure de réalisation du test salivaire ;

- il est indiqué à tort, sur le procès-verbal d'immobilisation du véhicule qu'il en est le propriétaire ;

- l'article R. 235-11 du code de la route a été méconnu dès lors qu'il n'a pas été informé de la possibilité de faire pratiquer une prise de sang ;

- les résultats du test salivaire pratiqué le 26 juin ne lui ont pas été notifiés.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Nizet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin de suspension :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de l'acte soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision d'invalidation d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.

3. Le 26 juin 2022 M. A a fait l'objet d'un contrôle routier au cours duquel un test salivaire s'est révélé positif aux stupéfiants. Par un arrêté du 30 août 2022, pris sur le fondement de ces faits, le préfet de la Meuse a suspendu la validité du permis de conduire de M. A pour une durée de six mois. M. A demande la suspension de l'exécution de cet arrêté.

4. Pour justifier de l'urgence à ordonner la suspension sollicitée, la requérant se borne à indiquer occuper un emploi de technicien au sein de GRDF et qu'il est tenu à des astreintes et à devoir se déplacer en utilisant les véhicules mis à sa disposition par son employeur. Toutefois en dehors de ces allégations, il ne fournit aucun élément établissant l'impossibilité dans laquelle il se trouverait de poursuivre son activité professionnelle tout en ne possédant plus son permis de conduire, alors qu'en outre, au jour de l'enregistrement de sa requête trois mois se sont écoulés depuis la rétention de son permis de conduire, sans que l'intéressé ne fasse même valoir qu'il serait, depuis, dans l'impossibilité de travailler. Dans ces conditions, la condition d'urgence n'est pas caractérisée et les conclusions précitées de la requête ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

5. Il n'appartient pas au juge de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, juge de la suspension, de se prononcer sur des conclusions indemnitaires.

6. il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut être que rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 6 octobre 2022.

Le juge des référés,

O. NIZET

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