LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202384

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202384

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202384
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL EBC AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de Mme A, qui contestait le refus de l’Agence de services et de paiement (ASP) de lui accorder le "bonus vélo". La requérante avait acheté un cycle cargo électrique le 30 décembre 2021 mais n’avait pu déposer sa demande d’aide dans le délai de six mois prévu à l’article D. 251-13 du code de l’énergie, en raison de l’impossibilité de fournir une attestation d’aide de la métropole de Lyon. Le tribunal a écarté l’exception d’illégalité soulevée contre ce délai, jugeant qu’il ne méconnaît ni le principe d’égalité ni l’article L. 123-1 du code des relations entre le public et l’administration, et a confirmé la légalité du refus opposé par l’ASP.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 13 octobre 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le président de la 1ère chambre du tribunal administratif de Lyon a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme B A.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Lyon le 7 octobre 2022, Mme B A, représentée par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de refus du " bonus vélo " ;

2°) d'annuler la décision de l'Agence de services et de paiement du 24 août 2022 portant rejet de son recours gracieux ;

3°) de mettre à la charge de l'Agence de services et de paiement une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle a été confrontée à une formalité impossible ;

- les dispositions de l'article D. 251-13 du code de l'énergie selon lesquelles la demande d'aide " bonus vélo " doit être déposée dans un délai de six mois sont illégales au regard du principe à valeur constitutionnelle d'égalité prévu aux articles 1er, 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et du principe d'impartialité de l'administration, en tant qu'elles ne prévoient pas de dérogation dans le cas où ce délai ne peut pas être respecté pour un fait extérieur au demandeur de bonne foi, et cette illégalité entache, par voie d'exception, les décisions en litige d'illégalité ;

- les décisions attaquées méconnaissent l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2022, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative dès lors qu'elle ne contient pas de moyen ;

- elle est irrecevable dès lors que la requérante ne produit pas la décision de rejet de sa demande d'aide à l'acquisition d'un véhicule peu polluant dite " bonus vélo " ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, et notamment son préambule ;

- le code de l'énergie ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rifflard, conseiller,

- et les conclusions de M. Maleyre, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 30 décembre 2021, Mme A a entamé, au titre de son achat le même jour d'un cycle cargo électrique, une procédure de demande d'aide à l'achat de véhicule peu polluant dite " bonus vélo " sur le site internet dédié mis à disposition par le ministère de la transition énergétique. Elle déclare n'avoir alors pas pu achever cette procédure en ligne dès lors qu'elle n'était pas en mesure de produire l'attestation d'aide de la métropole de Lyon pour l'acquisition du même vélo. Puis, une fois obtenu l'aide de cette métropole le 5 juillet 2022, elle indique avoir tenté de régulariser sa procédure en ligne de demande d'aide " bonus vélo ", mais une décision de refus lui a été opposée au motif que le délai de six mois à compter de l'acquisition du vélo était dépassé. Elle précise avoir ensuite suivi les indications sur ce site internet pour former un recours gracieux auprès de l'Agence de services et de paiement. Par courrier du 20 août 2024, elle a ainsi demandé à l'Agence de services et de paiement de bénéficier à titre gracieux d'une dérogation à la condition de six mois précitée. Par décision du 24 août 2020, le président directeur général de l'Agence de services et de paiement a rejeté cette demande gracieuse. Mme A demande au tribunal d'annuler la décision de refus du " bonus vélo " ainsi que la décision du 24 août 2022 portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article D. 251-2 du code de l'énergie, dans sa version applicable au litige : " Une aide, dite bonus vélo, est attribuée à toute personne physique majeure justifiant d'un domicile en France, dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 13 489 euros () qui acquiert un cycle ou un cycle à pédalage assisté, au sens de l'article R. 311-1 du code de la route, neuf, qui n'utilise pas de batterie au plomb, ou une remorque électrique pour cycle, et n'est pas cédé par l'acquéreur dans l'année suivant son acquisition ". Aux termes de l'article D. 251-7-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " Le montant de l'aide prévue à l'article D. 251-2 est déterminé par l'un ou l'autre des cas suivants : 1° Pour les cycles aménagés pour permettre le transport de personnes ou de marchandises à l'arrière ou l'avant du conducteur ou pour répondre aux besoins de personnes en situation de handicap, et pour les remorques électriques pour cycles, le montant de l'aide est fixé à 40 % du coût d'acquisition, dans la limite de 1 000 euros ; 2° Pour les cycles à pédalage assisté autres que ceux mentionnés au 1° et acquis par une personne physique, celle-ci ne peut en bénéficier que si une aide ayant le même objet a été attribuée par une collectivité territoriale ou un groupement de collectivités territoriales. Ces deux aides sont cumulatives. Le montant de l'aide est alors identique au montant de l'aide ayant le même objet attribuée par la collectivité territoriale ou le groupement de collectivités territoriales, dans la limite de 200 euros ". Aux termes du premier alinéa de l'article D. 251-13 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Les demandes d'aides prévues aux articles D. 251-1 à D. 251-3 sont formulées au plus tard dans les six mois suivant la date de facturation du véhicule ou, dans le cas d'une location, de versement du premier loyer ". Aux termes de l'arrêté du 29 décembre 2017 relatif aux modalités de gestion des aides à l'acquisition et à la location des véhicules peu polluants : " () La demande de versement transmise à l'Agence de services et de paiement est accompagnée des données suivantes : () 4° Dans le cas d'une demande de bonus VAE prévue à l'article D. 251-2 du code de l'énergie : () c) Aide d'une collectivité locale le cas échéant : - le montant de l'aide allouée par une collectivité locale pour l'acquisition du cycle acquis ; - le nom de la collectivité locale ayant versée cette aide ".

3. En premier lieu, Mme A fait valoir que le fait d'avoir dû attendre la décision de la métropole de Lyon sur sa demande d'aide à l'achat de son vélo, pour pouvoir finaliser sa demande d'aide " bonus vélo " en litige, l'a placée dans une situation où elle fut confrontée à une formalité impossible.

4. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la facture d'achat du 30 décembre 2021 qu'elle produit, que Mme A a acquis un vélo électrique de type cargo, équipé notamment de " family bars " et d'une plateforme avant " daily transport ". Un tel type de vélo correspond à la catégorie des cycles aménagés pour permettre le transport de personnes ou de marchandises à l'arrière ou à l'avant du conducteur visée par les dispositions du 1° de l'article D. 251-7-1 du code de l'énergie. Conformément à ces dispositions, et contrairement à celles prévues au 2° du même article, l'aide " bonus vélo " pour un tel cycle aménagé n'est pas conditionnée à l'attribution d'une aide ayant le même objet par une collectivité territoriale ou un groupement de collectivités territoriale. Par suite, l'aide " bonus vélo " en litige n'était pas subordonnée à la condition que Mme A obtînt préalablement l'aide qu'elle avait sollicitée auprès de la métropole de Lyon. Dans ces conditions, dès lors qu'elle n'était pas tenue d'attendre l'obtention de cette aide locale pour finaliser sa demande d'aide " bonus vélo ", Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été soumise à une formalité impossible tenant à ce qu'elle devait obtenir cette aide locale dans le délai de six mois prévu à l'article D. 251-13 précité.

5. En deuxième lieu, Mme A fait valoir que l'absence de dérogation au délai de six mois prévu par l'article D. 251-13 du code de l'énergie en cas d'impossibilité de respecter ce délai pour un motif indépendant de la volonté du demandeur est illégale au regard du principe à valeur constitutionnelle d'égalité prévu aux articles 1er, 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et du principe d'impartialité de l'administration, et que cette illégalité entache, par voie d'exception, d'illégalité les décisions attaquées.

6. Toutefois, d'une part, si le principe d'égalité implique qu'un même traitement soit appliqué à des situations comparables, il n'impose pas que des personnes placées dans des situations différentes soient traitées de façon différente. Les dispositions de l'article D. 251-13 du code de l'énergie ne méconnaissent dès lors pas ce principe en tant qu'elles ne prévoient pas de traiter différemment, au regard de la condition de déposer la demande d'aide " bonus vélo " dans un délai de six mois, la situation d'un demandeur en fonction des difficultés qu'il rencontrerait pour présenter sa demande d'aide dans ce délai. En tout état de cause, Mme A ne justifie pas être dans une situation où elle ne pouvait pas respecter ce délai de six mois, dès lors qu'elle invoque seulement à cet égard son attente d'obtenir l'aide de la métropole de Lyon alors que, comme il a été dit ci-avant, cette aide n'était pas requise pour sa demande d'aide " bonus vélo " en litige. Mme A n'est donc pas fondée à soutenir que les dispositions de l'article D. 251-13 du code de l'énergie méconnaîtrait le principe d'égalité au regard de l'absence de dérogation au délai de six mois en cause.

7. D'autre part, Mme A soutient que l'existence d'une différence de traitement entre les personnes ne rencontrant pas de fait extérieur les empêchant de déposer leur demande d'aide " bonus vélo " dans le délai de six mois précité et celles rencontrant de tels faits extérieurs, méconnaît le principe d'impartialité de l'administration. Toutefois, les dispositions de l'article D. 251-13 du code de l'énergie n'instituent aucune différence de traitement entre les demandeurs de l'aide " bonus vélo ", dès lors qu'elles requièrent de tous qu'ils respectent un délai de six mois à compter de l'achat de leur vélo pour déposer leur demande d'aide. La seule circonstance que ces dispositions ne prévoient pas, par ailleurs, de dérogation à ce délai de six mois ne permet pas d'établir qu'elles méconnaîtraient le principe d'impartialité de l'administration.

8. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'article D. 251-13 du code de l'énergie doit être écarté comme non fondé.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué ".

10. L'inéligibilité de Mme A à l'aide " bonus vélo " résulte en l'espèce de la forclusion de son droit à demander cette aide, par l'effet du dépassement du délai de six mois prévu à l'article D. 251-13 du code de l'énergie. Elle ne constitue dès lors pas une sanction au sens des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées par l'Agence de services et de paiement, la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt, à la ministre du travail et de l'emploi et à l'Agence de services et de paiement.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Briquet, président,

M. Torrente, premier conseiller,

M. Rifflard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

R. RIFFLARDLe président,

Signé

B. BRIQUET

La greffière,

Signé

F. DAROUSSI DJANFAR

La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt et à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions