mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEMONNIER- DELION- GAYMARD - RISPAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 octobre 2022, 5 septembre 2023, 13 novembre 2023, 30 janvier 2024 et le 5 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Chanlair, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 27 septembre 2022 par laquelle le président de l'institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) a retiré l'article 2 de sa décision du 21 septembre 2022, portant sa réintégration au poste de gestionnaire de collection à Châlons-en-Champagne ;
2°) d'enjoindre au président de l'INRAP de la réaffecter au poste de gestionnaire de collection à Châlons-en-Champagne, avec consultation du médecin de prévention sur les conditions de la compatibilité de son état de santé avec l'emploi, information de son supérieur hiérarchique, remise de sa fiche de poste et paiement de ses arriérés de salaires depuis le 5 septembre 2022, ainsi que le remboursement de ses frais de déplacement à Châlons-en-Champagne, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) supprimer les écrits outrageants de l'INRAP en l'application des dispositions de l'article L.741-2 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'INRAP le versement de la somme de 3 800 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 21 septembre 2022 portant sa réintégration comme gestionnaire de collection à Châlons-en-Champagne était créatrice de droits ;
- son courriel du 23 septembre 2022 a été dénaturé en demande de retrait ;
- elle a intérêt à agir contre la décision en litige nonobstant la nouvelle décision en date du 28 octobre 2022 l'affectant en tant que dessinatrice-infographe au centre de recherches archéologiques à Metz, à compter du 1er décembre 2022 ;
- la décision constituait manifestement un acte de harcèlement visant à lui nuire ;
- la décision a méconnu l'autorité de la chose jugée du jugement n°2007159 du tribunal administratif de Strasbourg en date du 30 juin 2022 ;
- la décision a méconnu son droit à la réintégration en catégorie 4 alors qu'elle a été réintégrée sur un emploi de catégorie 3 ;
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 octobre 2023, 21 décembre 2023, 12 mars 2024 et 7 mai 2024, l'INRAP représenté par Me Delion, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 2 000 au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'a pas intérêt à agir contre une décision de retrait qu'elle a sollicitée elle-même ;
- elle est irrecevable dès lors qu'il s'agit d'une mesure d'ordre intérieure ;
- le jugement d'annulation de sa décision de licenciement a été parfaitement exécuté ;
- le retrait de la décision d'affectation à Châlons-en-Champagne fait suite à sa demande, par la voie de son conseil et de son représentant syndical ;
- elle n'avait aucun droit acquis à réintégration en catégorie 4 alors qu'elle occupait un emploi de catégorie 3 antérieurement ;
- à titre reconventionnel, la requête de l'intéressée, manifestement abusive, a causé un préjudice à l'INRAP que Mme B devra indemniser à hauteur de 1 000 euros.
Par une ordonnance en date du 8 septembre 2023, l'instruction a été clôturée au 15 novembre 2023 à 12h00.
Par un courrier en date du 12 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision attaquée, présente, eu égard notamment à sa nature et ses effets sur la situation de la requérante, les caractères d'une mesure d'ordre intérieur et, pour ce motif, est insusceptible de faire l'objet d'un recours contentieux.
Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public, présenté pour Mme B, a été enregistré le 13 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Soistier, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique,
- et les observations de Me Delion, représentant l'INRAP.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée, à compter du 1er février 2002, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, par l'institut national de recherches archéologiques préventives afin d'y exercer les fonctions de technicienne d'opération au sein de la filière scientifique et technique. Par une décision du 10 août 2020, le président de l'INRAP a prononcé son licenciement pour inaptitude professionnelle. Par un jugement n°2007159, en date du 30 juin 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé la décision de licenciement et a enjoint l'INRAP de réintégrer Mme B et de reconstituer sa carrière, à compter du 5 septembre 2022. Par une décision du 21 septembre 2022, le président de l'INRAP a prononcé la réintégration de Mme B, avec une affectation sur un poste de gestionnaire de collection à Châlons-en-Champagne à compter du 27 septembre 2022. Par une décision en date du 27 septembre 2022, le président de l'INRAP a retiré l'article 2 de sa précédente décision qui affectait l'intéressée au poste précité. Par une nouvelle décision de réintégration du 28 octobre 2022, Mme B a été affectée sur un poste de dessinatrice-infographe au sein du centre de recherches archéologiques à Metz, à compter du 1er décembre 2022. Le présent recours tend à l'annulation de la décision du 27 septembre 2022.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre une telle mesure, à moins qu'elle ne traduise une discrimination, est irrecevable, alors même que la mesure de changement d'affectation aurait été prise pour des motifs tenant au comportement de l'agent public concerné.
3. La décision en litige qui a pour seul objet de retirer l'article 2 de l'arrêté du 21 septembre 2022 affectant l'intéressée à la direction régionale Grand Est, en tant que gestionnaire de collection à Châlons-en-Champagne, n'a en elle-même aucune incidence sur les droits et prérogatives qu'elle tient de son statut, sur l'exercice de ses droits et libertés fondamentales, et n'emporte aucune perte de responsabilités ou de rémunération. Elle n'est pas plus discrimination. Par suite, les conclusions d'annulation de la requête sont irrecevables.
Sur les conclusions reconventionnelles :
4. Le présent recours n'étant pas abusif, les conclusions reconventionnelles sont, en tout état de cause, irrecevables.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative :
5. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les juridictions peuvent, dans les causes dont elles sont saisies, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires. Il ne ressort d'aucune des écritures versées en défense, que des passages excéderaient les limites de la controverse entre parties dans le cadre d'une procédure contentieuse et présenteraient un caractère injurieux, outrageant ou diffamatoire. Les conclusions précitées doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'INRAP, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que Mme B demande au titre des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par l'INRAP au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles présentées par l'INRAP sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, et au président de l'institut national de recherches archéologiques préventives.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024 à laquelle siégeaient :
M. Nizet, président,
M. Soistier, premier conseiller,
M. Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. SOISTIERLe président,
O. NIZET
La greffière,
I. DELABORDE
1
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026