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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202433

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202433

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202433
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSEGAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 12 octobre 2022 et 15 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Segaud-Martin, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2022 par lequel le préfet des Ardennes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à M. A, au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est dépourvu de motivation ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article 47 du code civil dès lors qu'il justifie de son état civil ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet des Ardennes a produit des pièces, enregistrées le 14 novembre 2022 et le 27 janvier 2023.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 novembre 2022.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés :

- d'une part, de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi dès lors que le préfet, en lui délivrant le 14 octobre 2022 un titre de séjour portant la mention "étudiant", a implicitement mais nécessairement abrogé ces décisions ;

- d'autre part, de ce que le préfet des Ardennes a méconnu le champ d'application de la loi en se fondant sur les dispositions de l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser de délivrer à M. A un titre de séjour dès lors que ce dernier a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance après l'âge de seize ans.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 ;

- le décret n° 2015-1717 du 24 décembre 2015 ;

- le décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 ;

- la décision n° 2021-972 QPC du 18 février 2022 du Conseil constitutionnel ;

- la décision n° 448296, 448305, 454144, 455519 du Conseil d'Etat, statuant au contentieux, du 7 avril 2022 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen qui dit être né le 5 janvier 2002 à Télimélé, déclare être entré en France le 1er novembre 2018 et a été confié à l'aide sociale à l'enfance le 11 décembre suivant. Le 30 juillet 2021, M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 5 septembre 2022, dont M. A demande l'annulation, le préfet des Ardennes a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination :

2. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Ardennes a, le 14 octobre 2022, postérieurement à l'introduction de la requête, délivré à M. A un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable un an, jusqu'au 13 octobre 2023. Le titre de séjour ainsi délivré à M. A n'étant pas de même nature que celui qu'il sollicitait sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui lui a été refusé par l'arrêté attaqué, les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus du titre de séjour sollicité sur ce fondement ne sont pas devenues sans objet. En revanche, la délivrance de ce titre de séjour a implicitement mais nécessairement abrogé les décisions du préfet des Ardennes du 5 septembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination, qui n'ont reçu aucun commencement d'exécution. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié' ou "travailleur temporaire', sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

4. Aux termes des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Enfin, aux termes de l'article 1er du décret du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger : " Lorsque, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou de titre procède ou fait procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet. Dans le délai prévu à l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité administrative informe par tout moyen l'intéressé de l'engagement de ces vérifications. ".

5. Aux termes du II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice : " Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France doit être légalisé pour y produire effet. / La légalisation est la formalité par laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu / Un décret en Conseil d'Etat précise les actes publics concernés par le présent II et fixe les modalités de la légalisation. " Aux termes de l'article 1er du décret du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère, applicable aux légalisations intervenues à compter du 1er janvier 2021 : " Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France ou devant un ambassadeur ou chef de poste consulaire français doit être légalisé pour y produire effet. / La légalisation est la formalité par laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. Elle donne lieu à l'apposition d'un cachet dont les caractéristiques sont définies par arrêté conjoint des ministres chargés de la justice et des affaires étrangères ".

6. Les dispositions des 1er et 3ème alinéas du II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 ont été déclarées contraires à la Constitution, au motif qu'elles ne prévoient pas de voie de recours en cas de refus de légalisation d'actes d'état civil, par la décision n° 2021-972 QPC du 18 février 2022 du Conseil constitutionnel, qui a toutefois reporté au 31 décembre 2022 la date de leur abrogation. Par une décision n° 448296, 448305, 454144, 455519 du 7 avril 2022, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé le décret du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère, pris pour l'application de ces dispositions législatives, en reportant la date et l'effet de cette annulation au 31 décembre 2022. Il en résulte que les dispositions citées au point 5 demeurent applicables jusqu'à cette date.

7. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. En cas de doute sur la véracité de la signature, sur l'identité du timbre ou sur la qualité du signataire de la légalisation, il appartient à l'autorité administrative de procéder, sous le contrôle du juge, à toutes vérifications utiles pour s'assurer de la réalité et de l'authenticité de la légalisation. En outre, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

8. A la condition que l'acte d'état civil étranger soumis à l'obligation de légalisation et produit à titre de preuve devant l'autorité administrative ou devant le juge présente des garanties suffisantes d'authenticité, l'absence ou l'irrégularité de sa légalisation ne fait pas obstacle à ce que puissent être prises en considération les énonciations qu'il contient. En particulier, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative d'y répondre, sous le contrôle du juge, au vu de tous les éléments disponibles, dont les évaluations des services départementaux et les mesures d'assistance éducative prononcées, le cas échéant, par le juge judiciaire, sans exclure, au motif qu'ils ne seraient pas légalisés dans les formes requises, les actes d'état civil étrangers justifiant de l'identité et de l'âge du demandeur.

9. Enfin, pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents. L'autorité administrative n'est pas tenue de solliciter nécessairement et systématiquement les autorités d'un autre État afin d'établir qu'un acte d'état civil présenté comme émanant de cet État est dépourvu d'authenticité, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont elle dispose sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié.

10. En premier lieu, pour refuser de délivrer à M. A le titre de séjour demandé, le préfet des Ardennes lui a opposé la circonstance qu'il ne justifiait pas de son état civil, et notamment de son âge, en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport d'examen technique documentaire établi le 20 juillet 2020 par la direction zonale de la police aux frontières zone Est, que le jugement supplétif rendu le 16 novembre 2018 par la justice de paix de Télimélé et l'extrait d'acte de naissance délivré le 26 novembre 2018 par l'officier d'état civil de la commune de Télimélé présentent de nombreuses erreurs ou incohérences et n'ont pas fait l'objet d'une légalisation par les autorités françaises et que ces documents ont été regardés comme contrefaits ou falsifiés. Toutefois, à supposer que ces actes puissent être regardés comme contrefaits ou falsifiés, M. A a produit, à l'appui de sa requête, un jugement supplétif d'acte de naissance, rendu le 3 août 2022 par la justice de paix de Télimélé et un extrait d'acte de naissance délivré le 16 août 2022 par l'officier d'état civil de la commune urbaine de Télimélé. Le préfet des Ardennes, qui n'a pas fait expertiser ces documents, ne soutient ni même n'établit qu'ils présenteraient également un caractère contrefait ou falsifié. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la minorité de M. A, lors de son placement auprès des services de l'aide sociale à l'enfance, n'a pas été remise en cause par l'autorité judiciaire ou par les services du conseil départemental de Saône-et-Loire. Dans ces conditions, c'est à tort que le préfet des Ardennes a estimé que M. A ne justifiait pas de son état civil et en particulier de son âge et a opposé ce motif pour rejeter la demande de titre de séjour.

12. En second lieu, d'une part, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet des Ardennes s'est fondé, pour refuser le titre de séjour sollicité, sur les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables aux étrangers confiés à l'aide sociale à l'enfance au plus tard à l'âge de seize ans. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point précédent, M. A, qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre seize et dix-huit ans, n'entrait pas dans le champ de ces dispositions. Par suite, le préfet des Ardennes a méconnu le champ d'application de la loi en se fondant sur les dispositions de l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile .

13. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 5 septembre 2022 par laquelle le préfet des Ardennes a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Eu égard au motif d'annulation retenu et en tout état de cause, le présent jugement n'implique pas la délivrance à M. A d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En revanche et sous réserve que M. A, qui est désormais titulaire d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, confirme sa demande de titre de séjour portant la mention " salarié ", le présent jugement implique seulement que le préfet des Ardennes réexamine la situation de l'intéressé au regard de son droit au séjour en cette qualité. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet des Ardennes de réexaminer la situation de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que l'intéressé confirme sa demande de titre de séjour en qualité de salarié.

Sur les frais de l'instance :

15. D'une part, M. A n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocate de M. A n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'elle aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 présentées au nom de M. A doivent être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 septembre 2022 en tant que le préfet des Ardennes lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Article 2 : L'arrêté du préfet des Ardennes du 5 septembre 2022 en tant qu'il porte refus de titre de séjour est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet des Ardennes de réexaminer la situation de M. A, sous réserve que ce dernier confirme sa demande de titre de séjour en qualité de salarié, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Julie Segaud-Martin et au préfet des Ardennes.

Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

Mme Castellani, première conseillère,

M. Gauthier-Ameil, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.

Le rapporteur,

Signé

F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,

Signé

A-S MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

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