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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202443

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202443

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202443
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELAS CABINET DEVARENNE ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2022, M. A D, représentée par Me Jacquin, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision par laquelle le maire de la commune de Saint-Jean-sur-Moivre a rejeté implicitement sa demande du 16 février 2022 tendant à supprimer ou déplacer le skate-park ainsi que le panier de basket-ball situés à proximité de son habitation et de l'indemniser des préjudices liés aux nuisances sonores occasionnées par cet ouvrage public ;

2°) de condamner la commune de Saint-Jean-sur-Moivre à lui verser la somme de 500 euros par mois, à compter du mois de juillet 2019, à l'exception de la période allant de mars 2020 à janvier 2021 correspondant à la crise sanitaire, en réparation du trouble de jouissance qu'elle soutient avoir subi, assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 février 2022, date de la demande indemnitaire préalable ;

3°) de condamner la commune de Saint-Jean-sur-Moivre à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle soutient avoir subi, assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 février 2022, date de la demande préalable indemnitaire ;

4°) d'enjoindre la commune de Saint-Jean-sur-Moivre, à procéder à la suppression ou au déplacement du skate-park et du panier de basket-ball, et dans cette attente, de procéder à la fermeture des ouvrages précités, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-sur-Moivre la somme de 4 223, 80 euros au titre des frais d'expertise ;

6°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-sur-Moivre, le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune de Saint-Jean-sur-Moivre, en sa qualité de maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des nuisances sonores que l'installation du skate-park et du panier de basket-ball sur l'aire de jeux jouxtant sa maison d'habitation, ont pu lui causer tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement ;

- elle subit un trouble de jouissance anormal et spécial, du fait de l'exposition à ces nuisances sonores, ainsi qu'un préjudice moral.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2022, la commune de Saint-Jean-sur-Moivre représentée par la SELAS Devarenne associés Gand-Est conclut au rejet de la requête, à ce que l'expertise soit écartée des débats, et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante le versement de la somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

Elle soutient que :

- les conclusions indemnitaires relatives à l'indemnisation du trouble de jouissance, ne figuraient pas dans la demande indemnitaire préalable du 16 juillet 2022 et sont irrecevables ;

- l'expertise a méconnu le principe du contradictoire dès lors que la commune, postérieurement à la réunion préparatoire du 25 février 2020, n'a pas été mise à même par l'expert d'assister au déroulement des opérations d'expertise ; l'expert n'a pas informé la commune des résultats de l'expertise ;

- Mme D ne peut se prévaloir de ces nuisances sonores dès lors qu'elle a fait l'acquisition de sa maison d'habitation le 20 mars 2013, en sachant que celle-ci se situait déjà dans une parcelle à usage d'aire de jeux communale ; en tout état de cause, les nouveaux aménagements sur cette aire de jeux créés en 2019 sont particulièrement modestes ;

- le maire a pris un arrêté le 17 juin 2021 réglementant l'utilisation quotidienne de l'aire de jeux uniquement entre 10h00 à 12h00 et 14h00 à 19h30 ; cette aire de jeux n'est pas fréquentée lorsque les enfants sont à l'école ou par période de mauvais temps ;

- la commune a consulté cinq habitants dans le voisinage qui ont confirmé que l'aire de jeux ne génère aucun trouble anormal du voisinage ;

Par un mémoire, enregistré le 29 novembre 2023, Mme D conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et ajoute que ses conclusions indemnitaires relatives au trouble de jouissance, sont recevables et que le rapport d'expertise ayant été soumis au contradictoire, il peut, en tout état de cause, être retenu comme élément d'information.

Par ordonnance en date du 30 octobre 2023, l'instruction a été clôturée au 30 novembre 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- l'ordonnance du 7 février 2022 du Président du tribunal liquidant et taxant les frais d'expertise à la somme de 4 223, 80 euros.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Soistier, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique,

- les observations de Me Beaufreton, représentant Mme E,

- les observations de Mme F, représentant la commune de Saint-Jean-sur-Moivre.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D a fait l'acquisition d'une maison d'habitation en 2013 dans la commune de Saint-Jean-sur-Moivre. Cette maison d'habitation est située à dix mètres d'une aire de jeux communale. En 2019, des aménagements sur cette aire de jeux, comprenant notamment la création d'un skate-park et un panier de basket-ball, ont été réalisés par la commune. Par une demande indemnitaire préalable du 16 février 2022, l'intéressée a sollicité l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis à raison de la présence de cette aire de jeux. Le silence gardé par l'administration a fait naitre une décision implicite de rejet.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet de la réclamation préalable indemnitaire :

2. La décision par laquelle la commune de Saint-Jean-sur-Moivre a implicitement rejeté la réclamation indemnitaire de Mme D a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de la demande de l'intéressée, qui en formulant les conclusions sus-analysées, a donné à l'ensemble de la requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir la somme qu'elle réclame, les conclusions suscitées sont sans objet.

Sur la régularité de l'expertise :

3. Aux termes de l'article R.621-7 du code de justice administrative : " L'expert garantit le caractère contradictoire des opérations d'expertise. () "

4. Le respect du caractère contradictoire de la procédure d'expertise implique que les parties soient mises à même de discuter devant l'expert des éléments de nature à exercer une influence sur la réponse aux questions posées par la juridiction saisie du litige. Lorsqu'une expertise est entachée d'une méconnaissance de ce principe ou lorsqu'elle a été ordonnée dans le cadre d'un litige distinct, ses éléments peuvent néanmoins, s'ils sont soumis au débat contradictoire en cours d'instance, être régulièrement pris en compte par le juge, soit lorsqu'ils ont le caractère d'éléments de pur fait non contestés par les parties, soit à titre d'éléments d'information dès lors qu'ils sont corroborés par d'autres éléments du dossier.

5. La commune de Saint-Jean-sur-Moivre soutient que l'expert a méconnu le principe du contradictoire dès lors qu'elle n'a pas été mise à même par d'assister au déroulement des opérations d'expertise et que l'expert n'a pas pris soin de l'informer, des résultats qu'il a consignés afin de lui permettre de faire part de ses observations. Si, ce faisant, l'expert a méconnu le principe du contradictoire, il est constant que son rapport a été soumis au débat contradictoire des parties à l'occasion de la présente instance, alors que les constations de pur fait consignées par l'expert, ne sont pas contestées par la commune. Par suite, les conclusions de la commune tendant à ce que l'expertise soit écartée des débats, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir soulevée en défense :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Il résulte des articles L. 112-3 et suivants du code des relations entre le public et l'administration que toute demande adressée à l'administration doit faire l'objet d'un accusé de réception mentionnant notamment les voies et délais de recours.

7. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation.

8. Il résulte de l'instruction que la demande indemnitaire préalable initialement adressée le 16 février 2022 à la commune de Saint-Jean-sur-Moivre ne comprenait pas de conclusions indemnitaires tendant à ce que soit versée à la requérante la somme 500 euros par mois à partir de juillet 2019, en réparation d'un trouble de jouissance. Toutefois, dès lors qu'aucun accusé de réception mentionnant les voies et délais de recours ouverts à l'encontre de la décision implicite de rejet de la demande indemnitaire préalable, n'a été adressé à la requérante, celle-ci pouvait dans sa requête introductive d'instance, les délais de recours n'ayant pas couru, se prévaloir d'un préjudice de jouissance qui s'il n'était pas invoqué dans sa réclamation préalable, se rattache au même fait générateur de celui invoqué dans ladite réclamation. Par suite, la commune n'est pas fondée à soutenir que les conclusions précitées de la requête seraient irrecevables.

En ce qui concerne la responsabilité de la commune :

9. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Pour obtenir réparation des dommages qu'elle a subis, la victime doit démontrer, d'une part, la réalité de ses préjudices et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage, lequel doit présenter un caractère anormal et spécial. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse sur elle, il incombe au maître d'ouvrage d'établir que ces dommages résultent de la faute de la victime ou de l'existence d'un événement de force majeure.

10. Il résulte de l'instruction qu'au mois de juillet 2019, un parc de skate-board et un panier de basket-ball ont été installés par la commune de Saint-Jean-sur-Moivre, sur l'aire de jeux jouxtant la propriété de Mme D. Il ressort des conclusions de l'expertise rendue le 5 octobre 2021, que des résonnances et des vibrations émanent notamment de l'utilisation du skate-park par les usagers, lesquelles sont qualifiées par l'expert de " bruits excessifs difficilement supportables compte tenu de leur durée d'apparition et leur fréquence ", et présentant une émergence 8 à 14,5 db sur la période ayant fait l'objet de l'expertise, à savoir 10 décibels le mercredi après-midi, 8 décibels le jeudi matin, 10 décibels le vendredi midi et 14.5 décibels l'après-midi et enfin, 12 décibels le samedi après-midi. L'importance des bruits générés par l'usage de l'ouvrage public en litige présentent au regard de la situation de l'habitation de l'intéressée un caractère anormal. Si la commune produit des attestations d'autres habitants relevant l'absence de nuisances résultant de l'usage de l'aire de jeux, il résulte de l'instruction que les signataires de ces attestations habitent à distance de l'ouvrage public en cause et perçoivent de ce faits les bruits émanant de son usage de manière atténuée. Il résulte également de l'instruction que Mme D est la seule habitante dont la maison d'habitation se situe à proximité immédiate de l'ouvrage en litige. Par suite le préjudice qu'elle allègue subir est spécial.

11. En premier lieu, eu égard au principe d'engagement de la responsabilité invoqué par la requérante, la commune ne peut utilement faire valoir que son maire a réglementé, pas un arrêté municipal, l'usage de l'aire de jeux. En second lieu, dès lors que l'installation du skate Park et du panneau de basket est intervenue après l'acquisition de sa maison par Mme D, et que ces nouveaux équipements sont à l'origine des nuisances subis par l'intéressée, la circonstance que l'aire de jeux préexistait à cette acquisition ne permet pas d'exonérer la commune de sa responsabilité.

12. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'engager la responsabilité sans faute de la commune de Saint-Jean-sur-Moivre, du fait des dommages permanents causés par l'aire de jeux communale.

Sur les préjudices :

13. Il résulte de l'instruction que Mme D établit avoir subi des nuisances sonores importantes et continues durant les périodes allant du mois de juillet 2019 à mars 2020 puis du mois de janvier 2021 jusqu'au jour du présent jugement, lesquelles ont causé une dégradation de son environnement immédiat et l'ont empêché de jouir paisiblement de sa propriété. Mme D a, dans ces conditions, subi un préjudice moral ainsi que des troubles de jouissance. Il sera fait une juste appréciation de ces préjudices en les évaluant à la somme globale de 15 000 euros, intérêts compris.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Lorsque le juge administratif condamne une personne publique responsable de dommages qui trouvent leur origine dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures. Pour apprécier si la personne publique commet, par son abstention, une faute, il lui incombe, en prenant en compte l'ensemble des circonstances de fait à la date de sa décision de vérifier d'abord si la persistance du dommage trouve son origine non dans la seule réalisation de travaux ou la seule existence d'un ouvrage, mais dans l'exécution défectueuse des travaux ou dans un défaut ou un fonctionnement anormal de l'ouvrage et, si tel est le cas, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général, qui peut tenir au coût manifestement disproportionné des mesures à prendre par rapport au préjudice subi, ou aucun droit de tiers ne justifie l'abstention de la personne publique. En l'absence de toute abstention fautive de la personne publique, le juge ne peut faire droit à une demande d'injonction, mais il peut décider que l'administration aura le choix entre le versement d'une indemnité dont il fixe le montant et la réalisation de mesures dont il définit la nature et les délais d'exécution.

15. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les dommages subis par la requérante, qui trouvent leur origine dans les nuisances sonores occasionnées par l'installation d'un skate-park et d'un panier de basket-ball sur l'aire de jeux jouxtant sa maison d'habitation résultent de l'usage même de l'ouvrage et ne trouvent pas leur origine dans une faute de la commune. Par suite, il y a lieu de décider, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, que la commune de Saint-Jean-sur-Moivre aura le choix entre le versement à Mme D d'une indemnité dont le montant doit être fixé à 10 000 euros, et la réglementation de l'usage de l'ouvrage dans des conditions telles que ledit usage n'excède pas les inconvénients que doivent normalement supporter les riverains des ouvrages publics, ou toutes autres solutions équivalentes. Il est laissé un délai de six mois, à compter de la notification du présent jugement, pour que la commune exécute cette injonction.

Sur les dépens :

16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".

17. Les frais et honoraires de M. C B, expert, liquidés et taxés à la somme totale de 4 223,80 euros toutes taxes comprises, sont mis à la charge de la commune de Saint-Jean-sur-Moivre.

Sur les frais liés au litige :

18. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-sur-Moivre une somme de 1 500 euros à verser à Mme D, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche les mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme D, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la commune demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions d'annulation présentées par Mme D.

Article 2 : La commune de Saint-Jean-sur-Moivre est condamnée à verser à Mme D, la somme de 15 000 euros, en réparation de son entier préjudice.

Article 3 : La commune de Saint-Jean-sur-Moivre est condamnée à verser la somme de 10 000 euros à Mme D ou à réglementer l'usage de l'ouvrage en litige dans des conditions telles que ledit usage n'excède pas les inconvénients que doivent normalement supporter les riverains des ouvrages publics, ou toutes autres solutions équivalentes, dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Les frais de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 4 223,80 euros toutes taxes comprises, sont mis à la charge définitive de la commune de Saint-Jean-sur-Moivre.

Article 5 : La commune de Saint-Jean-sur-Moivre, versera à Mme D la somme de 1 500 euros au titre de dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Les conclusions de la commune de Saint-Jean-sur-Moivre, au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, et à la commune de Saint-Jean-sur-Moivre.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024 à laquelle siégeaient :

M. Nizet, président,

M. Soistier, premier conseiller,

M. Alvarez, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

Le rapporteur,

M. SOISTIERLe président,

O. NIZET

La greffière,

I. DELABORDE

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