jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP ANCELET DOUCHIN ELIE SAUDUBRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 27 octobre 2022, le 5 novembre 2022, le 12 février 2023 et le 15 février 2023, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer un récépissé de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'un défaut de base légale dès lors que l'administration n'a pas examiné sa demande au regard de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- il remplit les conditions prévues par la circulaire du 28 novembre 2012 pour obtenir la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'un enfant scolarisé ;
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait ;
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, la préfète de l'Aube, représentée par Me Ancelet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mach, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1963, déclare être entré en France en août 2016 sous couvert d'un visa de court séjour. L'intéressé a sollicité le 6 juillet 2022 son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 19 septembre 2022, dont M. B demande l'annulation, la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, M. B ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour l'exercice de ce pouvoir. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux de sa demande, du défaut de base légale et de ce qu'il remplit l'ensemble des conditions définies par cette circulaire doivent être écartés comme inopérants.
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Marne, qui a examiné la demande de titre de séjour au regard des stipulations des articles 6-5 et 7b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et dans le cadre de son pouvoir de régularisation, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation individuelle de M. B avant de prendre l'arrêté contesté.
4. Le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté est entaché d'erreurs de fait n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit, par suite, être écarté.
5. M. B, qui déclare être entré en France en août 2016 sous couvert d'un visa de court séjour, ne justifie de sa présence en France qu'à compter de novembre 2017 et peut se prévaloir d'une durée de moins de cinq ans à la date de l'arrêté contesté. M. B est père de quatre enfants nés d'une précédente union avec une ressortissante algérienne dont il est divorcé. Si le requérant se prévaut de la présence en France d'une sœur de nationalité française, de son ex-épouse ainsi que de deux de leurs enfants dont l'un mineur est scolarisé en institut médico-éducatif, il ressort des pièces du dossier que son ex-épouse ne bénéficie d'aucun droit au séjour sur le territoire français et que le titre de séjour dont disposait son fils majeur a expiré en 2018. Si le requérant justifie de la scolarisation de son fils mineur, il est constant que ce dernier réside à Bobigny avec sa mère. Au surplus, l'intéressé n'est pas isolé dans son pays d'origine où résident son épouse, avec laquelle il est marié depuis 2007, ses deux autres enfants majeurs ainsi que quatre de ses sœurs et où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 53 ans. Si M. B invoque son insertion professionnelle manifestée par ses revenus mensuels ainsi que par une promesse d'embauche en date du 1er juillet 2022 en qualité d'architecte, il ne justifie pas de la réalité et de la régularité de son activité professionnelle. Dans ces conditions, et eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour, le préfet de la Marne n'a pas entaché son arrêté d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme demandée par l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Aube.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Mach, présidente,
- Mme Castellani, première conseillère,
- M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
A-C CASTELLANILa présidente-rapporteure,
Signé
A-S MACH
Le greffier,
Signé
E. MOREUL
No 2202545
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026