LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202585

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202585

vendredi 26 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202585
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 octobre 2022 et 30 mai 2023 sous le numéro 2202585, l'EARL Étienne Doué, représentée par la SELARL Fossier Nourdin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 juin 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge les contributions spéciale et forfaitaire prévues par les articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la décision du 31 août 2022 mettant à sa charge la somme de 36 500 euros s'agissant de la contribution spéciale et la somme de 7 230 euros s'agissant de la contribution forfaitaire ;

2°) de prononcer la décharge de la somme totale de 43 730 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées ont été édictées à l'issue d'une procédure irrégulière car elle n'a pas été informée de son droit à être assistée ou représentée par un avocat au cours de la procédure ;

- les décisions attaquées ont été édictées à l'issue d'une procédure irrégulière car elle n'a pas été informée de son droit à obtenir la communication du procès-verbal d'infraction sur la base duquel la sanction en litige a été édictée ;

- la sanction qui lui a été infligée est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 5 janvier 2024 par une ordonnance du 30 novembre 2023.

II°) Par une requête enregistrée le 3 avril 2023 sous le numéro 2300730, l'EARL Étienne Doué, représentée par la SELARL Fossier Nourdin, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception du 10 juin 2022 d'un montant de 7 230 euros correspondant à la somme mise à sa charge par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) au titre de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) d'annuler le titre de perception du 10 juin 2022 d'un montant de 91 250 euros correspondant à la somme mise à sa charge par le directeur général de l'OFII au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail ;

3°) de la décharger de l'obligation de payer les sommes correspondantes ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre de perception d'un montant de 91 250 euros est illégal car la décision du directeur de l'OFII mettant à sa charge la somme correspondante a été retirée le 31 août 2022 ;

- les titres de perceptions en litige ne sont pas signés ;

- les titres de perceptions en litige sont illégaux du fait de l'illégalité des décisions du 7 juin et 31 août 2022 qui en constituent le fondement car :

o ces décisions ont été édictées à l'issue d'une procédure irrégulière car elle n'a pas été informée de son droit à être assistée ou représentée par un avocat au cours de la procédure ;

o ces décisions ont été édictées à l'issue d'une procédure irrégulière car elle n'a pas été informée de son droit à obtenir la communication du procès-verbal d'infraction sur la base duquel la sanction en litige a été édictée ;

o ces décisions lui ont infligé une sanction disproportionnée.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), à qui la requête a été communiquée, n'a produit aucun mémoire en défense.

La clôture de l'instruction a été fixée au 1er mars 2024 par une ordonnance du 1er février 2024

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Henriot,

- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes visées précédemment sont relatives à la contestation d'une amende mise à la charge de l'EARL Étienne Doué ainsi qu'à la contestation du titre de perception relatif à cette même amende et ces requêtes ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. L'EARL Étienne Doué, qui a pour activité la gestion d'une exploitation agricole, a fait l'objet, le 16 septembre 2021 d'un contrôle des forces de gendarmerie dans le cadre de la lutte contre le travail dissimulé. Par une décision du 7 juin 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), considérant que ce contrôle avait révélé la présence de cinq salariés étrangers dépourvus d'autorisation de travail et de titre de séjour, a mis à la charge de l'EARL Étienne Doué la somme de 91 250 euros au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail ainsi que la somme de 7 230 euros au titre de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un courrier en date du 25 juillet 2022, l'EARL Étienne Doué a exercé un recours gracieux contre cette décision. Par une décision du 31 août 2022, le directeur de l'OFII à partiellement fait droit à ce recours en ramenant le montant de la contribution forfaitaire spéciale précitée à la somme de 36 500 euros, en considération du fait que le travail des salariés en cause avait été déclaré. En outre, le 10 juin 2022, deux titres de perception ont été émis à l'encontre de l'EARL Étienne Doué, l'un d'un montant de 7 230 euros et le second

d'un montant de 91 250 euros, sommes correspondant à celles mises à la charge de l'EARL par

la décision précitée du 7 juin 2022. Par un courrier notifié le 3 août 2022, l'EARL Étienne Doué a contesté les titres de perception du 10 juin 2022. Le comptable public ayant indiqué avoir reçu cette contestation le 9 août 2022, celle-ci a été implicitement rejetée le 9 février 2023. L'EARL Étienne Doué demande au tribunal d'annuler les décisions des 7 juin et 31 août 2022 ainsi que les titres de perception du 10 juin 2022 et de la décharger des contributions mises à sa charge.

Sur les décisions des 7 juin et 31 août 2022 :

3. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat () ". Aux termes de l'article L. 8271-17 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Outre les agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés à l'article L. 8112-1, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger non autorisé à travailler ()". Aux termes de l'article R. 8253-3 du même code : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 8253-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours ". Enfin, l'article R. 8253-4 de ce code dispose : " A l'expiration du délai fixé, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide, au vu des observations éventuelles de l'employeur, de l'application de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1, la liquide et émet le titre de perception correspondant. ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. / Le montant total des sanctions pécuniaires prévues, pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler, au premier alinéa du présent article et à l'article L. 8253-1 du code du travail ne peut excéder le montant des sanctions pénales prévues par les articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 du code du travail ou, si l'employeur entre dans le champ d'application de ces articles, le montant des sanctions pénales prévues par le chapitre II du présent titre. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution. () ". Selon l'article R. 822-5 du même code : " A l'expiration du délai de quinze jours fixé à l'article R. 822-4, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide, au vu des observations éventuelles de l'employeur, de l'application de la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 822-2. Le ministre chargé de l'immigration est l'autorité compétente pour la liquider et émettre le titre de perception correspondant. () ".

5. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions précitées, ou en décharger l'employeur.

En ce qui concerne la régularité des décisions en litige :

6. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les mesures mentionnées à l'article L. 121-1 à caractère de sanction ne peuvent intervenir qu'après que la personne en cause a été informée des griefs formulés à son encontre et a été mise à même de demander la communication du dossier la concernant. "

7. Si ni les articles L. 8253-1 et suivants du code du travail, ni l'article L. 8271-17 du même code ne prévoient expressément que le procès-verbal constatant l'infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler en France, et fondant le versement de la contribution spéciale, soit communiqué au contrevenant, le respect du principe général des droits de la défense suppose, s'agissant des mesures à caractère de sanction, ainsi d'ailleurs que le précise désormais l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration, que la personne en cause soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et mise à même de demander la communication des pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus.

8. Il résulte de l'instruction que le courrier du 22 mars 2022 par lequel l'EARL Étienne Doué a été invitée à présenter ses observations préalablement à l'édiction des sanctions en litige ne l'informait pas de son droit de demander la communication du procès-verbal constatant l'infraction en cause. De plus, une telle information ne pouvant être déduite de ce que ce courrier indiquait que, si l'EARL requérante avait adressé une demande de communication du procès-verbal, le délai de 15 jours dont elle disposait pour présenter ses informations commencerait à courir à compter de la réception de ce document. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions en litige auraient été édictées à l'issue d'une procédure irrégulière du fait de l'absence d'information sur le droit de demander la communication du procès-verbal doit être accueilli.

En ce qui concerne le bien-fondé des contributions mises à la charge de l'EARL Étienne Doué :

9. Aux termes des dispositions de l'article L. 5221-8 du code du travail : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1. ".

10. Il résulte de l'instruction que l'EARL Étienne Doué ne conteste pas la matérialité et la qualification des faits ayant motivé l'édiction de la sanction en litige à son encontre. Elle soutient que cette sanction est disproportionnée car le directeur de l'OFII n'aurait pas tenu compte de son attitude, en particulier du fait qu'elle était de bonne foi et que sa gérante, qui succédait depuis peu à son père, décédé subitement, ignorait l'obligation qui incombe à l'employeur en application des dispositions de l'article L. 5221-8 du code du travail. Néanmoins, un employeur ne saurait se prévaloir de son ignorance des règles qui lui sont applicables pour justifier ou excuser le fait d'avoir méconnu ses obligations, a fortiori lorsqu'il s'agit d'un professionnel. De plus, l'EARL requérante soutient qu'il n'a pas été tenu compte de ce qu'elle n'avait pas employé les cinq salariés étrangers dépourvus d'autorisation de travail de manière dissimulée. Néanmoins, il résulte de l'instruction que par une décision du 31 août 2022, le directeur de l'OFII à partiellement fait droit au recours gracieux de l'EARL requérante en ramenant le montant de la contribution forfaitaire spéciale précitée à la somme de 36 500 euros, en considération du fait que le travail des salariés en cause avait été déclaré. Enfin, si l'EARL Étienne Doué soutient que l'amende en litige engendrerait pour elle des difficultés économiques, elle ne produit aucun élément permettant d'apprécier sa situation financière. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait disproportionnée doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que les décisions des 7 juin 2022 et 31 août 2022 du directeur de l'OFII doivent être annulées.

Sur les titres de perception du 10 juin 2022 :

12. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque, comme en l'espèce, le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre ; statuant ainsi, sa décision écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.

13. L'annulation des décisions des 7 juin 2022 et 31 août 2022 du directeur de l'OFII entraîne nécessairement celle des titres de perception d'un montant de 7 230 euros et 91 250 euros du 10 juin 2022, ces décisions constituant le fondement de ces titres. Néanmoins, les décisions précitées devant être annulées pour un motif de régularité et le moyen mettant en cause le bien-fondé des amendes mises à la charge de l'EARL Étienne Doué devant être écarté, pour les motifs exposés au point 10, aucun moyen n'est de nature à justifier le prononcé de la décharge des sommes en litige.

Sur les frais liés au litige :

14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de l'EARL Étienne Doué formulée au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Les décisions des 7 juin 2022 et 31 août 2022 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sont annulées.

Article 2 : Les titres de perceptions du 10 juin 2022 sont annulés.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'EARL Étienne Doué et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

Mme Alibert, première conseillère,

M. Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.

Le rapporteur,

signé

J. HENRIOTLe président,

signé

A. DESCHAMPS

Le greffier,

signé

A. PICOT

N°s 2202585, 2300730

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions