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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202590

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202590

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202590
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP SENSEI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2202590 le 2 novembre 2022, la société anonyme Blanchisserie du cygne, représentée par Me André, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle le directeur général de l'établissement public foncier de Grand Est (EPFGE) a exercé le droit de préemption urbain sur le bien situé 27 rue des Bas Trévois à Troyes ;

2°) de mettre à la charge de l'EPFGE une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la délibération du 22 juin 2001 par laquelle le conseil municipal de Troyes a institué le droit de préemption urbain renforcé, sur le fondement duquel la décision en litige a été prise, est dépourvue de caractère exécutoire faute d'affichage en mairie et de publication dans deux journaux locaux en application de l'article R. 211-2 du code de l'urbanisme ;

- la délibération du 16 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de Troyes a délégué le droit de préemption urbain à l'EPFGE est dépourvue de caractère exécutoire faute d'affichage et de transmission au préfet en application de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales ;

- la délibération par laquelle le conseil d'administration de l'EPFGE a délégué le droit de préemption urbain à son directeur général est dépourvue de caractère exécutoire faute de publication et d'affichage dans les conditions prévues à l'article R. 321-12 du code de l'urbanisme ;

- la décision de préemption a été transmise tardivement au préfet compétent dès lors que l'existence d'une convention de portage foncier n'est pas établie et doit dès lors être regardée comme ayant été prise après l'expiration du délai de deux mois prévu à l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme ;

- les documents qui ont fait l'objet de la demande unique de communication par le titulaire du droit de préemption ne sont pas de la nature de ceux dont la demande permet de suspendre le délai durant lequel la décision de préemption doit être exercée en application de l'article R. 213-7 du code de l'urbanisme ;

- la décision de préemption est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle ne précise pas la nature du projet envisagé ;

- la réalité du projet n'est pas établie ;

- le projet ne répond pas à un intérêt général suffisant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, l'Etablissement public foncier de Grand Est, représenté par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société Blanchisserie du cygne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que le représentant légal de la société Blanchisserie du cygne était habilité pour introduire cette requête ;

- les moyens soulevés par la société Blanchisserie du cygne ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la commune de Troyes et à la société ETPE Promotion, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 16 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 18 mars 2024.

II. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2202591 le 2 novembre 2022, la société civile immobilière JEP Trévois, représentée par Me André, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle le directeur général de l'établissement public foncier de Grand Est (EPFGE) a exercé le droit de préemption urbain sur les biens situés 29 rue des Bas Trévois à Troyes ;

2°) de mettre à la charge de l'EPFGE une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la délibération du 22 juin 2001 par laquelle le conseil municipal de Troyes a institué le droit de préemption urbain renforcé, sur le fondement duquel la décision en litige a été prise, est dépourvue de caractère exécutoire faute d'affichage en mairie et de publication dans deux journaux locaux en application de l'article R. 211-2 du code de l'urbanisme ;

- la délibération du 16 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de Troyes a délégué le droit de préemption urbain à l'EPFGE est dépourvue de caractère exécutoire faute d'affichage et de transmission au préfet en application de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales ;

- la délibération par laquelle le conseil d'administration de l'EPFGE a délégué le droit de préemption urbain à son directeur général est dépourvue de caractère exécutoire faute de publication et d'affichage dans les conditions prévues à l'article R. 321-12 du code de l'urbanisme ;

- la décision de préemption a été transmise tardivement au préfet compétent, dès lors que l'existence d'une convention de portage foncier n'est pas établie et doit dès lors être regardée comme ayant été prise après l'expiration du délai de deux mois prévu à l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme ;

- les documents qui ont fait l'objet de la demande unique de communication par le titulaire du droit de préemption ne sont pas de la nature de ceux dont la demande permet de suspendre le délai durant lequel la décision de préemption doit être exercée en application de l'article R. 213-7 du code de l'urbanisme ;

- la décision de préemption est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle ne précise pas la nature du projet envisagé ;

- la réalité du projet n'est pas établie ;

- le projet ne répond pas à un intérêt général suffisant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, l'Etablissement public foncier de Grand Est, représenté par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société JEP Trévois au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que le représentant légal de la société JEP Trévois était habilité pour introduire cette requête ;

- les moyens soulevés par la société JEP Trévois ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la commune de Troyes et à la société ETPE Promotion, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 16 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 18 mars 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code civil ;

- le code du commerce ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rifflard, conseiller,

- les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique,

- et les observations de Me Santangelo, représentant l'EPFGE.

Des notes en délibéré, présentées pour l'Etablissement public foncier de Grand Est, ont été enregistrées le 24 mai 2024.

Considérant ce qui suit :

1. La société Blanchisserie du cygne est propriétaire d'un bien situé 27 rue des Bas Trévois à Troyes, sur la parcelle cadastrale CE n° 249. La société JEP Trévois est propriétaire de biens situés 29 rue des Bas Trévois à Troyes, sur les parcelles cadastrales CE n°72, CE n° 75, CE n° 76 et CE n° 248. Une déclaration d'intention d'aliéner ces biens par la société ETPE Promotion a été déposée et enregistrée le 14 juin 2022 pour chacune des sociétés. Par deux décisions du 20 septembre 2022, notifiées le 21 septembre suivant, le directeur général de l'Etablissement public foncier de Grand Est a exercé le droit de préemption urbain sur ces biens. Par leurs requêtes, la société Blanchisserie du cygne et la société JEP Trévois demandent au tribunal l'annulation de ces décisions de préemption pour les biens les concernant.

Sur la jonction :

2. Les dossiers enregistrés sous les numéros 2202590 et 2202591 présentent à juger des questions communes et ont donné lieu à une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur les fins de non-recevoir opposées par l'Etablissement public foncier de Grand Est :

3. Les mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative ont qualité, devant les tribunaux administratifs, pour représenter les parties et signer en leur nom les requêtes et les mémoires sans avoir à justifier du mandat par lequel ils ont été saisis par leur client. La présentation d'une action par un de ces mandataires ne dispense pas le tribunal administratif de s'assurer, le cas échéant, lorsque la partie en cause est une personne morale, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour engager cette action. Une telle vérification n'est toutefois pas normalement nécessaire lorsque la personne morale requérante est dotée, par des dispositions législatives ou réglementaires, de représentants légaux ayant de plein droit qualité pour agir en justice en son nom.

4. D'une part, aux termes de l'article L. 225-51-1 du code du commerce : " La direction générale de la société est assumée, sous sa responsabilité, soit par le président du conseil d'administration, soit par une autre personne physique nommée par le conseil d'administration et portant le titre de directeur général. / Dans les conditions définies par les statuts, le conseil d'administration choisit entre les deux modalités d'exercice de la direction générale visées au premier alinéa. Les actionnaires et les tiers sont informés de ce choix dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Lorsque la direction générale de la société est assumée par le président du conseil d'administration, les dispositions de la présente sous-section relatives au directeur général lui sont applicables ". Aux termes de l'article L. 225-56 du même code : " I. - Le directeur général est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société. Il exerce ces pouvoirs dans la limite de l'objet social et sous réserve de ceux que la loi attribue expressément aux assemblées d'actionnaires et au conseil d'administration. / Il représente la société dans ses rapports avec les tiers. La société est engagée même par les actes du directeur général qui ne relèvent pas de l'objet social, à moins qu'elle ne prouve que le tiers savait que l'acte dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait l'ignorer compte tenu des circonstances, étant exclu que la seule publication des statuts suffise à constituer cette preuve. / Les dispositions des statuts ou les décisions du conseil d'administration limitant les pouvoirs du directeur général sont inopposables aux tiers. / II. - En accord avec le directeur général, le conseil d'administration détermine l'étendue et la durée des pouvoirs conférés aux directeurs généraux délégués. / Les directeurs généraux délégués disposent, à l'égard des tiers, des mêmes pouvoirs que le directeur général ".

5. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 225-51-1 et L. 225-56 du code de commerce applicables aux sociétés anonymes, en vertu desquelles le directeur général, ou lorsque la direction générale de la société est assumée par le président du conseil d'administration, le président-directeur général, ainsi que les directeurs généraux délégués, sont investis des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société et représentent la société dans ses rapports avec les tiers, que ces personnes ont de plein droit qualité pour agir en justice au nom de la société.

6. La requête présentée pour la société anonyme Blanchisserie du cygne a été signée par un avocat mandaté par celle-ci, laquelle est représentée par ses représentants légaux domiciliés en cette qualité au siège de la société. Si l'EPFGE fait valoir que cette société ne produit aucun justificatif permettant de démontrer que son représentant légal aurait été habilité à ester en justice et à introduire cette requête, il résulte des dispositions précitées que de tels représentants légaux ont de plein droit qualité pour exercer une telle action en justice. Par suite, cette fin de non-recevoir doit être écartée comme non fondée.

7. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article 1849 du code civil : " Dans les rapports avec les tiers, le gérant engage la société par les actes entrant dans l'objet social ". Il résulte de ces dispositions que le gérant d'une société civile immobilière tient normalement de ses fonctions le droit d'agir en justice, sans avoir à justifier de sa qualité pour agir.

8. La requête présentée pour la société civile immobilière JEP Trévois a été signée par un avocat mandaté par celle-ci, laquelle est représentée par ses représentants légaux domiciliés en cette qualité au siège de la société. Si l'EPFGE fait valoir que cette société ne produit aucun justificatif permettant de démontrer que son représentant légal aurait été habilité à ester en justice et à introduire cette requête, il résulte des dispositions précitées que de tels représentants légaux ont de plein droit qualité pour exercer une telle action en justice. Par suite, cette fin de non-recevoir doit être écartée comme non fondée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

9. Aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. / () Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé () ". Selon le premier alinéa de l'article L. 300-1 du même code, dans sa rédaction applicable aux litiges : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser la mutation, le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le renouvellement urbain, de sauvegarder ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels, notamment en recherchant l'optimisation de l'utilisation des espaces urbanisés et à urbaniser ".

10. Il résulte de ces dispositions que les collectivités titulaires du droit de préemption peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption.

11. Les deux décisions du 20 septembre 2022 en litige, par lesquelles le directeur général de l'EPFGE a décidé d'exercer son droit de préemption sur les parcelles en cause, mentionnent une convention de projet conclue entre la communauté d'agglomération Troyes Champagne Métropole et l'EPFGE le 25 janvier 2022 ayant pour double objet la réalisation d'études techniques et la réalisation des projets d'acquisitions foncières et le portage foncier des terrains nécessaires à la mise en œuvre du renouvellement urbain du quartier Jules Guesde sur le périmètre visé à l'annexe 1 de cette convention, ainsi que des études conduites par un atelier " La Fabrique des Quartiers " notamment son plan guide du 24 novembre 2010 ainsi qu'un rapport final n°4 du 25 mai 2011 intégrant les parcelles en cause dans les perspectives de renouvellement urbain ainsi que la convention pluriannuelle de renouvellement urbain cofinancée par l'ANRU dans le cadre du NPNRU de l'agglomération troyenne - Quartier Jules Guesde, en date du 29 juillet 2019, intégrant l'emprise des parcelles en cause dans les objectifs de renouvellement urbain, avec une destination orientée vers la création d'activités économiques. Les décisions litigieuses visent également l'orientation d'aménagement et de programmation n°2 du plan local d'urbanisme de la ville de Troyes qui identifie les biens objets de la déclaration d'intention d'aliéner comme faisant partie d'un " secteur en reconversion ". Enfin, la décision de préemption portant sur le bien de la société JEP Trévois ajoute qu'eu égard à l'activité de l'installation classée pour la protection de l'environnement précédemment exercée et aux rapports de l'inspection des installations classées et de la société EODD, il existe un risque manifeste d'impact sur l'environnement dû à cette activité dont la gestion devra nécessairement impliquer des travaux importants de gestion de pollution, outre la présence sur le site de matériaux amiantés.

12. Si l'EFGE peut, pour répondre aux exigences de motivation des décisions de préemption, se borner à faire état d'objectifs généraux et faire référence à des documents plus précis faisant apparaître la nature du projet, il est constant que les documents visés n'étaient pas joints aux décisions litigieuses, lesquelles ne précisent pas davantage la possibilité ou les modalités pour les consulter. S'il résulte des termes des décisions litigieuses que l'exercice du droit de préemption est motivé par une opération d'aménagement en vue du renouvellement urbain du quartier Jules Guesde, lequel a fait l'objet d'études depuis 2010 ayant identifié ces parcelles comme incluses dans le périmètre de cette opération, et que la destination de ces parcelles devrait être orientée vers la création d'activités économiques, après des travaux préalables de dépollution du site cédé par la société JEP Trévois, ces seuls éléments ne font, par eux-mêmes et alors qu'ils constituent la seule information mise à disposition des destinataires, état d'aucun projet d'action ou d'aménagement, même encore imprécis, devant être réalisé sur les parcelles préemptées au sens des dispositions précitées du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, la société Blanchisserie du cygne et la société JEP Trévois sont fondées à soutenir que ces décisions litigieuses ne sont pas suffisamment motivées concernant la nature du projet au titre duquel le droit de préemption est exercé.

13. Il résulte de ce qui précède que la société Blanchisserie du cygne et la société JEP Trévois sont fondées à demander l'annulation des décisions du 20 septembre 2022 par lesquelles le directeur général de l'EPFGE a exercé le droit de préemption sur les parcelles litigieuses. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen invoqué n'est susceptible, en l'état des dossiers, de fonder l'annulation des décisions contestées.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mises à la charge des sociétés Blanchisserie du cygne et JEP Trévois, qui ne sont pas les parties perdantes, les sommes que l'EPFGE demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'EPFGE une somme de 1 500 euros à verser respectivement à la société Blanchisserie du cygne et à la société JEP Trévois au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 20 septembre 2022 par lesquelles le directeur général de l'établissement public foncier de Grand Est a exercé le droit de préemption urbain sur les biens situés 27 et 29 rue des Bas Trévois à Troyes appartenant aux sociétés Blanchisserie du cygne et JEP Trévois, sont annulées.

Article 2 : L'établissement public foncier de Grand Est versera respectivement à la société Blanchisserie du cygne et à la société JEP Trévois une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de l'établissement public foncier de Grand Est présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Blanchisserie du cygne, à la société civile immobilière JEP Trévois, à l'établissement public foncier de Grand Est, à la commune de Troyes et à la société ETPE Promotion.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

M. Torrente, premier conseiller,

M. Rifflard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

R. RIFFLARDLa présidente,

Signé

A-S. MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

N°s 2202590,2202591

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