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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202737

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202737

vendredi 26 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202737
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCAT BARDECHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 novembre 2022 et 27 avril 2023, M. B A, représenté par Me Edberg, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n° BE 2022-297-004 du 24 octobre 2022 par lequel la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné en cas d'exécution contrainte ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive ;

- la préfète aurait dû saisir la commission du titre de séjour, préalablement à l'adoption de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour ;

- il répondait aux conditions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît également les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle a été adoptée en méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne ;

- il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement en vertu des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle ne détermine aucun pays de renvoi.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2023, la préfète de l'Aube, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un courrier du 10 février 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence territoriale de la préfète de l'Aube pour adopter l'arrêté en litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de de M. Maleyre, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 6 décembre 1979, serait entré régulièrement en France le 10 mai 2001. A compter du 5 juillet suivant et jusqu'au 9 février 2017, il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". A partir du 21 février suivant, il s'est vu délivrer une carte de séjour portant la mention " parent d'enfant français " renouvelée jusqu'au 9 février 2021. Le 15 février 2022, M. A a présenté une demande de carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 24 octobre 2022, la préfète de l'Aube a refusé d'y faire droit, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné en cas d'exécution contrainte. M. A en demande l'annulation au tribunal.

Sur la légalité de la décision refusant un titre de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle () au renouvellement () de la carte de séjour pluriannuelle () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire () peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ". Son article l'article L. 432-7 dispose : " L'étranger qui est père () d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an () ".

3. D'une part, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 432-7, qui visent à permettre aux parents d'enfants français mineurs de demeurer sur le territoire national pour pourvoir, dans de meilleures conditions, à leur éducation et à leur entretien, que lorsque la carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " est demandée par un étranger au motif qu'il est parent d'un enfant français, la délivrance de plein droit de ce titre est subordonnée à la condition, notamment, qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant depuis la naissance de celui-ci ou au moins depuis deux ans. Il appartient, dès lors, pour l'application de ces dispositions, à l'autorité administrative d'apprécier dans chaque cas sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, au vu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et des justifications produites, si le demandeur contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant.

4. D'autre part, l'autorité administrative ne peut opposer un refus à une demande de carte de séjour qu'au regard d'un motif d'ordre public suffisamment grave pour que ce refus ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du demandeur. Il appartient ainsi à cette autorité d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle et actuelle pour l'ordre public, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration. Lorsque l'administration oppose ce motif pour refuser de faire droit à une demande de délivrance ou de renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou retirer une carte de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.

5. Pour refuser un titre de séjour à M. A sur le fondement des dispositions précitées, la préfète de l'Aube s'est fondée sur le fait que sa présence constitue une menace à l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier que, depuis 2005, M. A a fait l'objet de six condamnations pénales. Si, en 2005, il s'agissait d'une conduite sans permis pour laquelle une amende de cent euros lui a été infligée, la fréquence et la gravité des faits dont il est l'auteur, particulièrement dans la période récente, ont été rapprochées et croissantes, puisqu'il a été condamné en 2018 à une amende de 500 euros pour abus de confiance, à une amende de 1 500 euros pour injure publique envers un corps constitué, un fonctionnaire, un dépositaire de l'autorité ou un citoyen en charge d'un service public par parole, écrit, image ou moyen de communication par voie électronique en 2020, en 2021, à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois de prison, dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits de blanchiment, après avoir été effectué une période de détention provisoire jusqu'au 18 janvier 2022 à l'issue de laquelle il a été soumis à un contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre dans le département de l'Yonne et, en 2022, a été mis en cause en raison de violences sur la personne de son épouse, faits qui lui ont d'ailleurs valu, le 6 décembre 2022, d'être condamné à dix-huit mois d'emprisonnement, dont six mois de sursis probatoire pendant deux ans avec incapacité totale de travail inférieure à huit jours avec deux circonstances aggravantes, assortie notamment de l'interdiction d'entrer en contact avec son épouse et deux de ses enfants, ainsi que de paraître tant dans le département de l'Yonne qu'à son domicile. Si cette condamnation est postérieure à la décision contestée, elle porte sur des faits commis antérieurement. Dans ces conditions, la préfète de l'Aube a pu, sans méconnaître les dispositions précitées, refuser de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire au motif qu'il représentait une menace pour l'ordre public.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an () / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces dernières stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

7. Certes, M. A réside en France depuis le 10 mai 2001, est marié depuis 2004 avec une compatriote titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 26 août 2022. Il espère de trois enfants français, et père d'un quatrième enfant français née le 21 avril 2021 issu d'une autre relation relation et ses parents ainsi que ses frères et sœurs résident en France. Toutefois, l'intéressé n'apporte aucun élément établissant qu'il aurait continué à contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants malgré son incarcération et durant l'exécution de son contrôle judicaire lui interdisant de se déplacer dans l'Yonne jusqu'au 19 avril 2022 ni postérieurement, en dépit de la circonstance qu'il s'acquitterait toujours, seul, des traites de l'emprunt liées à l'acquisition de sa maison dans l'Yonne où résident son épouse et trois de ses enfants ainsi qu'un virement, au demeurant isolé et postérieur à la décision en litige, de 210 euros portant comme objet " pension alimentaire ". S'agissant de son enfant née le 21 avril 2021, la seule attestation de la mère de cette dernière, postérieure de plus de six mois à la décision contestée et peu circonstanciée, ne permet également pas d'établir qu'il contribuerait à l'entretien et à l'éducation de ce quatrième enfant. Dans ces conditions, et eu égard notamment à la gravité croissante des faits commis par l'intéressé et à leur caractère répété sur une période récente pour les plus graves, la décision contestée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.

8. Dès lors que M. A ne répondait pas à l'ensemble des conditions posées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir octroyer une carte de séjour sur le fondement desquelles il avait présenté sa demande, eu égard à ce qui vient d'être dit, la préfète de l'Aube n'avait pas à saisir préalablement à la décision en litige la commission du titre de séjour. Le moyen tiré du vice de procédure doit donc être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

9. En vertu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique dès lors, comme c'est le cas en l'espèce, que la décision de refus de titre de séjour est elle-même motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de la mesure d'éloignement ne peut donc qu'être écarté.

10. Le droit d'être entendu, partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour. A l'occasion du dépôt de sa demande de titre de séjour, l'intéressé en situation irrégulière est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

11. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a déposé une demande de titre de séjour. M. A ne soutient, ni même n'allègue qu'il n'aurait pas été mis à même, dans le cadre de l'examen de cette demande, de porter à la connaissance de l'administration l'ensemble des informations relatives à sa situation personnelle dont il souhaitait se prévaloir alors qu'il avait connaissance de la perspective d'une mesure d'éloignement à la suite du rejet de sa demande de titre de séjour. Par ailleurs, il n'est pas établi qu'il aurait été empêché d'informer les services de la préfecture des éléments utiles relatifs à sa situation personnelle avant que ne soit prise à son encontre la décision qu'il conteste et qui, s'ils avaient pu être communiqués en temps utile, auraient été de nature à influer sur le sens de cette décision. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé du droit d'être entendu préalablement à toute mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement, qui constitue un principe général du droit de l'Union européenne.

12. Aux termes de l'article L. 611-3 du du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".

13. L'intéressé n'apporte aucun élément établissant qu'il aurait continué à contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants en dépit de son incarcération et durant l'exécution de son contrôle judicaire lui interdisant de se déplacer dans l'Yonne jusqu'au 19 avril 2022 ni postérieurement. Dès lors, la préfète de l'Aube pouvait légalement prendre à son encontre une mesure d'éloignement.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

14. La décision fixant le pays de destination vise notamment les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, indique que M. A n'établit pas que sa vie ou sa liberté serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il sera potentiellement reconduite dans le pays dont il a la nationalité, c'est-à-dire le Maroc. Dès lors, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée et indique un pays de renvoi.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 octobre 2022 de la préfète de l'Aube. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Aube.

Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Yonne.

Délibéré après l'audience du 5 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

M. Maleyre, premier conseiller,

M. Torrente, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

P.H. MALEYRELe président,

signé

P. CRISTILLE

Le greffier,

signé

A. PICOT

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