mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202746 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C+ |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GOURINAT |
Vu la procédure suivante :
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
(2ème chambre)
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2022, Mme C D, représentée par Me de Lagarde, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la délibération du 2 novembre 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Brethenay a refusé l'abandon des parcelles A 526 et A 529 lui appartenant ;
2°) d'enjoindre à la commune de Brethenay de procéder aux mesures de publicité foncière consécutives au transfert de propriété des parcelles A 526 et A 529 dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) d'ordonner, au besoin, une enquête ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Brethenay la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération de la commune aurait dû être précédée d'une procédure contradictoire préalable, dès lors qu'elle retire une décision créatrice de droit née du silence gardé pendant deux mois sur sa demande d'abandon des parcelles ;
- la délibération est entachée d'une erreur de droit en s'opposant à cet abandon ;
- la délibération est entachée d'une erreur dans l'appréciation de la consistance du terrain.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2023, la commune de Brethenay, représentée par Me Gourinat conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme D d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la délibération du 2 novembre 2022 est confirmative de la délibération adoptée le 1er septembre 2020 ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en réplique enregistré le 15 mars 2023, Mme D conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens, soutient que sa requête est recevable dès lors que la délibération du 2 novembre 2022 n'est pas purement confirmative de la délibération adoptée lors du conseil municipal du 1er septembre 2020 et ajoute que la délibération du 2 novembre 2022 est insuffisamment motivée.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Oscar Alvarez, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Mousissian représentant Mme D.
Une note en délibéré, présentée par Mme D, a été enregistrée le 6 novembre 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D est propriétaire d'un tènement foncier constitué des parcelles cadastrales A 526 et A 529 situé au lieu-dit " le Coteau de la Perrière " à Brethenay d'une contenance de 18 295 m² acquis par ses soins auprès de sa famille par acte notarié du 31 décembre 1990. Par courrier du 7 juillet 2022, la requérante a décidé d'abandonner la propriété des parcelles au profit de la commune de Brethenay sur le fondement de l'article 1401 du code général des impôts. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler la délibération du 2 novembre 2022 du conseil municipal de la commune de Brethenay, refusant l'abandon des deux parcelles.
2. Aux termes de l'article 1401 du code général des impôts : " Les contribuables ne peuvent s'affranchir de l'imposition à laquelle les terres vaines et vagues, les landes et bruyères et les terrains habituellement inondés ou dévastés par les eaux doivent être soumis, que s'il est renoncé à ces propriétés au profit de la commune dans laquelle elles sont situées. La déclaration détaillée de cet abandon perpétuel est faite par écrit, à la mairie de la commune, par le propriétaire ou par un fondé de pouvoir spécial. Les cotisations des terrains ainsi abandonnés comprises dans les rôles établis antérieurement à l'abandon restent à la charge du contribuable imposé. Pour les rôles postérieurs, la taxe foncière est supportée par la commune. Le paiement de la taxe foncière afférente aux marais et terres vaines et vagues qui n'ont aucun propriétaire particulier ainsi qu'aux terrains connus sous le nom de biens communaux, incombe à la commune tant qu'ils ne sont point partagés. La taxe due pour des terrains qui ne sont communs qu'à certaines portions des habitants d'une commune est acquittée par ces habitants ".
3. Il résulte des dispositions de l'article 1401 du code général des impôts qu'elles ont pour seul objet de permettre aux contribuables de s'affranchir de toute imposition portant sur des terres vaines, les landes et bruyères et les terrains habituellement inondés ou dévastés par les eaux dont ils sont propriétaires, en déclarant leur abandon à la mairie concernée. Cet abandon n'est pas subordonné à l'acceptation par la commune. Toutefois, les autorités communales sont tenues de s'opposer à l'abandon de terrains qui n'entreraient pas dans le champ d'application de l'article 1401 du code général des impôts.
4. Il ressort des pièces du dossier et notamment du diagnostic visuel réalisé par l'office national des forêts en février 2017 que les deux parcelles en litige sont composées de trois groupes de strates de peuplement végétal : une première strate arborée, une deuxième strate arbustive et une troisième strate herbacée. Si la requérante soutient qu'en raison de leur forte déclivité les parcelles ne peuvent être exploitées de manière rentable en se prévalant d'une attestation du 5 juillet 2022 d'un expert judiciaire assermenté, cette seule circonstance est sans incidence sur la légalité de la délibération en litige dès lors qu'il n'est pas établi que ces parcelles sont improductives et présenteraient ainsi le caractère de terres vaines et vagues au sens des dispositions précitées, en raison de la nature du sol, alors qu'il est constant que des arbres y poussent. Dans ces conditions, en dépit des contraintes et des difficultés de gestion des parcelles auxquelles la requérante doit faire face, la commune de Brethenay n'a entaché sa délibération ni d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en s'opposant à la déclaration d'abandon des parcelles et au transfert de propriété subséquent.
5. Il résulte des dispositions citées au point 2 que la procédure d'abandon qu'elles prévoient, revêt le caractère d'un acte déclaratif et ne s'apparente pas à une demande. Dès lors, cette déclaration n'est pas de nature à faire naitre une décision implicite qu'elle soit de rejet ou d'acceptation si la commune gardait le silence pendant deux mois après sa réception. Au demeurant, il résulte des termes des dispositions de l'article 1401 du code général des impôts, que la commune, si elle entend s'opposer à un abandon de propriété, doit le faire avant l'établissement du rôle d'imposition suivant la date de la déclaration d'abandon.
6. En tout état de cause, la délibération adoptée par la commune de Brethenay s'opposant à l'abandon des parcelles n'entre pas dans les prévisions des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, ni d'autres dispositions légales ou réglementaires, qui imposeraient qu'elle soit motivée.
7. Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
8. La délibération en litige, qui n'est pas soumise à l'obligation de motivation ainsi qu'il vient d'être énoncé au point 6, ne peut être regardée comme étant prise en considération de la personne. Dès lors, Mme D ne peut, en tout état de cause, utilement soutenir que l'édiction de la délibération en litige qui aurait emporté le retrait d'une décision implicite d'acceptation aurait dû être précédée d'une procédure contradictoire.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin, d'une part, de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense et d'autre part, d'ordonner une enquête sur le fondement des dispositions des articles R. 623-1 et suivants du code de justice administrative, que les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 2 novembre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Brethenay qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par Mme D au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B A une somme de 1 200 euros au titre des frais de même nature exposés par la commune de Brethenay.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera à la commune de Brethenay la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A et à la commune de Brethenay.
Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Bénédicte Alibert, première conseillère
M. Oscar Alvarez, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le rapporteur,
O. ALVAREZ
Le président,
O. NIZETLa greffière,
I. DELABORDE
La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Marne, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2202746
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301139
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête d'un agent du département de la Manche contestant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la procédure était régulière, notamment en écartant l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration malgré l'admission ultérieure de l'agent à la retraite pour invalidité. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie et à la disponibilité d'office (articles L. 822-1, L. 514-4 et L. 826-1).
08/04/2026