vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 décembre 2022, et des mémoires complémentaires enregistrés les 19 et 27 décembre 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2022 par lequel le préfet des Ardennes l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a assorti cette mesure d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2022 par lequel le préfet des Ardennes a ordonné son assignation à résidence pour une durée de 45 jours.
Il soutient que les décisions contestées sont entachées d'une erreur d'appréciation, alors qu'il vit en couple, envisage de se marier et de trouver un emploi.
La requête a été communiquée au préfet des Ardennes qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme de Laporte, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R.776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Laporte,
- et les observations de M. A, qui conteste également les modalités de l'assignation à résidence qui le contraignent à prendre chaque jour le train pour se rendre à la gendarmerie de Revin.
En l'absence du préfet des Ardennes ou de son représentant, l'instruction a été close après ces observations, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant albanais né le 18 août 1993, demande l'annulation des arrêtés du 8 décembre 2022 par lesquels le préfet des Ardennes l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a assorti cette mesure d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et a ordonné son assignation à résidence pour une durée de 45 jours.
2. Si M. A se prévaut d'une relation de concubinage avec une ressortissante française qui assure son hébergement, il n'établit ni l'ancienneté, ni la stabilité de la relation de couple ainsi alléguée, alors qu'il a déclaré être célibataire et sans enfants, et ne pas être dépourvu d'attaches familiales en Albanie où réside son père. Dans ces conditions, il n'établit pas que les décisions contestées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle.
3. La mesure d'assignation à résidence contestée indique que le requérant, d'une part, doit se présenter tous les jours de la semaine, entre 8 et 9 heures, à la gendarmerie de Revin, d'autre part, lui interdit de sortir du département des Ardennes sans autorisation. Si le requérant fait valoir qu'il doit alors prendre chaque jour un train pour se rendre à la brigade de gendarmerie de Revin, alors qu'une autre brigade de gendarmerie serait plus proche de son lieu de résidence, il n'établit pas, par ces seuls éléments, que le préfet, en définissant les modalités de son assignation à résidence, aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste son appréciation des conséquences de cette décision sur sa vie personnelle. Le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que l'arrêté en litige porterait une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir, au regard des buts en vue desquels il a été pris.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du préfet des Ardennes du 8 décembre 2022.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Ardennes.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 30 décembre 2022.
La magistrate désignée, La greffière,
signé signé
V. de LAPORTEI. DELABORDE
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