mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2203048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AARPI FRECHE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2022, Mme F E, agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur B A et représentée par la SCP Sammut Croon Journé-Léau, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de décrire et quantifier les blessures et séquelles subies par B à la suite de la chute dont il a été victime le 2 décembre 2015 et d'en mesurer les conséquences en termes de perte de chance.
Elle soutient que :
- son fils B A, alors qu'il était gardé à la crèche du Vert Bois de Saint-Dizier, a fait une chute sur une aire de jeux le 2 décembre 2015 ;
- le personnel de la crèche lui a demandé de venir le chercher ;
- constatant qu'il souffrait énormément du membre inférieur gauche, elle a demandé au personnel de la crèche d'appeler les pompiers ou le SAMU, ce qui lui a été refusé ;
- elle a dû emmener elle-même son fils au service des urgences du centre hospitalier de Saint-Dizier ;
- l'examen clinique et une radiographie ont permis de diagnostiquer une fracture déplacée du tiers moyen du fémur ;
- dans le cadre d'une enquête diligentée à la suite d'une plainte qu'elle a engagée, une expertise a été confiée au docteur C qui a établi un rapport dont il résulte que la conduite du personnel de la crèche est à l'origine de l'aggravation des blessures et des séquelles d'Amin ;
- elle est fondée à obtenir l'instauration d'une mesure d'expertise destinée à déterminer la cause de l'aggravation des blessures et des séquelles de son fils B en relation avec la faute de prise en charge commise au sein de la crèche et d'en mesurer les conséquences en termes de perte de chance.
Par un mémoire, enregistré le 3 févier 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essone déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, la communauté d'agglomération Saint-Dizier Der et Blaise, représentée par le cabinet Frêche et associés AARPI, demande au tribunal :
- de rejeter la requête présentée par Mme F E ;
- de mettre à la charge de Mme F E la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la mesure d'expertise sollicitée par Mme E ne présente pas le caractère d'utilité exigé par l'article R. 532-1 du code de justice administrative, dès lors que le délai de prescription quadriennale, tel qu'il est défini par l'article 1er de la loi 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics, soit quatre années après le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la victime a eu connaissance de la réalité et de l'étendue du dommage, expirait le 1er janvier 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. Pour s'opposer à la requête aux fins de désignation d'un expert présentée par Mme E, la communauté d'agglomération Saint-Dizier Der et Blaise fait valoir que l'action en responsabilité et aux fins indemnitaires qu'une telle demande prépare nécessairement, est prescrite, eu égard à la circonstance que l'accident dont a été victime l'enfant B A a eu lieu le 2 décembre 2015, son hospitalisation ayant pris fin le 30 décembre 2015 et le rapport de l'expert qui a conclu que le déplacement secondaire de la fracture est dû au fait que l'enfant a été remis debout, ayant été déposé le 31 décembre 2015. Elle soutient que la prescription quadriennale s'applique, en l'espèce, à compter du 1er janvier 2020.
3. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ". S'agissant d'une créance indemnitaire détenue sur une collectivité publique au titre d'un dommage corporel engageant sa responsabilité, le point de départ du délai de prescription prévu par ces dispositions est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les infirmités liées à ce dommage ont été consolidées. En l'état de l'instruction, si la communauté d'agglomération Saint-Dizier Der et Blaise fait valoir que l'action indemnitaire susceptible d'être formée devant le juge du fond par Mme E est prescrite depuis le 1er janvier 2020 il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de l'enfant B A soit à ce jour consolidé. Dès lors, en l'absence d'élément de nature à permettre de déterminer avec certitude la date de consolidation de l'état de santé de l'enfant B, le délai de prescription quadriennale ne court pas. Par suite, l'exception de prescription soulevée en défense par la communauté de communes doit être écartée.
4. Il résulte de ce qui précède que les mesures d'expertise demandées par Mme E entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande formulée sur le fondement de ces dispositions, présentée par la communauté d'agglomération Saint-Dizier Der et Blaise.
O R D O N N E :
Article 1er : M. le docteur G H, exerçant au CHU de Dijon, 14 rue Gaffarel à Dijon (21079), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°) se faire communiquer les documents médicaux utiles à sa mission, examiner l'enfant B A et décrire son état actuel ;
2°) préciser dans quelle mesure l'état actuel de l'enfant B Abded est imputable aux séquelles de l'accident dont il a été victime le 2 décembre 2015 ;
3°) quantifier en termes de pourcentage de perte de chance les éléments d'aggravation des conséquences de l'accident initial, dus au déplacement secondaire de la fracture du fémur dont a été victime l'enfant B A ;
4°) déterminer, d'une part, la date de consolidation des blessures et, d'autre part, la durée de l'incapacité temporaire totale, le taux d'incapacité permanente partielle, le préjudice esthétique, les souffrances physiques, le préjudice d'agrément, en relation directe avec l'accident ;
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires avant le 30 septembre 2023. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 7 : Les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne, à la communauté d'agglomération Saint-Dizier, Der et Blaise et à M. le docteur G H, expert.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 11 avril 2023.
Le juge des référés,
signé
O. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026