mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 3 novembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Marne l'a licenciée de ses fonctions d'assistante familiale.
Elle soutient que :
- elle a été licenciée à l'issue de son congé maternité ;
- la décision prononçant son licenciement est abusive ;
- elle a pour effet de la placer en difficulté financière, son conjoint ayant accueilli l'enfant sans être agréé n'ayant par ailleurs pas été rémunéré ;
- il existe deux contrats de travail identiques à son nom avec des dates différentes ;
- la date d'embauche figurant sur le certificat qui lui a été délivré par Pôle Emploi est erroné.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 11 mai 2023, le département de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- Mme B est irrecevable à agir en lieu et place de son époux s'agissant de l'absence de rémunération de ce dernier ;
- les moyens soulevés relatifs à sa précarité financière, à l'existence d'une pluralité de contrats, à l'erreur figurant sur le document délivré par Pôle Emploi, aux sollicitations effectuées durant son congé maternité et à l'absence de rémunération de son conjoint sont inopérants ;
- les autres moyens soulevés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Soistier, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Stephanie Lambing, rapporteure publique,
- les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 3 novembre 2022, le président du conseil départemental de la Marne a licencié Mme B à compter du 4 décembre 2022 de ses fonctions d'assistante familiale. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 423-32 du code de l'action sociale et des familles : " L'employeur qui n'a pas d'enfant à confier à un assistant familial pendant une durée de quatre mois consécutifs est tenu de recommencer à verser la totalité du salaire à l'issue de cette période s'il ne procède pas au licenciement de l'assistant familial fondé sur cette absence d'enfants à lui confier. " Les dispositions de l'article L. 423-35 du même code ajoutent que : " Dans le cas prévu à l'article L. 423-32, si l'employeur décide de procéder au licenciement, il convoque l'assistant familial par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et le reçoit en entretien dans les conditions prévues aux articles L. 1232-2 à L. 1232-4 du code du travail. La lettre de licenciement ne peut être expédiée moins d'un jour franc après la date pour laquelle le salarié a été convoqué à l'entretien. L'employeur doit indiquer à l'assistant familial, au cours de l'entretien et dans la lettre recommandée, le motif pour lequel il ne lui confie plus d'enfants. ".
3. Les dispositions précitées des articles L. 423-32 et L. 423-35 du code de l'action sociale et des familles permettent à un employeur de droit public de procéder au licenciement d'un assistant familial s'il n'a pas d'enfant à lui confier pendant une durée d'au moins quatre mois consécutifs. Un tel licenciement, qui ne peut être motivé par le fait que l'assistant familial ne remplit plus les conditions de l'agrément, est justifié soit par l'absence de tout enfant à confier à l'assistant familial, soit par la circonstance que le département a été conduit, par une appréciation soumise au contrôle du juge, pour assurer la meilleure prise en charge des enfants, au regard notamment, de leur âge, de leur situation familiale et de leur santé, des conditions définies par l'agrément de l'assistant familial concerné et des disponibilités d'autres assistants familiaux, à ne pas confier d'enfant pendant cette période à l'assistant familial dont le licenciement est envisagé.
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 7 octobre 2022 licenciant Mme B est fondée sur le motif qu'aucun enfant en accueil continue n'a pu lui être confiée pendant quatre mois. Si l'intéressée soutient à la barre que la décision de licenciement a été particulièrement violente, prise sans égard, cette circonstance, aussi regrettable qu'elle soit est toutefois, eu égard au motif précité, sans incidence sur la légalité de la décision contestée.
5. A supposer que la requérante ait entendu invoquer un détournement de pouvoir en se prévalant d'un comportement malveillant du conseil départemental à son égard causé par sa dénonciation de dysfonctionnements liés au manquement de projet pour l'enfant, elle ne l'établit pas.
6. Les autres moyens de la requête qui ne contestent pas le motif retenu par le président du conseil départemental pour fonder sa décision, sont, en tout état de cause, inopérants et doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que la requête de Mme B ne peut être que rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et au département de la Marne.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
M. Michel Soistier, premier conseiller,
M. Oscar Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. SOISTIER
Le président,
Signé
O. NIZET
La greffière,
Signé
I.DELABORDE
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