LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2300214

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2300214

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2300214
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP THÉMIS AVOCATS ET ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a examiné la requête de M. D, détenu à la maison centrale de Clairvaux, contestant la sanction disciplinaire de dix jours de cellule et la décision de rejet du directeur interrégional des services pénitentiaires du Grand Est. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens de légalité externe, jugeant que l'autorité ayant engagé les poursuites et l'auteur du rapport d'enquête étaient compétents, et que la procédure disciplinaire n'était pas entachée d'irrégularité. La solution retenue est le rejet de la requête, fondée sur les articles R. 234-14 et R. 234-13 du code pénitentiaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 janvier 2023, M. D, représenté par Me Ciaudo et Me Montrichard de l'AARPI Thémis, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 21 octobre 2022, par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires du Grand Est a rejeté son recours administratif préalable formé contre la sanction disciplinaire du 10 octobre 2022 de mise en cellule disciplinaire pour une durée de dix jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

Sur la légalité externe :

- l'autorité ayant décidé des poursuites est incompétente ;

- l'autorité ayant procédé à l'enquête est incompétente ;

- la procédure disciplinaire est irrégulière en ce que la composition de la commission de discipline méconnait l'article R. 234-2 du code pénitentiaire et le principe d'impartialité ;

- la décision méconnait les droits de la défense en l'absence de communication du dossier disciplinaire, en ce qu'il n'a pu préparer sa défense et en l'absence de désignation d'un avocat alors qu'il l'avait demandé expressément ;

- l'administration a, à tort, refusé de reporter l'audience de la commission de discipline afin de lui permettre d'être assisté d'un avocat ;

Sur la légalité interne :

- la sanction est entachée d'un défaut de matérialité des faits ;

- elle est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

2 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code pénitentiaire ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Michel Soistier,

- et les conclusions de Mme Stéphanie Lambing, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, qui était écroué à la maison centrale de Clairvaux, a fait l'objet, le

10 octobre 2022, d'une sanction disciplinaire de placement en cellule disciplinaire pour une durée de dix jours, jusqu'au 19 octobre 2022. Par une décision du 21 octobre 2022, le directeur interrégional des services pénitentiaires du Grand Est a rejeté le recours administratif préalable de M. D contre cette sanction. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, cette décision.

Sur le cadre juridique :

2. Aux termes des dispositions de l'article R. 234-43 du code pénitentiaire : " La personne détenue qui entend contester la sanction prononcée à son encontre par la commission de discipline doit, dans le délai de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision, la déférer au directeur interrégional des services pénitentiaires préalablement à tout recours contentieux. Le directeur interrégional dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception du recours pour répondre par décision motivée. L'absence de réponse dans ce délai vaut décision de rejet. " Il résulte de ces dispositions qu'un détenu n'est recevable à déférer au juge administratif que la seule décision, expresse ou implicite, du directeur interrégional des services pénitentiaires, qui arrête définitivement la position de l'administration et qui se substitue ainsi à la sanction initiale prononcée par le président de la commission de discipline. Toutefois, eu égard aux caractéristiques de la procédure suivie devant la commission de discipline, cette substitution ne saurait faire obstacle à ce que soient invoquées, à l'appui d'un recours dirigé contre la décision du directeur régional, les éventuelles irrégularités de la procédure suivie devant la commission de discipline préalablement à la décision initiale.

Sur la légalité externe :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 234-14 du même code : " Le chef de l'établissement pénitentiaire ou son délégataire apprécie, au vu des rapports et après s'être fait communiquer, le cas échéant, tout élément d'information complémentaire, l'opportunité de poursuivre la procédure. Les poursuites disciplinaires ne peuvent être exercées plus de six mois après la découverte des faits reprochés à la personne détenue. " ;

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision d'engager des poursuites disciplinaires à l'encontre du requérant a été prise par M. A B, directeur et chef de l'établissement pénitentiaire de la maison centrale de Clairvaux qui est compétent, en application des dispositions précitées, pour engager les poursuites disciplinaires à l'encontre d'un détenu. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité ayant décidé des poursuites disciplinaires manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 234-13 du code pénitentiaire : " A la suite de ce compte rendu d'incident, un rapport est établi par un membre du personnel de commandement du personnel de surveillance, un major pénitentiaire ou un premier surveillant et adressé au chef d'établissement. Ce rapport comporte tout élément d'information utile sur les circonstances des faits reprochés à la personne détenue et sur la personnalité de celle-ci. L'auteur de ce rapport ne peut siéger en commission de discipline. "

6. Il ressort des mentions du rapport d'enquête afférent à la procédure disciplinaire en litige du 27 septembre 2022, produit en défense, qu'à la suite des comptes rendus d'incidents en date du 7 et du 26 septembre 2022, ce rapport a été rédigé par l'agent n° 1192, disposant du grade de premier surveillant, conformément aux dispositions précitées. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité ayant procédé à l'enquête manque en fait et doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 234-15 du code pénitentiaire : " En cas d'engagement des poursuites disciplinaires, les faits reprochés ainsi que leur qualification juridique sont portés à la connaissance de la personne détenue. La personne détenue est informée de la date et de l'heure de sa comparution devant la commission de discipline ainsi que du délai dont elle dispose pour préparer sa défense. Ce délai ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. " et de l'article R. 234-17 de ce code : " La personne détenue, ou son avocat, peut consulter l'ensemble des pièces de la procédure disciplinaire, sous réserve que cette consultation ne porte pas atteinte à la sécurité publique ou à celle des personnes. L'avocat, ou la personne détenue si elle n'est pas assistée d'un avocat, peut également demander à prendre connaissance de tout élément utile à l'exercice des droits de la défense existant, précisément désigné, dont l'administration pénitentiaire dispose dans l'exercice de sa mission et relatif aux faits visés par la procédure disciplinaire, sous réserve que sa consultation ne porte pas atteinte à la sécurité publique ou à celle des personnes. L'autorité compétente répond à la demande d'accès dans un délai maximal de sept jours ou, en tout état de cause, en temps utile pour permettre à la personne de préparer sa défense. Si l'administration pénitentiaire fait droit à la demande, l'élément est versé au dossier de la procédure. () "

8. D'une part, contrairement à ce que soutient M. D, il ressort des pièces du dossier qu'une copie du dossier disciplinaire a été mis à sa disposition pour préparer sa défense le 7 septembre 2022 à 15h10 et que ce dossier comprenait notamment l'ensemble des comptes rendus d'incidents, le rapport d'enquête, la convocation devant la commission de discipline ainsi que le formulaire de désignation d'un avocat, dans le délai prévu par les dispositions précitées. Cette remise a fait l'objet d'une notification que M. D a refusé de signer comprenant le relevé des documents côtés. Le moyen tiré du défaut de consultation de son dossier disciplinaire en temps utile manque donc en fait et doit être écarté.

9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'avocate de M. D a indiqué à l'administration, par un courriel en date du 30 septembre 2022 à 12h09, qu'elle ne pourrait être présente à la commission disciplinaire du 10 octobre 2022 pour représenter M. D et que l'administration pénitentiaire a sollicité le bâtonnier de l'ordre des avocats qui, le

3 octobre 2022, a désigné un autre avocat d'office, qui ne s'est pas présenté à l'audience. Enfin, à supposer que le requérant ait demandé un report de la commission de discipline, l'administration pénitentiaire, n'est pas tenue de faire droit à une telle demande. Il s'ensuit que l'administration pénitentiaire a rempli ses obligations en mettant à même l'intéressé d'être assisté d'un avocat.

10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté dans toutes ses branches.

11. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 234-2 du code pénitentiaire : : " La commission de discipline comprend, outre le chef d'établissement ou son délégataire, président, deux membres assesseurs. " Les dispositions de l'article R. 234-6 du même code ajoutent que : " Le président de la commission de discipline désigne les membres assesseurs. / Le premier assesseur est choisi parmi les membres du premier ou du deuxième grade du corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'établissement. () " Par ailleurs, les dispositions de l'article R. 234-12 du même code précisent que : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline. ".

12. Il résulte de ces dispositions que la présence, dans la commission de discipline, d'un assesseur choisi parmi les membres du premier ou du deuxième grade du corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'établissement, qui ne peut être ni l'auteur du compte rendu établi à la suite d'un incident, ni l'auteur du rapport établi à la suite de ce compte rendu, constitue une garantie reconnue au détenu, dont la privation est de nature à vicier la procédure, alors même que la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires, prise sur le recours administratif préalable obligatoire exercé par le détenu, se substitue à celle du président de la commission de discipline.

13. D'une part, si la charge de la preuve de la régularité de la procédure pèse sur l'administration, il revient toutefois au requérant d'apporter des éléments qui permettent de suspecter une irrégularité. En l'espèce, M. D se borne à soutenir qu'il ne peut pas vérifier la régularité de la procédure, et notamment, que le premier assesseur, membre de l'administration pénitentiaire, n'était pas l'auteur de ce compte-rendu, le compte-rendu d'incident étant anonymisé. Or, si les comptes-rendus d'incidents sont anonymes, les initiales de leurs rédacteurs qui figurent sur ces documents, diffèrent de l'identité des surveillants qui, en vertu du deuxième alinéa des dispositions de l'article R. 234-6 du code pénitentiaire, ont siégé en qualité de premier assesseur au sein de la commission de discipline. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure et de l'impartialité de la commission doit être écarté.

14. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et notamment du compte rendu de la commission qu'elle comprenait un second assesseur qui était une personne extérieure à cette administration et qu'il était présent lors de la tenue de la commission. Le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

Sur la légalité interne de la décision attaquée :

15. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 232-4 du code pénitentiaire : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / () 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires ; () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 233-1 du même code : " Lorsque la personne détenue est majeure, peuvent être prononcées les sanctions disciplinaires suivantes : / () 8° La mise en cellule disciplinaire. " Enfin, aux termes des dispositions de l'article R. 235-12 du même code : " La durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré. () ".

16. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

17. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 10 octobre 2022, M. D s'est vu infliger une mise en cellule disciplinaire pour une durée de 10 jours suite à son refus d'obtempérer aux injonctions du surveillant lui demandant de retirer le drap occultant l'œilleton de sa cellule le 7 septembre 20200 et aux injures et menaces de mort prononcées à l'encontre de plusieurs membres du personnel le 26 septembre 2022. En se bornant à se prévaloir de la faible gravité des faits et de ce que les faits ne seraient pas établis, les faits qui lui sont reprochés ont été rapportés dans les comptes rendus d'incidents corroborés par des agents assermentés différents et M. D n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause leur matérialité. Le moyen doit par suite être écarté.

18. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D est à l'origine de plus d'une centaine d'incidents dans de nombreux établissements pénitentiaires différents depuis 2009. Peu après son incarcération à la maison centrale de Clairvaux, il a également été à l'origine de plusieurs incidents qui ont à chaque fois donné lieu à des comptes rendus. Dans les établissements où il a été incarcéré, il a commis, entre autres, les faits suivants : agression de personnel de surveillance à l'aide d'une arme artisanale ayant occasionnée des blessures graves, tapage en détention et menaces à l'encontre des personnels, insultes, menaces et tentative d'agression d'un personnel de surveillance, menaces d'égorgement d'un personnel pénitentiaire, refus d'obéissance suite à l'injonction de retirer l'obstruction de l'œilleton de sa cellule, menaces de commettre un crime ou délit. M. D dont la date de libération prévisionnelle est fixée au 12 avril 2025, a également fait l'objet de trente-cinq transferts successifs d'établissements pénitentiaires depuis 2008 en raison de son comportement en détention. Eu égard à la réitération des faits qui lui sont reprochés pour lesquels il a déjà été sanctionné, la sanction de mise en cellule disciplinaire d'une durée de vingt de jours qui lui a été infligée n'est ni disproportionnée, ni entachée d'erreur d'appréciation. Le moyen doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Copie en sera adressée au directeur de la maison centrale de Clairvaux et au directeur interrégional des services pénitentiaires Grand Est.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sylvie Mégret, présidente,

M. Michel Soistier, premier conseiller,

M. Oscar Alvarez, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le rapporteur,La présidente,

M. E

La greffière,

N. MASSON

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions