mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TAMBURINI-BONNEFOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 février 2023, M. F C et Mme A C, agissant tant en leurs noms personnels qu'en qualité de représentants légaux de leur enfant mineure E C et représentés par la SELARL Ahmed Harir, demandent au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de déterminer les conditions de la prise en charge par le centre hospitalier intercommunal Nord Ardennes de Charlevielle-Mézières lors de l'accouchement de Mme C le 24 décembre 2021.
Ils soutiennent que :
- Mme C a accouché le 24 décembre 2021 ;
- il résulte du courrier de sortie établi le 27 décembre 2021, notamment au titre des particularités de la grossesse, la présence d'un diabète de type 1 avec déséquilibre/thrombopénie ainsi qu'un accouchement par voie basse, ventouse sous APD pour non progression de la présentation en DM/ difficulté aux épaules manœuvre de Mac Roberts, le périnée ayant fait l'objet d'une épisiotomie ;
- des séances de kinésithérapie pour MS gauche ont été prescrites à l'enfant Khadija ;
- le 10 janvier 2022, l'enfant Khadija a été admise au centre hospitalier universitaire de Reims ;
- une échographie transfontanellaire réalisée le 21 janvier 2022 au centre hospitalier intercommunal Nord Ardennes a mis en évidence une discrète dilatation des ventricules latéraux avec un rapport d'Evans à trente-quatre pourcents, le V3 étant mesuré à trois millimètres ;
- selon consultations au CHU de Reims du 14 février 2022 et du 4 avril 2022, a été notée une paralysie obstétricale du plexus brachial gauche de niveau C5 à C7 ;
- une intervention chirurgicale a été réalisée le 21 juin 2022 au sein du centre hospitalier universitaire de Nancy, consistant en une greffe de C5 vers la branche antérieure et la branche postérieure de division du premier tronc ;
- il résulte des pièces médicales produites et de la relation de faits qu'une faute médicale est susceptible d'avoir été commise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2023, le centre hospitalier de Charleville-Mézières, représenté par la SELAS Tamburini-Bonnefoy, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, qui devra être confiée à un collège d'expert composé d'un gynécologue-obstétricien et d'un expert spécialisé en chirurgie orthopédique pédiatrique. Il demande en outre d'étendre la mesure d'expertise au contradictoire du centre hospitalier universitaire de Nancy et que la mission qui sera confiée au collège d'expert soit complétée conformément à ses suggestions.
Il fait valoir que, dès lors que l'enfant Khadija C a été hospitalisée au sein du centre hospitalier universitaire de Nancy et y a bénéficié d'une intervention chirurgicale de greffe du plexus brachial, il apparaît nécessaire que cet établissement soit invité à participer aux opérations d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2023, le centre hospitalier universitaire de Nancy, représenté par la SCP Dubois Marrion Mourot, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée. Il demande en outre d'étendre la mesure d'expertise au centre hospitalier universitaire de Reims.
Il fait valoir que :
- les requérants ne formulent aucune demande à son encontre ;
- l'enfant Khadija a été prise en charge à plusieurs reprises par le centre hospitalier universitaire de Reims qui a réalisé des examens cliniques et des prises de décisions médicales.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2023, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par la SCP Normand et associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, qui devra être confiée à un collège d'expert composé d'un gynécologue-obstétricien et d'un chirurgien spécialisé en chirurgie orthopédique pédiatrique. Il demande en outre de compléter la mission qui sera confiée au collège d'expert conformément à ses suggestions.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. Les mesures d'expertise demandées par M. et Mme C entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à leur demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la mise en cause du centre hospitalier universitaire de Reims et du centre hospitalier universitaire de Nancy :
3. Il résulte de l'instruction que l'enfant Khadija C, née au sein du centre hospitalier de Charleville-Mézières, a été vue en consultation par l'équipe du service de chirurgie pédiatrique-orthopédie pédiatrique du centre hospitalier universitaire de Reims où un diagnostic de paralysie obstétricale du plexus brachial gauche a été posé et où des séances de kinésithérapie ont été prescrites. L'enfant a ensuite été adressée au centre hospitalier universitaire de Nancy où elle a été hospitalisée du 20 au 25 juin 2022 et où elle a subi une intervention chirurgicale de reconstruction par greffe du plexus brachial. Dès lors il y a lieu de rendre les opérations d'expertises communes à ces centres hospitaliers.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme le docteur I H, gynécologue obstétricien, exerçant au centre Gustave Roussy, 114 rue Edouard Vaillant à Villejuif (94800) et M. le professeur G D, chirurgien orthopédique pédiatrique, exerçant à l'Hôpital Necker, 149 rue de Sèvres à Paris (75015) sont désignés en qualité d'expert. Ils auront pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de l'enfant Khadija C et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de ses prises en charge par le centre hospitalier intercommunal Nord Ardennes, par le centre hospitalier universitaire de Nancy et par le centre hospitalier universitaire de Reims ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Khadija C ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de Khadija C et les soins et prescriptions antérieurs à son admission au centre hospitalier intercommunal Nord Ardennes, au centre hospitalier universitaire de Nancy ainsi qu'au centre hospitalier universitaire de Reims ; décrire l'état pathologique de l'enfant ayant conduit aux soins, aux interventions et aux traitements pratiqués ;
3°) donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Khadija C et aux symptômes qu'elle présentait ; donner notamment son avis sur la pertinence des diagnostics des équipes médicales du centre hospitalier intercommunal Nord Ardennes, du centre hospitalier universitaire de Nancy et du centre hospitalier universitaire de Reims et l'utilité des gestes opératoires pratiqués ;
4°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors des hospitalisations de Khadija C ; rechercher si les diligences nécessaires pour l'établissement d'un diagnostic exact ont été mises en œuvre ; rechercher si les interventions et actes médicaux pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art ; déterminer les raisons de la dégradation de l'état de santé de Khadija C et des complications dont elle souffre ;
5°) donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté a un rapport avec l'état initial de Khadija C, ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché aux établissements, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;
6°) donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à Khadija C une chance sérieuse de guérison des lésions dont elle était atteinte ; donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par Khadija C de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader en raison de ces manquements ;
7°) dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si les parents de Khadija C a été informés de la nature des examens qu'elle allait subir, et des conséquences normalement prévisibles de ces examens et s'ils ont été mis à même de formuler un consentement éclairé ; dans la négative, préciser si les parents de Khadija lui ont fait subir une perte de chance de se soustraire au risque en refusant les examens s'ils en avaient connu tous les dangers (pourcentage) ;
8°) dire si l'état de Khadija C a entraîné une incapacité permanente partielle résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
9°) indiquer à quelle date l'état de Khadija C peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
10°) dire si l'état de Khadija C est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
11°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
12°) donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle de Khadija C.
Article 2 : Les experts accompliront leur mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Ils ne pourront recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, les experts prêteront serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les experts avertiront les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : Les experts, eux-mêmes soumis au secret médical, pourront se faire communiquer directement par les centres hospitaliers l'entier dossier médical de l'intéressée, sans que puisse leur être opposé ce même secret et pourront entendre toute personne du centre hospitalier intercommunal Nord Ardennes, du centre hospitalier universitaire de Nancy et du centre hospitalier universitaire de Reims ayant donné des soins à Khadija C.
Article 6 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires avant le 31 octobre 2023. Les experts notifieront eux-mêmes les copies aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C, aux caisses primaires d'assurance maladie des Ardennes et de la Haute-Marne, au centre hospitalier intercommunal Nord-Ardennes, au centre hospitalier universitaire de Nancy, au centre hospitalier universitaire de Reims, à Mme le docteur I H, expert et à M. le professeur G D, expert.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 2 mai 2023.
Le juge des référés,
signé
O. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026