mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FRÖLICH |
Vu la procédure suivante :
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
(2ème chambre)
Par une requête enregistrée le 12 février 2023, Mme A B, représentée par Me Desingly demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 7 décembre 2022 par lequel le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident qu'elle soutient avoir subi ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son employeur ne lui a pas remis des chaussures conformes ;
- l'arrêté est entaché d'erreur de droit dès lors que son employeur a estimé qu'un lien devait être effectué entre la durée des conséquences de l'accident et l'accident lui-même ;
- le délai de vingt-quatre heures ne peut servir de fondement au rejet de la demande d'imputabilité de l'accident qu'elle a subi.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise, représentée par Me Frölich conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Oscar Alvarez, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjoint technique titulaire, exerce ses fonctions au sein du service à la population de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise depuis le 1er janvier 2019 en tant que cuisinière au sein du restaurant scolaire de Vouziers. Par arrêté en date du 7 décembre 2022, dont la requérante demande l'annulation au tribunal, le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 2 février 2021 et l'a placée en congé maladie ordinaire à compter du 9 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2. La requérante soutient que son employeur a manqué à son obligation de sécurité, en lui fournissant des chaussures non conformes qui seraient à l'origine de l'accident. La circonstance, à la supposer avérée, d'une méconnaissance par son employeur de l'obligation de sécurité qui lui incombe à l'égard de ses agents est sans incidence sur la décision de refus d'imputabilité au service de l'accident qu'elle soutient avoir subi. Par suite, le moyen sera écarté comme inopérant.
3. Aux termes des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " I.-Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. () II.-Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
4. Il ressort des pièces du dossier que pour rejeter la demande dont il était saisi, le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise a retenu deux motifs. D'une part, il a estimé qu'un accident du travail doit être déclaré dans les vingt-quatre heures à compter de sa survenance. D'autre part, il fait valoir qu'il est impossible pour la collectivité d'établir avec certitude que le port de chaussures de sécurité sur une période de trois semaines ait pu conduire à un arrêt de travail de cinq cent quatre-vingt-dix-sept jours.
5. En premier lieu, en niant tout lien d'imputabilité au service en opposant la faible durée du port des chaussures de sécurité à la durée conséquente de l'arrêt sans établir de faute personnelle ni de circonstance particulière détachant l'accident de service alors que les dispositions citées au point 3 posent une présomption d'imputabilité au service de l'accident survenu, le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise a commis une erreur de droit.
6. En deuxième lieu, le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise a estimé que la déclaration de l'accident de service était tardive dès lors qu'elle n'était pas intervenue sous vingt-quatre heures. Ce délai, prévu par les dispositions de l'article R. 441-2 du code de la sécurité sociale concernant les salariés, n'est pas applicable au fonctionnaire titulaire sollicitant l'imputabilité au service d'un accident dès lors que la situation de la requérante est régie des dispositions prévues par le décret du 30 juillet 1987 visé dans la décision en litige prévoyant un délai de quinze-jours. Dès lors, c'est à tort que ce motif a été retenu pour rejeter la demande de la requérante.
7. Il résulte de ce qui précède qu'aucun des motifs retenus par le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise ne pouvaient légalement fonder la décision du 7 décembre 2022.
8. Toutefois, dans ses écritures produites en défense, le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise oppose un nouveau motif de refus en se prévalant du délai de déclaration d'un accident de service applicable à la situation de la requérante.
9. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir, que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
10. Aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. () /2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". Aux termes de l'article 37-3 du même décret : " I. La déclaration d'accident de service ou de trajet est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale (). IV. Lorsque les délais prévus au I. et au II. ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le certificat médical du 2 février 2021 comporte les constatations détaillées exigées par les dispositions précitées. Le formulaire de déclaration d'accident a été adressé à l'autorité territoriale le 12 août 2022 soit plus de quinze jours après ladite constatation médicale. Par conséquent, la demande de reconnaissance d'imputabilité au service était tardive. En application des dispositions précitées du IV de l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987 précité, le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise était tenu, en raison de cette tardiveté, de rejeter la demande de Mme B.
12. Il résulte de l'instruction que le président de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise aurait pris la même décision s'il avait entendu se fonder initialement sur ce motif dont la substitution à ceux initialement est envisagée ne prive Mme B d'aucune garantie. Dans ces conditions, il y a lieu de substituer ce motif à ceux cités au point 4, pour refuser à Mme B l'imputabilité de l'accident de service qu'elle soutient avoir subi le 2 février 2021. Il suit de là que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 décembre 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B une somme au titre des frais de même nature exposés par la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la communauté de communes de l'Argonne Ardennaise.
Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Bénédicte Alibert, première conseillère
M. Oscar Alvarez, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le rapporteur,
O. ALVAREZ
Le président,
O. NIZETLa greffière,
I. DELABORDE
La République mande et ordonne au préfet des Ardennes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026