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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2300619

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2300619

vendredi 28 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2300619
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP LEBON & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par l'ordonnance n°2300693 du 23 mars 2023 le tribunal administratif de Nancy a transmis au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne la requête présentée par la société CPR Immobilier.

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 3 mars 2023, 2 et 29 février 2024, complétés par un mémoire enregistré le 9 avril 2024 qui n'a pas été communiqué, la société CPR Immobilier, représentée par Me Coissard, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 2 janvier 2023 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Grand Est lui a infligé

une amende d'un montant de 8 000 euros du fait de la méconnaissance des dispositions

de l'article L. 4412-2 du code de travail qui imposent d'établir un rapport de repérage d'amiante préalablement à certains travaux ;

2°) à titre subsidiaire, de réformer la décision du 2 janvier 2023 afin de diminuer

le montant de l'amende qui lui a été infligée ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 4 000 euros au titre des dispositions

de l'article L. 761-1 du code justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été édictée par une autorité incompétence ;

- elle n'était pas soumise à l'obligation d'établissement d'un rapport de repérage

de l'amiante édictée par les dispositions de l'article L. 4412-2 du code de travail car les travaux entrepris ne comportait pas de risques d'exposition des travailleurs à l'amiante ;

- elle était exemptée de l'obligation de réaliser un rapport de repérage ;

- la reprise des travaux a été autorisée peu après l'édiction de la sanction en litige car les analyses réalisées a posteriori ont permis de conclure à l'absence de traces d'amiante dans les poussières ;

- la sanction est disproportionnée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 mai 2023, 15 février et 13 mars 2024,

le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Grand Est conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 10 avril 2024 par une ordonnance du 21 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- l'arrêté du 16 juillet 2019 relatif au repérage de l'amiante avant certaines opérations réalisées dans les immeubles bâtis ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Henriot, conseiller ;

- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public ;

- et les observations de Me Ercole, représentant la société CPR Immobilier, ainsi que celles de M. B, pour le compte du directeur régional de l'économie,

de l'emploi, du travail et des solidarités du Grand Est.

Considérant ce qui suit :

1. La société CPR Immobilier a, en sa qualité de syndic de copropriété, ordonné

la réalisation de travaux de rénovations des parties communes d'une résidence située

à Saint-Dizier. Le 17 novembre 2021, à l'occasion d'un contrôle réalisé sur le lieu du chantier, un agent de l'inspection du travail a constaté l'absence de document relatif au repérage

de matériaux contenant de l'amiante prévu par les dispositions de l'article L. 4412-2 du code

du travail. À la suite de ce contrôle et de mesures d'instruction complémentaires, le directeur régional de l'économie, de l'emploi du travail et des solidarités (DREETS) du Grand Est a, par une décision du 2 janvier 2023, infligé à la société CPR Immobilier une amende d'un montant

de 8 000 euros du fait de la méconnaissance des dispositions précitées. La société CPR Immobilier demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur la régularité de la décision en litige :

2. Aux termes des dispositions de l'article R. 8115-1 du code du travail : " Lorsqu'un agent de contrôle de l'inspection du travail constate l'un des manquements aux obligations mentionnées à la section 2 du présent chapitre, il transmet au directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi un rapport sur le fondement duquel ce dernier peut décider de prononcer une amende administrative. ". Selon les dispositions de l'article R. 8122-2 du même code : " () II. - Pour l'exercice des compétences en matière d'actions d'inspection de la législation du travail, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités peut déléguer sa signature au chef du pôle en charge des questions de travail aux directeurs départementaux de l'emploi, du travail et des solidarités, aux directeurs départementaux de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations et, en Ile-de-France, aux directeurs d'unités départementales. En accord avec le délégant, ceux-ci peuvent subdéléguer la signature des actes pour lesquels ils ont eux-mêmes reçu délégation aux agents du corps de l'inspection du travail placés sous leur autorité. Le directeur régional peut mettre fin à tout ou partie de cette délégation. Il peut également fixer la liste des compétences qu'il souhaite exclure de la délégation que peuvent consentir ces chefs de service aux agents du corps de l'inspection du travail placés sous leur autorité. "

3. Par un arrêté du 12 septembre 2022, régulièrement publié le 13 septembre 202au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Grand-Est, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Grand Est a donné délégation de signature à M. A, directeur régional adjoint chargé

des fonctions de responsable du pôle " politique du travail " à l'effet de signer, notamment,

les sanctions administratives prévues à l'article L. 4754-1 du code du travail pour

les manquements aux dispositions de l'article L. 4412-2 du même code. Par la même décision,

le directeur de la DREETS a autorisé M. A à subdéléguer sa signature à un directeur

du travail ou à un directeur adjoint du travail placé sous son autorité. Par un arrêté

du 24 octobre 2022, régulièrement publié le 28 octobre 2022 au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Grand-Est, M. A a subdélégué sa signature

à Mme C, directrice adjointe du travail, à l'effet de signer, notamment, les sanctions administratives prévues à l'article L. 4754-1 du code du travail pour les manquements

aux dispositions de l'article L. 4412-2 du même code. Par suite, le moyen tiré de ce que

la décision attaquée aurait été édictée par une autorité incompétente doit être écarté.

Sur le bien-fondé de la décision en litige :

4. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 4412-2 du code

du travail : " En vue de renforcer le rôle de surveillance dévolu aux agents de contrôle de l'inspection du travail, le donneur d'ordre, le maître d'ouvrage ou le propriétaire d'immeubles par nature ou par destination, d'équipements, de matériels ou d'articles y font rechercher la présence d'amiante préalablement à toute opération comportant des risques d'exposition des travailleurs à l'amiante. Cette recherche donne lieu à un document mentionnant, le cas échéant, la présence, la nature et la localisation de matériaux ou de produits contenant de l'amiante. Ce document est joint aux documents de la consultation remis aux entreprises candidates ou transmis aux entreprises envisageant de réaliser l'opération. Les conditions d'application ou d'exemption, selon la nature de l'opération envisagée, du présent article sont déterminées par décret en Conseil d'Etat. ". Selon les dispositions de l'article R. 4412-97 du même code : " I. - Le donneur d'ordre, le maître d'ouvrage ou le propriétaire d'immeubles par nature ou par destination, d'équipements, de matériels ou d'articles qui décide d'une opération comportant des risques d'exposition des travailleurs à l'amiante fait réaliser la recherche d'amiante mentionnée à l'article L. 4412-2 dans les conditions prévues par le présent paragraphe. () II. - La recherche d'amiante est assurée par un repérage préalable à l'opération, adapté à sa nature, à son périmètre et au niveau de risque qu'elle présente. Les conditions dans lesquelles la mission de repérage est conduite, notamment s'agissant de ses modalités techniques et des méthodes d'analyse des matériaux susceptibles de contenir de l'amiante, sont précisées par arrêtés du ministre chargé du travail et, chacun en ce qui le concerne, des ministres chargés de la santé, de la construction, des transports et de la mer, pour les domaines d'activité suivants : 1° Immeubles bâtis ; () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 4412-97-3 du même code

" I. - Lorsque, pour l'un des motifs suivants, la personne mentionnée au premier alinéa du I de l'article R. 4412-97 constate que le repérage ne peut être mis en œuvre, la sécurité des travailleurs est assurée dans les conditions prévues au II du présent article : () 4° Lorsque l'opération vise à réparer ou à assurer la maintenance corrective et qu'elle relève à la fois des interventions mentionnées au 2° de l'article R. 4412-94 et du premier niveau d'empoussièrement mentionné à l'article R. 4412-98. () II. - Dans les cas mentionnés au I, la protection individuelle et collective des travailleurs est assurée par des mesures prévues pour chaque domaine d'activité par les arrêtés mentionnés au II de l'article R. 4412-97 comme si la présence de l'amiante était avérée. ".

5. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment du devis émis le 16 avril 2021 par la société Peintures Tonnes, que les travaux en litige avaient pour objet des " travaux préparatoires, nettoyage et réparations ponctuelles du revêtement de sol amianté existant de type dalles " ainsi que la " rénovation par recouvrement de matériaux amiantés existants, sans retrait ni encapsulage, relevant de la sous-section 4 ". La mention de la " sous-section 4 " fait référence à la sous-section 4 de la section 3 du chapitre II du titre 1er du livre IV de la quatrième partie du code du travail, sous-section intitulée " dispositions particulières aux interventions sur des matériaux, des équipements des matériels ou des articles susceptibles de provoquer l'émission de fibres d'amiante ". Les travaux visés par cette sous-section sont notamment soumis aux obligations édictées par les dispositions précitées de l'article R. 4412-97 du code du travail qui sont applicables à toutes les opérations comportant des risques d'exposition à l'amiante. Dès lors, les travaux entrepris par la société CPR Immobilier, tels qu'ils étaient prévus dans le devis du 16 avril 2021, constituaient des opérations comportant des risques d'exposition des travailleurs à l'amiante aux sens des dispositions précitées de l'article L. 4412-2 du code du travail. Par suite, le moyen tiré de ce que les travaux entrepris n'entraient pas dans le champ

de ces dispositions doit être écarté.

6. D'autre part, la société CPR Immobilier n'établit pas l'impossibilité de réaliser un repérage préalablement aux travaux du fait de la nécessité de travaux de réparation ou visant à assurer la maintenance corrective au sens des dispositions précitées du 4° du I de l'article

R. 4412-97-3 précité du code du travail. En outre, elle n'établit pas avoir entendu se placer dans le champ de ces dispositions dérogeant à l'obligation d'établissement préalable d'un rapport

de repérage, la société requérante n'ayant, en particulier, pas mis en œuvre les mesures

de protection préventives des travailleurs mentionnées au II de ce même article. Par suite,

le moyen tiré de ce que la nature des travaux entrepris par la société CPR Immobilier ne lui imposait pas de procéder à une recherche préalable de la présence d'amiante doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article 1er de l'arrêté

du 16 juillet 2019 relatif au repérage de l'amiante avant certaines opérations réalisées dans

les immeubles bâtis : " Le présent arrêté précise les conditions dans lesquelles est conduite la mission de repérage de l'amiante avant certaines opérations réalisées dans les immeubles bâtis, conformément aux dispositions de l'article 1er du décret n° 2017-899 du 9 mai 2017 modifié relatif au repérage de l'amiante avant certaines opérations. La mise en œuvre des prescriptions de la norme NF X 46-020 : août 2017 " Repérage amiante - Repérage des matériaux et produits contenant de l'amiante dans les immeubles bâtis - Mission et méthodologie ", dans ses parties afférentes au repérage avant travaux de l'amiante, est réputée satisfaire aux dispositions du présent arrêté, à l'exception des articles 4, 7, 11 et 14. () ". Selon les dispositions de l'article 3 de l'arrêté précité : " () III. - Le donneur d'ordre est dispensé de faire procéder à une recherche d'amiante lorsque les informations consignées dans le dossier de traçabilité prévu à l'article 11 permettent déjà de fournir des informations suffisamment précises quant à la présence ou à l'absence d'amiante dans les matériaux et produits susceptibles d'être impactés par les travaux projetés. " Selon les dispositions de l'article 11 de l'arrêté précité : " () En cas de mission de repérage portant sur les parties communes d'un immeuble collectif à usage d'habitation ou sur un immeuble non utilisé à fin d'habitation, son propriétaire met à jour le contenu du " dossier technique amiante " (DTA) prévu au I de l'article R. 1334-29-5 du code de la santé publique ainsi que de sa fiche récapitulative, en y intégrant les données issues du rapport ou du pré-rapport de repérage amiante avant travaux. Il tient à disposition et communique ce DTA, ainsi complété, selon les modalités prévues au II de l'article R. 1334-29-5 du code de la santé publique. " Selon l'article 13 du même arrêté : " Les repérages amiante avant travaux réalisés préalablement à la date d'entrée en vigueur du présent arrêté conformément aux indications de la norme NF X 46-020 : août 2017 tiennent lieu du repérage amiante avant travaux requis au titre de l'article R. 4412-97 du code du travail. Les repérages amiante avant travaux réalisés préalablement à la date d'entrée en vigueur du présent arrêté conformément aux indications de la norme NF X 46-020 : décembre 2008 ou NF X 46-020 : novembre 2002, en cas de programmation de nouveaux travaux relevant en tout ou partie de leur périmètre de recherche, donnent lieu à évaluation et le cas échéant à des investigations supplémentaires réalisées par un opérateur de repérage répondant aux exigences de l'article 4 du présent arrêté, et réalisées conformément aux modalités fixées au II de l'article 6 du présent arrêté. "

8. Il résulte de l'instruction que le dossier technique amiante de la résidence gérée par la société requérante a été élaboré à la suite d'une visite réalisée le 17 avril 2013. Dès lors,

la norme utilisée pour cette mission a été la norme AFNOR NFX 46-020 dans une version qui n'est plus en vigueur, les prescriptions de ce document ayant été mises à jour en août 2017, soit postérieurement à la rédaction du dossier technique amiante. En outre, la société requérante n'établit pas avoir fait procéder à l'évaluation prévues par les dispositions précitée de l'article 13 l'arrêté du 16 juillet 2019, s'agissant des repérages effectués conformément à la norme

NFX 46-020 dans sa version de 2002 ou de 2008. Dès lors, les informations consignées dans

le dossier technique amiante produit par la société CPR Immobilier n'étaient pas suffisamment précises quant à la présence ou à l'absence d'amiante dans les matériaux et produits susceptibles d'être impactés par les travaux projetés. Par suite, le moyen tiré de ce que la société CPR Immobilier aurait été dispensée de l'obligation de faire procéder à une recherche d'amiante en application des dispositions du III de l'article 3 de l'arrêté du 16 juillet 2019 précité doit être écarté.

9. En troisième lieu, la société CPR Immobilier, qui avait la qualité de donneuse d'ordre, ne conteste pas ne qu'elle n'a pas procédé à recherche de la présence d'amiante préalablement à la réalisation des travaux en litige. En outre, la circonstance que, postérieurement au début des travaux, aucune poussière d'amiante n'ait été détectée

sur le chantier est indifférente à l'obligation de repérage préalable qui incombait à la société requérante en application des dispositions précitées de l'article L. 4412-2 du code du travail,

une telle obligation ayant une visée préventive afin de permettre aux travailleurs d'adapter

les mesures de protection contre l'amiante en fonction du risque encouru. Par suite, il résulte

de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait méconnu

les dispositions de l'article L. 4412-2 du code du travail doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 4754-1 du code

du travail : " Le fait pour le donneur d'ordre, le maître d'ouvrage ou le propriétaire de ne pas se conformer aux obligations prévues à l'article L. 4412-2 et aux dispositions réglementaires prises pour son application est passible d'une amende maximale de 9 000 €. ". Selon les dispositions de l'article L. 4751-1 du même code : " Les amendes prévues au présent titre sont prononcées et recouvrées par l'autorité administrative compétente dans les conditions définies aux articles

L. 8115-4, L. 8115-5 et L. 8115-7, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1. La décision de l'autorité administrative peut être contestée conformément à l'article L. 8115-6. " Aux termes des dispositions de l'article L. 8115-4 du même code : " Pour déterminer si elle prononce un avertissement ou une amende et, le cas échéant, pour fixer le montant de cette dernière, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges. "

11. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la société CPR Immobilier ne s'est pas conformée aux obligations prévues par l'article L. 4412-2 du code du travail. Par conséquent, en application des dispositions précitées de l'article L. 4754-1 du même code,

le montant maximal total de l'amende susceptible de lui être infligé s'élevait à 9 000 euros. Pour déterminer le montant de la sanction en litige, d'une part, le directeur de la DREETS a pris en considération le fait que les travaux en litige avaient été décidés avant l'entrée en vigueur

de l'arrêté du 16 juillet 2019, bien qu'ils aient été ordonnés en 2021, le fait que les travaux

de ponçages n'aient pas été expressément prévus par le devis de la société Peintures Tonnes,

le fait que, postérieurement au début des travaux, un rapport de mesurage de l'empoussièrement n'a pas confirmé la présence de fibres d'amiante dans l'air, bien que la présence de ces fibres ait été confirmée dans le revêtement de matériaux objet des travaux, et, enfin, l'attitude constructive de la société CPR Immobilier durant la phase contradictoire. D'autre part, le directeur

de la DREETS a pris en considération le fait que la société CPR Immobilier avait connaissance de la présence d'amiante sur le chantier et qu'elle n'a malgré tout pas fait procéder à un repérage préalable et le fait qu'au moins 6 travailleurs ont réalisé des travaux impliquant des matériaux d'amiante. De plus, l'exposition à l'amiante constitue un risque sanitaire majeur pour

les travailleurs, auquel il appartient aux donneurs d'ordre de travaux agissant dans un cadre professionnel, tels que la société requérante, d'être particulièrement vigilant. Enfin, la société CPR Immobilier ne fait état d'aucune difficulté économique. Dès lors, en fixant le montant de l'amende à la somme de 8 000 euros le directeur de la DREETS, a suffisamment tenu compte du comportement de la société requérante et de la gravité du manquement en cause. Par suite,

le moyen tiré de ce que la sanction qui a été infligée à la société CPR Immobilier serait disproportionnée doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la société CPR Immobilier tendant à l'annulation ou à la réformation de la décision du 2 janvier 2023 doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, de ses conclusions tendant à ce qu'il soit mis

à la charge de l'État la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1

du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête la société CPR Immobilier est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société CPR Immobilier et à la ministre

du travail, de l'emploi et des solidarités.

Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail

et des solidarités du Grand Est.

Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

M. Maleyre, premier conseiller,

M. Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. HENRIOTLe président,

Signé

A. DESCHAMPS

Le greffier,

Signé

A. PICOT

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