vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300688 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 29 mars 2023 et 14 avril 2023, M. et Mme B A demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 février 2023 par lequel le maire de Monthermé ne s'est pas opposé, au nom de la commune, à la déclaration de travaux déposée par M. C en vue de la création de terrasses et du remplacement de la couverture sur un terrain situé 13 rue Paul Doumer.
Ils soutiennent que :
- la construction a été créée sans permis de construire en avril 2022 ;
- le projet ne respecte pas les articles 678 et 679 du code civil ;
- il existe des incohérences entre les plans du projet et la construction ;
- il a été procédé à une modification de la façade arrière par la création d'une ouverture non déclarée ;
- les travaux ont eu lieu sur la parcelle cadastrée n° 100 et non sur la parcelle cadastrée n° 101 ;
- le permis de construire n'a pas été affiché.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".
2. D'une part, la régularité de l'affichage sur le terrain d'assiette du projet n'ayant d'incidence que sur l'opposabilité du délai de recours contentieux, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, pour contester la légalité de la décision de non-opposition à la déclaration préalable de travaux, de son absence d'affichage. Par suite, un tel moyen doit être écarté comme inopérant.
3. D'autre part, une autorisation d'urbanisme est délivrée sous réserve des droits des tiers. Par suite, M. et Mme A ne peuvent utilement se prévaloir, à l'appui de leur recours en annulation de la décision contestée, d'un préjudice visuel ou d'un préjudice de jouissance et de la méconnaissance des articles 678 et 679 du code civil. Un tel moyen doit être écarté comme inopérant.
4. Par ailleurs, une autorisation d'urbanisme, sous réserve des prescriptions dont elle peut être assortie, n'a pour effet que d'autoriser une construction conforme aux plans déposés et aux caractéristiques indiquées dans le dossier fourni par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance de l'autorisation, de nature à affecter la légalité de celle-ci.
5. M. et Mme A se bornent à invoquer des incohérences entre les plans du projet et la construction, la création d'une ouverture non déclarée sur la façade arrière et la réalisation de travaux sur la parcelle cadastrée n° 100 au lieu de la parcelle cadastrée n° 101. Les moyens ainsi invoqués, et au demeurant non assortis de précisions suffisantes, ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
6. Enfin, si les requérants soutiennent que la construction a été créée en avril 2022 sans permis de construire alors qu'elle est dans le périmètre de l'église Saint-Léger, le moyen ainsi soulevé n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. et Mme A par voie d'ordonnance, en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B A.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 26 juillet 2024.
La présidente de la 1ère chambre,
Signé
A-S MACH
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