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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2300690

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2300690

jeudi 6 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2300690
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantGABON

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête n°2300690 enregistrée le 31 mars 2023, M. A B, représenté par Me Aurélie Gabon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 mars 2023 par lequel le préfet de la Marne a ordonné son assignation à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige, dont la rédaction est stéréotypée, et qui ne mentionne pas les dispositions applicables de l'accord franco-algérien, n'est pas suffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure d'être entendu et de présenter des observations ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de procédure contradictoire préalable, le préfet n'ayant pas respecté le droit d'être entendu énoncé à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et à l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de remise du formulaire l'informant sur ses droits et obligations, prévu à l'article R.732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni de possibilité d'être accompagné d'une personne de son choix ou d'un interprète ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il n'entre dans aucune des catégories d'étrangers pouvant faire l'objet d'une mesure d'assignation à résidence sur le fondement de l'article 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement, dès lors qu'il a introduit un recours contre la mesure portant obligation de quitter le territoire français ;

- la mesure d'assignation à résidence porte atteinte à sa liberté d'aller et venir ;

- la mesure d'assignation à résidence, qui l'oblige à se rendre chaque jour au commissariat de Reims, sur une durée de 45 jours, est entachée d'une erreur d'appréciation, alors qu'il n'habite pas à l'adresse indiquée, qui est une simple adresse postale.

Le préfet de la Marne a produit des pièces, enregistrées le 3 avril 2023.

II°) Par une requête n°2300691 enregistrée le 31 mars 2023, M. A B, représenté par Me Aurélie Gabon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 mars 2023 par lequel le préfet de la Marne a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 6 mois ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige, dont la rédaction est stéréotypée, et qui ne mentionne pas les dispositions applicables de l'accord franco-algérien, n'est pas suffisamment motivé ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de procédure contradictoire préalable, le préfet n'ayant pas respecté le droit d'être entendu énoncé à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et à l'article L.613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de délivrance des informations relatives à l'exécution d'office de la décision, en violation des articles L.613-3, L.613-5 et L.613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des articles L.612-10 et L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale et de la durée de son séjour en France, et méconnaît ainsi les articles L.423-23, L.435-1 et L.612-9 du même code, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation, le préfet n'ayant pas statué sur la demande de titre de séjour qu'il a présentée en juin 2022 ;

- il est entaché d'une erreur de droit, faute pour le préfet d'avoir d'office regardé s'il pouvait prétendre au bénéfice d'un titre de séjour au regard du code de l'entrée eu du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-algérien ;

- la décision fixant le pays de retour méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu des risques qu'il encourt en cas de retour en Algérie ;

- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'une erreur d'appréciation.

Le préfet de la Marne a produit des pièces, enregistrées le 3 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme de Laporte, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Laporte, premier conseiller,

- et les observations de Me Gabon, représentant M. B, qui reprend

à l'oral les mêmes moyens.

En l'absence du préfet de la Marne ou de son représentant, l'instruction a été close après ces observations, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes visées ci-dessus enregistrées sous les numéros 2300690 et 2300691 sont présentées par un même requérant. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

2. M. A B, ressortissant algérien né le 25 mars 1997, déclare être entré en France au cours de l'année 2018. Le 25 janvier 2021, il a présenté une demande de certificat de résidence algérien présentée sur le fondement du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 17 mai 2021, le préfet de la Marne a rejeté sa demande, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays de renvoi. M. B a été interpellé par les services de police dans le cadre d'une vérification de son droit au séjour le 28 mars 2023. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 29 mars 2023 par lequel le préfet de la Marne a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 6 mois, ainsi que de l'arrêté du même jour par lequel le préfet a ordonné son assignation à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la demande du requérant il y a lieu de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité de l'arrêté portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 6 mois :

4. L'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application, dont l'accord franco-algérien, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, pour fixer le pays de renvoi et pour lui interdire le retour sur le territoire français pendant une durée de 6 mois. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de cet arrêté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B avant de prendre l'arrêté en litige. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de l'arrêté et du défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressé doivent être écartés.

5. M. B ne saurait utilement se prévaloir directement des dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, lesquelles s'adressent non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union. S'il se plaint de ne pas avoir été mis en mesure de présenter des observations, avec l'aide d'un interprète, avant que le préfet ne prenne l'arrêté en litige, il ne se prévaut en tout état de cause d'aucun d'élément pertinent tenant à sa situation personnelle susceptible d'influer sur le sens de la décision contestée. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier qu'il a été reçu en audition, le 29 mars 2023, par les services de police, et qu'il a indiqué ne pas souhaiter y être assisté d'un interprète. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.

6. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 613-3, L. 613-4 et L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquels sont relatifs aux conditions de notification d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ou d'interdiction de retour, ne peut qu'être écarté comme inopérant dès lors que les conditions de notification d'une décision administrative sont par elles-mêmes sans incidence sur sa légalité.

7. En se bornant à citer les articles L.612-10 et L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant n'assortit pas le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

8. Si M. B soutient avoir présenté une demande de titre de séjour en juin 2022, il ne l'établit pas par la seule production d'un courrier mentionnant un rendez-vous auprès des services de la Croix-Rouge chargés de l'accompagner dans cette démarche, dont l'objet n'est pas mentionné, fixé le 11 avril suivant. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté serait entaché d'un défaut d'examen de sa situation.

9. Lorsqu'il envisage d'obliger un étranger à quitter le territoire sur le fondement des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour à un autre titre que l'asile, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, M. B ne justifie pas avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au demeurant non applicables aux ressortissants algériens. Il ne saurait, par suite, utilement se prévaloir de ces dispositions à l'encontre de la décision attaquée.

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". M. B, qui déclare être entré en France au cours de l'année 2018, verse au dossier des justificatifs de présence en France depuis cette date. Toutefois, célibataire et sans enfant, il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales en Algérie. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris et méconnaîtrait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. Si le requérant invoque un risque d'être exposé, en cas de retour en Algérie, à des traitements inhumains ou dégradants en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il se borne à invoquer des " conditions personnelles désastreuses " sans apporter aucun élément de précision quant aux menaces qui pèseraient sur lui. Ce moyen doit, par suite, être écarté. Il en va de même du moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait, pour les mêmes raisons, entachée d'une erreur d'appréciation.

Sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :

12. Il ressort de la décision attaquée qu'elle mentionne les éléments de fait qui en constituent le fondement et fait état des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables en matière d'assignation à résidence, cette matière n'étant pas régie par l'accord franco-algérien visé ci-dessus. Elle est ainsi suffisamment motivée, et cette motivation révèle un examen particulier de la situation du requérant.

13. Si le requérant invoque la méconnaissance de son droit à être entendu avant l'intervention de la décision attaquée sur le fondement de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ce moyen doit être écarté comme inopérant pour les motifs mentionnés au point 5. Il ne peut pas non plus utilement se prévaloir de la méconnaissance de ce même droit sur le fondement des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il ressort de l'ensemble des dispositions des livres VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative assigne à résidence un ressortissant étranger.

14. Aux termes de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une assignation à résidence en application de l'article L. 731-1, est informé de ses droits et obligations par la remise d'un formulaire à l'occasion de la notification de la décision par l'autorité administrative () ". Ces dispositions, qui sont propres aux conditions d'exécution d'une assignation à résidence, sont sans incidence sur sa légalité et ne peuvent être utilement invoquées au soutien de conclusions tendant à son annulation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut être qu'écarté.

15. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : l'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français prise moins d'un an auparavant pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". La circonstance que l'obligation de quitter sans délai le territoire français qui lui a été notifiée le 29 mars 2023 sur le fondement de laquelle a été prise la décision attaquée n'ait pas acquis de caractère définitif, alors au demeurant que le présent jugement rejette les conclusions dirigées contre cette décision, est sans incidence sur la légalité de la décision d'assignation à résidence, et le requérant n'est par suite pas fondé à soutenir que sa situation ne relève d'aucune des situations visées par les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

16. La décision d'assignation à résidence prise à l'encontre de M. B lui interdit de quitter le département de la Marne pour une durée de quarante-cinq jours et lui prescrit de se présenter tous les jours de la semaine au commissariat de police de Reims, entre 8 heures et 9 heures, sauf les dimanches et les jours fériés. En se bornant à affirmer que l'adresse qu'il a communiquée ne correspondrait qu'à une adresse postale sans indiquer quel serait son lieu de résidence, qui serait également situé sur le territoire de la commune de Reims, et à se prévaloir de ce qu'il exercerait une activité professionnelle en qualité de livreur à vélo, le requérant n'établit pas qu'il ne serait pas à même de respecter ces obligations. Par suite, il n'est pas fondé à se prévaloir d'une erreur d'appréciation ni d'une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et d'astreinte et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1911, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les requêtes n°2300690 et 2300691 sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. A B, à Me Gabon au préfet de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023

La magistrate désignée, La greffière,

Signé Signé

V. DE LAPORTE S. VICENTE

N°s2300690 et 2300691

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