mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300696 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOSSELUT TIMOTHÉE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 14 mars 2023, M. C A, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 12 mars 2023 par lequel le préfet de la Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit la circulation sur le territoire français durant une période de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;
3°) de bénéficier d'un avocat commis d'office ainsi que d'un interprète, et en cas de libération, qu'un avocat soit désigné pour l'assister au titre de l'aide juridictionnelle ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire des décisions attaquées ;
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- l'arrêté méconnait l'article 27 de la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 et le 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il dispose d'un droit au séjour en application du 1° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne peut ainsi faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
Sur la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
- il n'est pas été procédé à un examen particulier de sa situation ;
- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre publique ;
- il ne présente pas de risque de fuite ;
- le préfet ne justifie pas de l'urgence à lui refuser un délai de départ volontaire ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est excipé de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur la décision portant interdiction de circulation :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est excipé de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet de la Marne qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1988 et de nationalité polonaise, serait entré irrégulièrement en France en 2020 selon ses déclarations. Il a été interpellé le 11 mars 2023 et placé en centre de rétention administrative. Par arrêté du 12 mars 2023, le préfet de la Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français durant une période de deux ans. Par ordonnance du tribunal judiciaire de Strasbourg du 14 mars 2023, le juge des libertés et de la détention a ordonné la remise en liberté du requérant en raison d'un vice de procédure. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 12 mars 2023.
Sur les demandes de désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète :
2. M. A, alors placé en rétention administrative, a présenté sa requête sans ministère d'avocat et a sollicité être assisté à l'audience par un avocat commis d'office et par un interprète. Toutefois, dès lors que le requérant a été remis en liberté au cours de l'instance, il n'y a plus lieu de statuer sur ses demandes fondées sur les dispositions des articles L. 614-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
4. M. A n'a pas déposé de demande d'aide juridictionnelle. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes ()/2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; ()./ L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ".
6. En application des dispositions précitées de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lues à la lumière des objectifs de la directive du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
7. Pour obliger M. A à quitter le territoire français, le préfet de la Marne a considéré qu'il constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société au motif qu'il est défavorablement connu des services de police pour des faits de violences sur sa conjointe commis les 22 et 25 octobre 2022 et 14 février 2023.
8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des procès-verbaux produits par le préfet, que M. A est suspecté pour des faits de violences et de relations sexuelles non consenties avec sa compagne avec qui il vit dans une chambre d'hôtel depuis septembre 2022. L'intéressé a contesté la matérialité de ces faits au cours des auditions. Lors de l'intervention du 25 octobre 2022, les gendarmes ont constaté, à la suite d'un dépistage pour alcoolémie, que les conjoints étaient tous deux sous l'emprise de l'alcool. Le procureur de la République a été saisi de ces faits. Cependant si les faits en cause, dont la réalité n'est au demeurant pas établie, sont répétés et très récents, il n'en demeure pas moins que le requérant n'a pas fait l'objet de condamnations pénales ni même de poursuites pénales. Dans ces conditions, compte tenu de la durée de séjour du requérant, de la nature des faits de violence fondant la décision attaquée qui se sont, en outre, déroulés sur une courte période et n'ont pas fait l'objet de poursuites judiciaires, le préfet a commis une erreur d'appréciation en estimant que la présence de M. A en France était de nature à caractériser une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. Par suite, le préfet ne pouvait légalement prendre à son encontre une mesure d'éloignement.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la décision obligeant M. A de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, les décisions refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de circuler sur le territoire français, qui en procèdent.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
11. M. A n'étant pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 3 : L'arrêté du préfet de la Marne du 12 mars 2023 est annulé.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Marne.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Stéphanie Lambing, première conseillère,
M. Clemmy Friedrich, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
S. B
Le président,
Signé
O. NIZET
La greffière,
Signé
I. DELABORDE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026