vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300747 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MALIK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2023, complétée par un mémoire enregistré
le 4 août 2023 présenté par Me Malik, Mme A C B, représentée par
Me Malik demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 21 janvier 2023 par laquelle l'université de Reims Champagne-Ardenne a rejeté sa demande d'admission au sein du master droit, économie, gestion mention " comptabilité, contrôle, audit " ainsi que la décision du 22 mars 2023 rejetant son recours gracieux contre cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'université de Reims Champagne-Ardenne d'admettre sa candidature à ce master, ou à défaut de réexaminer sa candidature ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Reims Champagne-Ardenne une somme
de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juillet 2023, l'université de Reims Champagne-Ardenne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, d'une part, qu'il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de contrôler l'examen fait par un jury de la valeur des candidats et que le moyen invoqué n'est pas fondé.
Par courrier du 31 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'incompétence
de la commission pédagogique pour statuer sur les candidatures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la délibération n° 89-2022 du 6 décembre 2022 conseil d'administration l'université de Reims Champagne-Ardenne relative au cadrage et capacités d'accueil
de la campagne de recrutement en master 1 2023-2024 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Deschamps, rapporteur,
- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a présenté, au titre de l'année universitaire 2023/2024,
une demande d'admission en master 1 (M1) mention " comptabilité-contrôle-audit " proposé par l'université de Reims Champagne-Ardenne (URCA). Il n'a pas été fait droit à sa demande par une décision du 21 janvier 2023, confirmée sur recours gracieux le 22 mars 2023.
Mme B demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'éducation : " Les formations du deuxième cycle sont ouvertes aux titulaires des diplômes sanctionnant les études du premier cycle () / Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat () / Les capacités d'accueil fixées par les établissements font l'objet d'un dialogue avec l'Etat () ". Aux termes du IV de l'article L. 712-3 du même code : " Le conseil d'administration détermine la politique de l'établissement. A ce titre : / () 8° Il délibère sur toutes les questions que lui soumet le président, au vu notamment des avis et vœux émis par le conseil académique, et approuve les décisions de ce dernier en application du V de l'article L. 712-6-1 () ". Son article D. 612-36-2 dispose : " Les établissements autorisés par l'Etat à délivrer le diplôme national de master peuvent organiser un processus de recrutement conformément aux dispositions de l'article L. 612-6. Les refus d'admission sont notifiés. Les motifs pour lesquels l'admission est refusée sont communiqués aux candidats qui en font la demande dans le mois qui suit la notification de ce refus. ". Il résulte de ces dispositions qu'une sélection des candidats à l'accès en première année de deuxième cycle doit être mise en œuvre lorsqu'une université a décidé de fixer des capacités d'accueil au moyen d'une délibération annuelle de son conseil d'administration, laquelle doit notamment déterminer les capacités d'accueil et les modalités de sélection, ces dernières devant être assorties de critères de sélection sur l'application desquels le juge opère un contrôle de l'erreur manifeste.
3. En l'absence de toute disposition contraire qui figurerait dans la délibération n°86-2022 du 6 décembre 2022 du conseil d'administration de l'URCA relative à la campagne de sélection des candidats pour l'année 2023-2024, l'autorité compétente pour se prononcer sur les admissions est le président de l'université. Par suite, la commission pédagogique, chargée
de faire des propositions d'admission, n'avait pas compétence pour en décider. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête, les décisions attaquées doivent être annulées.
4. Sour réserve que la requérante maintienne sa candidature pour l'année universitaire 2024-2025, ces annulations impliquent qu'il soit enjoint à l'URCA de procéder
à un réexamen de sa candidature au titre de l'année universitaire à venir.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire droit à la demande présentée par Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code
de justice administrative et de mettre à la charge de l'URCA une somme de 1 000 euros en remboursement des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 21 janvier 2023 et du 22 mars 2023 sont annulées.
Article 2 : Sous réserve du maintien par la requérante de sa candidature pour l'année 2023-2024, il est enjoint à l'université de Reims Champagne-Ardenne de réexaminer la candidature
de Mme B dans le master droit économie gestion mention " comptabilité-contrôle-audit " au titre de l'année 2024-2025.
Article 3 : L'université de Reims Champagne-Ardenne versera à Mme B
une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code
de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C B et à l'université de Reims Champagne-Ardenne.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le conseiller le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
P-H. MALEYRE
Le président,
Signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
Signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026