mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300783 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2023, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 mars 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Marne a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé à l'encontre de la décision rejetant sa demande du 10 janvier 2023, tendant à l'octroi d'une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " ;
2°) d'ordonner la délivrance d'une CMI portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".
Il soutient qu'il est indispensable qu'il bénéficie des avantages que procure une CMI portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " en raison des difficultés qu'il rencontre pour manœuvrer et procéder au stationnement de son véhicule, lesquelles sont dues à sa cécité monoculaire. Il soutient avoir des difficultés à la marche.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2023, le président du conseil départemental de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par M. C est infondé.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 14 novembre 2023, M. C conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique.
- le rapport de M. A,
- et les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles : " () IV. - Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur () ". L'article L. 241-3 de ce code dispose que : " I.- La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () ".
2. L'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles, précise que :
" 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres () / 3. Dispositions communes : / La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention " stationnement pour personnes handicapées " de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé. / Lorsque les troubles à l'origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d'attribution de cette carte tient compte de l'évolutivité potentielle de ceux-ci ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte de stationnement pour personnes handicapées il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si l'octroi d'une carte européenne de stationnement, aujourd'hui remplacée par la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit attribuée la mention " stationnement pour personnes handicapées " sur la carte " mobilité inclusion ".
4. Il résulte de l'instruction que M. C souffre d'une cécité monoculaire et qu'il a subi diverses opérations chirurgicales tendant à traiter une compression médullaire cervicale. Le requérant soutient qu'en raison des difficultés qu'il rencontre pour manœuvrer et procéder au stationnement de son véhicule, dues à sa cécité monoculaire, il devrait bénéficier des avantages que procure une CMI mention " stationnement pour personnes handicapées ". Il fait également valoir avoir des difficultés à la marche. Or, il ne résulte pas de l'instruction que les pathologies dont il est affecté, dont la matérialité et la gravité ne sont pas contestées, auraient pour effet de provoquer une perte d'autonomie qui correspondrait à l'un des critères définis par les dispositions précitées qui détermine les cas où la carte mobilité inclusion portant la mention stationnement peut être délivrée. Il s'ensuit que la requête de M. C ne peut être que rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au département de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le magistrat désigné,
O. A
La greffière,
N. MASSON
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