mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2023, Mme A C demande au tribunal d'annuler la décision du 16 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Marne a rejeté sa demande de remise gracieuse de dette au titre du revenu de solidarité active (RSA).
Elle soutient que :
- l'indu de RSA, d'un montant de 1 125,69 euros, résulte d'une erreur de la CAF ;
- sa précarité financière ne lui permet pas de rembourser la somme due.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2023, le département de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. Il résulte de l'instruction que l'intéressée a perçu un montant excédant ses droits au titre du RSA, à raison d'une appréciation erronée de ses ressources par la CAF de la Marne, entrainant un trop-perçu de 1 125,69 euros qui trouve, pour partie, son origine dans une erreur de la CAF de la Marne et dans les omissions qui ont entaché les déclarations de l'intéressée.
4. Mme C justifie avoir deux enfants et de ce qu'elle bénéficie régulièrement d'indemnités journalières, son état de santé la plaçant dans l'impossibilité de reprendre une activité professionnelle. Les factures et charges dont elle fait état, permettent d'établir que sa situation financière justifie, alors même qu'un échelonnement des paiements lui a été accordé, qu'il soit fait droit à sa demande de remise gracieuse. Dans ces circonstances et eu égard à ce qui précède et notamment à l'origine de l'indu et à la situation financière de l'intéressée, il y a lieu de prononcer une remise de 50 % de la somme en cause.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la décision attaquée doit être annulée et qu'il convient d'accorder à la requérante une remise de 50 % de sa dette.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 16 mars 2023 est annulée.
Article 2 : Mme C est déchargée du paiement 50 % de la somme de 1 125,69 euros.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la caisse d'allocations familiales de la Marne et au département de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
O. B
La greffière,
Signé
N. MASSON
N°2300958
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