mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300970 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mai 2023 et 8 février 2024, l'université de Reims Champagne-Ardenne, représentée par Me Dreyfus, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 1er mars 2023 par laquelle
la commission de discipline de la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers de l'université de Reims Champagne-Ardenne a refusé de sanctionner
M. A B, l'un de ses étudiants ;
2°) d'enjoindre à la commission de discipline de la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers de l'université de Reims Champagne-Ardenne d'infliger à M. B une exclusion temporaire d'une durée d'un an assortie de l'annulation de son inscription dans l'option " accès santé " de sa licence d'adossement au titre
de l'année 2020-2021.
Elle soutient que :
- la section disciplinaire a commis une erreur de droit en entachant sa décision d'incompétence négative en refusant de qualifier les faits dont elle était saisie ;
- la section disciplinaire a commis une erreur d'appréciation en considérant que les faits reprochés à M. B ne constituaient pas une faute ;
- l'absence de toute sanction n'est pas proportionnée, une exclusion d'un an constituant une sanction adaptée pour les faits reprochés à M. B.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Riou, demande au tribunal :
1°) de rejeter de la requête ;
2°) de mettre à la charge de l'université de Reims Champagne-Ardenne la somme
de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'université de Reims Champagne-Ardenne à lui verser la somme
de 5 000 euros à titre d'amende pour procédure abusive au titre des dispositions
de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Le président de la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard
des usagers de l'université de Reims Champagne-Ardenne, à qui la requête a été communiquée, n'a produit aucune observation.
La clôture de l'instruction a été fixée au 1er mars 2024 par une ordonnance
du 8 février 2024.
Par un courrier du 11 septembre 2024, les parties ont été informées, en application
des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce que par un jugement n°2202025 du 2 décembre 2022, qui est revêtu de l'autorité absolue de chose jugée, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé la décision du 29 mars 2022 de la responsable du service de la scolarité de l'unité de formation et de recherche de médecine de l'université de Reims Champagne-Ardenne refusant l'inscription de M. B en deuxième année de licence accès santé au motif qu'aucune disposition n'interdisait à M. B de s'inscrire en première année de LAS au titre de l'année 2021-2022 alors même qu'il avait déjà effectué une inscription en PACES en 2019-2020.
Les parties n'ont pas produit d'observations en réponse à cette information.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henriot, conseiller ;
- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public ;
- et les observations de Me Grail, représentant l'université de Reims Champagne-Ardenne ainsi que celles de Me Riou, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, qui s'était inscrit à l'université de Paris VII Diderot, au titre de l'année universitaire 2019/2020, en première année commune aux études de santé adaptée (PACES), n'a pas validé son année et a échoué aux épreuves d'accès en deuxième année
de la filière de médecine. Après une année sabbatique, il a postulé au titre de l'année 2021/2022 à une formation de licence accès santé en économie et gestion, proposée par l'université de Reims Champagne-Ardenne. Dans le cadre de son inscription, il lui a été demandé de renseigner une attestation sur l'honneur, qu'il a signée le 1er octobre 2021, certifiant " ne pas avoir déjà effectué d'inscription dans le cadre d'une année d'accès aux études de santé ". Bien que
M. B ait validé son année universitaire, la responsable du service de la scolarité de l'unité de formation et de recherche (UFR) de médecine de l'université de Reims Champagne-Ardenne a, par une décision du 29 mars 2022 refusé de l'inscrire en deuxième année de licence accès santé (LAS) au motif que l'intéressé, qui aurait dû redoubler la première année commune
aux études de santé en 2020-2021, a épuisé toutes ses chances d'accéder aux études de santé. Par un jugement n°2202025 du 2 décembre 2022, le tribunal administratif
de Châlons-en-Champagne a, à la demande de M. B, annulé la décision du 29 mars 2022 et enjoint à l'université de Reims Champagne-Ardenne d'admettre M. B en deuxième année de LAS. Par un arrêt n°22NC03141 du 18 juillet 2023, la cour administrative d'appel de Nancy a rejeté la requête formée par l'université de Reims Champagne-Ardenne à l'encontre de ce jugement. Le 5 octobre 2022, le président de l'université de Reims Champagne-Ardenne a saisi la commission de discipline de la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers de cet établissement afin de lui soumettre les faits relatifs à la signature par M. B d'une attestation sur l'honneur mensongère le 1er octobre 2021. Par une décision du 1er mars 2023, la commission de discipline précitée a décidé de ne pas prononcer de sanction à l'encontre de l'étudiant. L'université de Reims Champagne-Ardenne demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 811-10 du code de l'éducation :
" Le conseil académique, constitué en section disciplinaire conformément à l'article L. 811-5, est compétent pour prononcer des sanctions à l'égard des usagers de l'université, dans les conditions et selon la procédure prévues aux articles R. 811-11 à R. 811-42. ". Selon l'article R. 811-11 du même code : " Relève du régime disciplinaire prévu aux articles R. 811-10
à R. 811-42 tout usager de l'université lorsqu'il est auteur ou complice, notamment :
1° D'une fraude ou d'une tentative de fraude commise notamment à l'occasion d'une inscription, d'une épreuve de contrôle continu, d'un examen ou d'un concours ; 2° De tout fait de nature à porter atteinte à l'ordre, au bon fonctionnement ou à la réputation de l'université. () ". Selon l'article R. 811-36 du même code : " I.-Les sanctions disciplinaires applicables aux usagers des établissements publics d'enseignement supérieur sont, sous réserve des dispositions de l'article R. 811-37 : 1° L'avertissement ; 2° Le blâme ; 3° La mesure de responsabilisation définie au II ; 4° L'exclusion de l'établissement pour une durée maximum de cinq ans. Cette sanction peut être prononcée avec sursis si l'exclusion n'excède pas deux ans ; 5° L'exclusion définitive de l'établissement ; 6° L'exclusion de tout établissement public d'enseignement supérieur
pour une durée maximum de cinq ans ; 7° L'exclusion définitive de tout établissement public d'enseignement supérieur. Toute sanction prévue au présent article et prononcée dans le cas d'une fraude ou d'une tentative de fraude commise à l'occasion d'une inscription entraîne
la nullité de l'inscription. () ".
3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 811-25 du code de l'éducation : " Les poursuites sont engagées devant la section disciplinaire par le président de l'université dans les cas prévus aux 1° et 2° de l'article R. 811-11. Elles peuvent également être engagées par le recteur de région académique, à son initiative ou sur saisine de toute personne s'estimant lésée par des faits imputés à l'usager. ". Selon les dispositions de l'article
R. 811-26 du même code : " La section disciplinaire est saisie par une lettre adressée à son président. Ce document mentionne le nom, l'adresse et la qualité de la personne faisant l'objet des poursuites ainsi que les faits qui lui sont reprochés. Il est accompagné de toutes pièces justificatives. ".
4. Il résulte des termes de la décision attaquée que la commission de discipline
de la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers de l'université de Reims Champagne-Ardenne a estimé que M. B avait transmis une fausse attestation lors de son inscription pour l'attestation pour l'année universitaire 2021-2022 mais qu'il ne s'était pas " rendu coupable de faux et usage de faux ". Par suite, le moyen tiré de ce que la commission n'aurait pas qualifié les faits qui lui étaient soumis manque en fait et doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes du quatrième alinéa du I de l'article R. 631-1-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction alors applicable : " Tout candidat peut présenter deux fois sa candidature pour une admission dans les formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique sous réserve d'avoir validé au moins 60 crédits ECTS supplémentaires lors de sa seconde candidature. ". Aux termes du deuxième alinéa
de l'article R. 631-1-3 du même code : " Tout étudiant peut présenter à deux reprises sa candidature pour une admission dans les formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique. ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'après son échec en PACES lors de l'année universitaire 2019/2020, M. B ne s'est inscrit à aucune formation durant l'année 2020/2021. Dès lors, il n'a pas fait usage de la faculté dont il disposait de présenter une seconde candidature pour une admission dans les formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique préalablement à son inscription en LAS à l'université de Reims Champagne-Ardenne au titre de l'année 2021/2022. En outre, il ne résulte d'aucune disposition
qu'un étudiant soit tenu de présenter une seconde candidature à une formation de médecine l'année suivant son échec. Par conséquent, le fait d'avoir été inscrit en PACES durant l'année universitaire 2019/2020 n'interdisait pas à M. B de candidater à une inscription en LAS au titre de l'année 2021/2022. Par ailleurs, par un jugement n°2202025 du 2 décembre 202le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé la décision du 29 mars 2022 refusant à M. B l'inscription en deuxième année de (LAS). Ce jugement a été confirmé par un arrêt n°22NC03141 du 18 juillet 2023 de la cour administrative d'appel de Nancy qui est devenu définitif.
7. D'autre part, il résulte de ce qui précède que l'attestation signée par l'étudiant
le 1er octobre 2021 indiquant qu'il n'avait jamais effectué une inscription en formation de médecine, bien que mensongère, n'avait pas pour objet ou n'a pas eu pour effet de permettre à M. B de s'inscrire en première année de LAS alors qu'il ne remplissait pas les conditions d'une telle inscription. Dès lors, l'attestation du 1er octobre 2021 ne constitue pas un faux et ne présente pas de caractère frauduleux. Par suite, le moyen tiré de ce que la commission de discipline aurait commis une erreur d'appréciation en ne qualifiant pas le comportement M. B de fraude, tentative de fraude ou usage de faux doit être écarté.
8. En troisième lieu, M. B n'ayant pas n'ayant pas commis de fraude pour
les motifs énoncés au points précédent, le moyen tiré de la commission de discipline aurait nécessairement dû lui infliger une exclusion temporaire d'un an pour ces faits doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que l'université de Reims Champagne-Ardenne n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 1er mars 2023. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence.
10. Aux termes des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. "
11. La faculté prévue par ces dispositions constituant un pouvoir propre du juge,
les conclusions de M. B tendant à ce que l'université de Reims Champagne-Ardenne soit condamnée à une telle amende ne sont pas recevables.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'université de Reims Champagne-Ardenne la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre
des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'université de Reims Champagne-Ardenne est rejetée.
Article 2 : L'université de Reims Champagne-Ardenne versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'université de Reims Champagne-Ardenne,
au président de la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers de l'université de Reims Champagne-Ardenne et à M. A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
Mme Alibert, première conseillère,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
J. HENRIOTLe président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026