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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2300987

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2300987

lundi 15 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2300987
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantOPYRCHAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 et 5 mai 2023, Mme D A, représentée par Me Opyrchal, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n° PRD-2023-0605 du 6 avril 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 6 avril 2023 par lequel cette même autorité l'a assignée à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à Me Opyrchal en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- l'arrêté de transfert est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que l'autorité préfectorale ne démontre pas lui avoir délivré l'information prévue par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dans les conditions exposées dans ce dernier ;

- contrairement à ce que prévoit l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, il n'est pas établi qu'il aurait bénéficié d'un entretien préalable personnel et que cet entretien a été mené par une personne qualifiée dans des conditions garantissant la confidentialité des échanges ;

- la préfète ne justifie pas qu'une attestation de demandeur d'asile lui aurait été délivrée conformément aux dispositions des articles L. 521-5, L. 521-7 et L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté contrevient à l'article 13 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors que la préfète ne justifie pas qu'elle a franchi la frontière italienne dans les douze mois et que ce pays est responsable de sa demande d'asile ;

- la préfète ne justifie pas que les autorités italiennes auraient été régulièrement saisies et auraient donné leur accord pour sa reprise charge comme le prévoient les articles 18 et 19 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 ;

- l'examen de sa situation aurait dû conduire la préfète à faire application des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- cet arrêté méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté d'assignation doit être annulé en raison de l'illégalité de l'arrêté de transfert sur lequel il se fonde ;

- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 mai 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable faute de respecter les conditions posées par l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Maleyre, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Opyrchal pour le compte de Mme A, qui soutient en outre que son compagnon a présenté une demande d'asile, ainsi que celles propres de la requérante.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 6 juin 1996 serait entrée sur le territoire français le 1er décembre 2022. Le 13 décembre suivant, elle a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié. La consultation du fichier Eurodac a mis en évidence que l'intéressée avait irrégulièrement franchi la frontière italienne en provenance d'un Etat tiers dans les douze mois précédents l'introduction de sa première demande d'asile. Une attestation de demande d'asile en procédure Dublin lui a été délivrée à cette même date. Les autorités de ce pays ont été saisies d'une demande de prise en charge le 21 décembre 2022, qui a été implicitement acceptée le 22 février 2023. Par deux arrêtés du 6 avril 2023, la préfète du Bas-Rhin a, d'une part, ordonné son transfert aux autorités italiennes, responsables de sa demande d'asile et, d'autre part, assigné l'intéressée à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours. Mme A demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide

juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté de transfert :

4. L'arrêté en litige vise le règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, en particulier le 1 de son article 13, et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il expose les différents actes de procédure accomplis par l'autorité administrative et les éléments sur lesquels la préfète s'est fondée pour estimer que l'examen de la demande de protection internationale présentée par Mme A relevait de la responsabilité d'un autre Etat. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.

5. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté en litige que la préfète a procédé à l'examen particulier de sa situation, notamment en étudiant la possibilité que la France puisse devenir responsable de l'instruction de sa demande d'asile.

6. En vertu de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le moment où sa demande de protection internationale est introduite, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus par ces dispositions. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative des brochures prévues par lesdites dispositions constitue pour le demandeur d'asile une garantie. Conformément aux dispositions de son article 5, les autorités de l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable doivent vérifier que le demandeur d'asile a bien reçu et compris les informations prévues par l'article 4 du même règlement.

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les services de la préfecture du Bas-Rhin ont notamment remis à Mme A le 13 décembre 2022 les brochures intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " en langue française, langue qu'elle a déclaré comprendre et sur la première page desquelles elle a apposé sa signature. Ces dernières constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 et contiennent l'intégralité des informations prévues par les dispositions précitées de ce règlement. D'autre part, l'entretien individuel prévu par les dispositions de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013, dont aucune pièce au dossier ne permet d'établir qu'il n'aurait pas été conduit des conditions respectant la confidentialité, mené par un agent de la préfecture du Bas-Rhin, qualifié au sens du 5 de cet article, a également eu lieu le 13 décembre 2022. Aucune pièce au dossier ne permet d'établir que Mme A n'aurait pas été en mesure d'apporter des éléments complémentaires alors qu'il ressort du résumé de l'entretien individuel qu'elle a pu faire part des éléments essentiels de sa situation. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut donc qu'être écarté.

8. Si Mme A prétend que les services de la préfecture du Bas-Rhin ne lui ont pas délivré une attestation de demandeur d'asile à l'occasion de l'enregistrement de sa demande d'asile, une telle circonstance, à la supposer même vérifiée, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté.

9. Aux termes de l'article 2 du règlement du 26 juin 2013 : " Aux fins du présent règlement, on entend par : / () g) membres de la famille, dans la mesure où la famille existait déjà dans le pays d'origine, les membres suivants de la famille du demandeur présents sur le territoire des États membres : / le conjoint du demandeur, ou son ou sa partenaire non marié(e) engagé(e) dans une relation stable, lorsque le droit ou la pratique de l'État membre concerné réserve aux couples non mariés un traitement comparable à celui réservé aux couples mariés, en vertu de sa législation relative aux ressortissants de pays tiers ". Son article 10 dispose : " Si le demandeur a, dans un État membre, un membre de sa famille dont la demande de protection internationale présentée dans cet État membre n'a pas encore fait l'objet d'une première décision sur le fond, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, à condition que les intéressés en aient exprimé le souhait par écrit ".

10. Si Mme A se prévaut de ce que M. B, qui est son concubin et non son conjoint comme cela est ressorti des échanges à la barre, a également présenté une demande d'asile en France en cours d'instruction, elle ne démontre ni la stabilité de son couple ni que celui-ci existait déjà avant son entrée en France conformément au g) de l'article 2 g du règlement sus rappelé. Par suite la préfète du Bas-Rhin, en prenant l'arrêté en litige, n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article 10 du règlement du 26 juin 2013.

11. Aux termes de l'article 7 du règlement du 26 juin 2013 : " 1. Les critères de détermination de l'Etat membre responsable s'appliquent dans l'ordre dans lequel ils sont présentés dans le présent chapitre. / 2. La détermination de l'Etat membre responsable en application des critères énoncés dans le présent chapitre se fait sur la base de la situation qui existait au moment où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour la première fois auprès d'un Etat membre () ". Aux termes de l'article 13 du même règlement : " 1. Lorsqu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, du présent règlement, notamment des données visées au règlement (UE) n° 603/2013, que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière. / 2. Lorsqu'un État membre ne peut pas, ou ne peut plus, être tenu pour responsable conformément au paragraphe 1 du présent article et qu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, que le demandeur qui est entré irrégulièrement sur le territoire des États membres ou dont les circonstances de l'entrée sur ce territoire ne peuvent être établies a séjourné dans un État membre pendant une période continue d'au moins cinq mois avant d'introduire sa demande de protection internationale, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. / Si le demandeur a séjourné dans plusieurs États membres pendant des périodes d'au moins cinq mois, l'État membre du dernier séjour est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. ". Il résulte de ces dispositions que la détermination de l'État membre en principe responsable de l'examen de la demande de protection internationale s'effectue une fois pour toutes à l'occasion de la première demande d'asile, au vu de la situation prévalant à cette date. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que les critères prévus à l'article 13 du règlement ne sont susceptibles de s'appliquer que lorsque le ressortissant d'un pays tiers présente une demande d'asile pour la première fois depuis son entrée sur le territoire de l'un ou l'autre des Etats membres et qu'en particulier, les dispositions de cet article ne s'appliquent pas lorsque le ressortissant d'un pays tiers présente, fût-ce pour la première fois, une demande d'asile dans un Etat membre après avoir déposé une demande d'asile dans un autre Etat membre, que cette dernière ait été rejetée ou soit encore en cours d'instruction.

12. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de celles produites en défense, que les empreintes digitales de Mme A ont été enregistrées par les autorités italiennes sur l'île de Lampedusa le 1er novembre 2022 sous le numéro IT2AG06WSA2, le chiffre 2 suivant les lettres d'identification de l'Etat membre correspondant à la situation des ressortissants de pays tiers ou apatrides interpellés à l'occasion du franchissement irrégulier d'une frontière extérieure de l'Union européenne. Ainsi, la demande présentée en France par la requérante constitue une première demande d'asile dans un Etat membre au sens des dispositions précitées de l'article 7 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 et elle est intervenue dans les douze mois suivant son entrée irrégulière en Italie le 31 octobre 2022. Par suite, les autorités italiennes étaient responsables de l'examen de la demande d'asile de Mme A.

13. Il ressort également des pièces du dossier que les autorités italiennes ont été saisies par leurs homologues françaises d'une demande de prise en charge le 21 décembre 2022 et qu'elles ont donné leur accord implicite le 22 février 2023 en application des dispositions de l'article 22 du règlement du 26 juin 2013, contrairement à ce que soutient Mme A.

14. La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement du 26 juin 2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

15. D'une part, eu égard à ce qui a été dit au point 10, Mme A n'est pas fondée à se prévaloir de la circonstance que la préfète du Bas-Rhin aurait dû examiner sa demande d'asile au motif que la personne étant présentée comme son compagnon a déposé une demande d'asile en cours d'instruction. D'autre part, il ne ressort pas des pièces que la préfète se serait estimée à tort en situation de compétence liée pour transférer l'intéressée en Italie ni qu'elle ne pourrait pas être prise en charge au plan de son état de santé dans ce pays.

16. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations. En l'espèce, Mme A n'invoque aucune circonstance contraire et la préfète a notamment étudié la possibilité que la France puisse devenir responsable de l'instruction de sa demande d'asile, ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement.

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté d'assignation à résidence :

17. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de la décision prononçant le transfert aux autorités italiennes de Mme A doit être écarté.

18. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".

19. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, célibataire et sans enfant, est seulement entrée en France le 1er décembre 2022. Elle ne produit aucun élément permettant d'établir l'ancienneté et l'intensité de sa relation avec la personne présentée comme étant son compagnon, qui fait l'objet d'une procédure visant à déterminer l'Etat membre responsable de sa demande d'asile au titre des dispositions du règlement du 26 juin 2013. Dès lors, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés du 6 avril 2023 de la préfète du Bas-Rhin. En conséquence, ses conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Opyrchal et à la préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 15 mai 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

P-H. C

La greffière,

Signé

S. VICENTE

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