jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MERGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés les 13 mai 2023, 6 juin 2023, 13 juin 2023, 15 juin 2023, 26 juin 2023 et 10 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Merger, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2023 par lequel la préfète de la Haute-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Marne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure tiré de ce que la date de sa notification n'est pas établie ;
- il a été pris par une autorité incompétente, dès lors que l'existence et la publication de la délégation de signature de cette dernière ne sont pas établies ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il porte atteinte au droit au respect de sa vie privée en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la même convention, eu égard aux risques de persécutions encourus dans son pays d'origine ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, eu égard aux risques de persécutions encourus dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2023, la préfète de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, conseiller,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 1er janvier 1996, déclare être entré en France le 1er février 2018. Le 24 janvier 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture de la Haute-Marne. Par un arrêté du 5 mai 2023, la préfète de la Haute-Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté du 5 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, et mentionné dans les visas de l'arrêté en litige, la préfète de la Haute-Marne a donné à M. Maxence Den Heijer, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, délégation à l'effet de signer tous arrêtés et décisions en matière de police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté comporte la mention des motifs de fait et de droit qui en constituent le fondement. Cette motivation ne présente, en l'espèce, aucun caractère stéréotypé. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, les conditions de notification et d'exécution d'un acte sont sans incidence sur sa légalité, qui s'apprécie le jour de son édiction. Par suite, la circonstance que l'arrêté attaqué ne comporte pas la date de sa notification à l'intéressé est sans incidence sur sa légalité.
5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de la Haute-Marne n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation personnelle de M. A. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté comme manquant en fait.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. A, qui déclare être entré en France en février 2018, se prévaut d'une durée de séjour sur le territoire français de cinq années à la date de l'arrêté attaqué. Par les attestations qu'il produit dans le cadre de l'instance, M. A justifie de l'existence d'une intégration sociale en France manifestée par son investissement régulier et sérieux dans le cadre d'actions locales caritatives, à l'occasion desquelles il a noué des relations amicales, ainsi que sa participation à un club de football depuis la fin de l'année 2021. Il se prévaut d'une promesse d'embauche en 2022 portant sur un contrat à durée déterminée de six mois en qualité d'aide-maçon. Si M. A fait état d'une procédure d'adoption simple par Mme C, ressortissante française qui l'héberge depuis février 2020, il est constant que l'acte notarié, établi postérieurement à l'arrêté en litige, porte uniquement sur le consentement de M. A à cette adoption et que l'adoptante doit encore entreprendre des démarches auprès du tribunal judiciaire. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par M. A, que celui-ci, qui est célibataire, sans enfant et qui ne se prévaut de la présence d'aucun membre de sa famille en France, serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu la majorité de sa vie. Au surplus, M. A a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français le 31 décembre 2019 qu'il n'a pas exécutée. Dans ces conditions, et eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour, l'arrêté contesté n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. En sixième lieu, d'une part, aux termes du 1 de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. () ". D'autre part, aux termes de l'article 3 de la même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
9. M. A soutient être exposé à des risques de persécutions en cas de retour en Guinée dès lors qu'il est l'auteur d'un accident ayant causé la mort d'un jeune malinké en 2016 et qu'il a été incarcéré pendant une période de sept mois durant laquelle il a été victime de tortures. Toutefois, les témoignages, photographies et documents médicaux qu'il produit ne permettent pas d'établir le caractère réel et actuel des risques allégués de persécutions en cas de retour en Guinée. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis la Cour nationale du droit d'asile, auprès desquels ces éléments ont déjà été produits, ont rejeté définitivement sa demande d'asile. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 9, M. A n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de conséquences excessives qu'elles auraient sur sa situation personnelle.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Charles-Eloi Merger et à la préfète de la Haute-Marne.
Délibéré après l'audience du 31 août 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLa présidente,
Signé
A-S. MACH
Le greffier,
Signé
E. MOREUL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026