mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | GABON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2023, M. F E, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 17 avril 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé de sa réadmission en Croatie afin d'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de faire droit à sa demande d'asile et de se déclarer compétent pour l'étudier, sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par un auteur incompétent ;
- il est insuffisamment motivé ;
- les documents prévus à l'article 4 du règlement n° 604/2013 ne lui ont pas été communiqués ; ils ne lui ont pas été communiqués dans une langue qu'il comprend ;
- il n'a pas été informé dès lors qu'il est analphabète ;
- il n'a pas été amené à formuler des observations ;
- l'article 5 du règlement n° 604/2013 a été méconnu dès lors que l'entretien qu'il prévoit, c'est fait en dehors de personnel qualifié, d'interprète et en l'absence d'accès au résumé de l'entretien ;
- la préfète ne justifie pas sur quel fondement elle a décidé de son renvoi en Croatie ;
- la préfète ne s'est pas livrée à un examen complet de sa situation personnelle ;
- une réadmission en Croatie est contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
- le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience ;
Considérant ce qui suit,
1. M. E, ressortissant afghan, est entré en France irrégulièrement et y a présenté une demande d'asile le 8 mars 2023. La préfète estimant que l'intéressé ayant préalablement présenté une demande similaire aux autorités croates, ces dernières ont été saisies par la France d'une demande de reprise en charge. Elles ont expressément accepté cette demande. Par le présent recours M. E demande l'annulation de la décision du préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin a décidé de sa réadmission en Croatie.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre provisoirement M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Par un arrêté du 6 avril 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin le même jour, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C, chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à Mme A D, cheffe du pôle régional Dublin à l'effet de signer les arrêtés de transferts pris en application de la procédure Dublin. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
4. L'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. Si le requérant soutient être analphabète, cette circonstance ne ressort pas des pièces du dossier, alors qu'il a signé les brochures A et B rédigées en langue Pashto. En outre, il ressort du compte rendu de l'entretien individuel qui a été réalisé avec l'assistance d'un interprète, qu'il atteste avoir reçues les informations contenues dans lesdites brochures. L'intéressé n'est, par suite, pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas reçu les brochures prévues à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, et que la procédure serait, pour ce motif, irrégulière.
6. En se bornant à soutenir que l'entretien qui s'est tenu en préfecture lors du dépôt de sa demande d'asile s'est fait en l'absence de personnel qualifié, d'un interprète dument qualifié, en absence de confidentialité et en l'absence d'accès au résumé de l'entretien, M. E qui se borne à procéder par affirmation sans apporter d'éléments qui permettraient de penser que la procédure n'aurait pas été respectée, ne développe pas suffisamment son moyen pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé. En outre, il ressort des pièces produites en défense que les allégations précitées manquent en fait.
7. Il résulte de la simple lecture de la décision attaquée, que la préfète s'est fondé sur le 5 de l'article 20 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Le requérant ne peut, par suite, soutenir qu'il aurait " commis en erreur de droit " en ne justifiant pas dans son arrêté le fondement légal permettant de déterminer que la Croatie était responsable de l'examen de sa demande d'asile. Si la requérant fait valoir ne jamais avoir demandé l'asile en Croatie, cette circonstance, en tout état de cause, manque en fait.
8. Il ne résulte d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de l'intéressé.
9. Il est constant que la Croatie est un État membre de l'Union européenne, partie à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complété par le protocole de New-York, et à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le requérant n'établit pas qu'à la date de la décision attaquée, sa propre demande d'asile serait exposée à un risque sérieux de ne pas être traitée par les autorités croates dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation et d'injonction de M. E ne peuvent être que rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, à Me Gabon et à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le magistrat désigné, La greffière,
SignéSigné
O. B S. VICENTE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026