mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2023, Mme B C demande au tribunal d'annuler trois décisions du 14 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Marne a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette au titre du revenu de solidarité active (RSA).
Elle soutient que sa précarité financière ne lui permet pas de rembourser la somme due.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 et 27 septembre 2023, le département de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, faute de respecter le délai prescrit par les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- elle est irrecevable, Mme C ne démontrant pas qu'elle a la capacité d'agir en justice ;
- les moyens qu'elle soulève ne sont pas fondés.
Par un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 13 septembre 2023,
Mme C conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et fait valoir que ses ressources financières sont gérées par son tuteur et que les charges dont elle justifie font obstacle à ce qu'elle puisse rembourser la somme due.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. Il est constant que Mme C a perçu un montant excédant ses droits au titre du RSA, entrainant un trop-perçu de 1 270,31 euros, à raison d'une déclaration erronée de sa part, celle-ci ayant déclarée sa conjointe comme personne à charge. Il résulte de l'instruction qu'un échelonnement des paiements lui a été accordé. À supposer même que la bonne foi de la requérante puisse être retenue, les éléments qu'elle verse au dossier ne permettent pas de justifier qu'elle serait dans une situation financière telle qu'elle serait dans l'impossibilité de s'acquitter de la dette à sa charge. Au demeurant le département relève dans ses écritures que la requérante dispose d'un reste à vivre de 883,62 euros, ce qui lui permet, de supporter le remboursement des sommes dues, dont le paiement est échelonné.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la caisse d'allocations familiales de la Marne et au département de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
O. A
La greffière,
Signé
N. MASSON
N°2301164
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