vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301226 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2023, M. B A demande au juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) du 20 février 2023 portant refus de délivrance d'une autorisation préalable d'accès à la formation professionnelle aux métiers de la sécurité privée, ensemble la décision du 9 mai 2023 par laquelle il a implicitement rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au directeur du CNAPS de lui délivrer l'autorisation préalable sollicitée, à titre provisoire, dans l'attente du jugement à intervenir sous astreinte de 250 euros par jour de retard jusqu'au 26 juin 2023 et 500 euros par jour au-delà de cette date.
4°) de condamner le CNAPS aux entiers dépens.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que les décisions en litige préjudicient de manière grave et immédiate à sa situation personnelle, familiale, professionnelle et financière ; sa situation financière est très précaire car il ne tire ses revenus lui permettant d'assumer les charges de son foyer que de son travail d'agent de sécurité ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation des faits en ce qu'il remplit la condition de durée de séjour, muni d'une d'un titre de séjour valide, depuis au moins cinq ans, tel qu'il en est disposé à l'article L.612-20-4°bis du code de la sécurité intérieure, auquel renvoie l'article L.612-22 de ce même code ; la date du 28 juin 2018 ne saurait être retenu comme date de délivrance du premier titre de séjour.
Par mémoire en défense enregistré le 15 juin 2023, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au non-lieu à statuer
Vu la lettre informant les parties de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience publique du 16 juin 2023.
Vu :
- la requête enregistrée le 3 juin 2023 sous le n°2301225 tendant à l'annulation de la décision du 20 février 2023 par laquelle il s'est vu opposer un refus à sa demande d'autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. Cristille, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins de suspension et en injonction sous astreinte :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Lorsque le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.
3. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de la requête, le directeur du Conseil national des activités privées et de sécurité a, par décision du 15 juin 2023 produite au dossier, accordé à M. A l'autorisation préalable sollicitée, valable du 15 juin 2023 au 15 décembre 2023. Dans ces circonstances, les conclusions de la requête tendant, d'une part, à la suspension de l'exécution de la décision du directeur du CNAPS du 20 février 2023 portant refus de délivrance d'une autorisation préalable et de la décision implicite de rejet prise sur recours gracieux et, d'autre part, à ce qu'il lui soit enjoint sous astreinte de procéder au réexamen de sa situation sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
4. Par ailleurs, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. A au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait, à Châlons-en-Champagne, le 16 juin 2023.
Le juge des référés,
signé
P. CRISTILLE
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