vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301266 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ANCELET DOUCHIN ELIE SAUDUBRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2023, Mme C D A B, représentée par Me Mainnevret, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2023 par lequel la préfète de l'Aube lui a refusé
la délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement
des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il appartenait à la préfète de saisir la commission du titre de séjour ;
- elle ne représente plus une menace pour l'ordre public ;
- la décision attaquée méconnait l'article 8 de la convention européenne
de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle place ses enfants en difficulté.
Par un mémoire enregistré le 28 août 2023, la préfète de l'Aube, représentée
par Me Ancelet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge
de Mme A B une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Deschamps, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante nigériane née le 27 décembre 1995 qui dit être entrée en France le 4 juin 2014, a sollicité en dernier lieu auprès de la préfète de l'Aube
la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Elle demande l'annulation de l'arrêté du 28 avril 2023 par lequel l'autorité administrative a rejeté
cette demande.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a donné naissance
le 10 janvier 2021 à deux enfants de nationalité française qui résident avec elle. Si la décision attaquée est fondée notamment sur l'absence de contribution du père des enfants, qu'il a reconnus le 19 novembre 2021, à leur entretien et à leur éducation, il ressort en tout état de cause d'une attestation d'assurance du 19 mai 2023 que celui-ci réside avec sa concubine
et ses enfants. La circonstance qu'un courrier du 9 novembre 2021 aurait mentionné une autre adresse, alors au demeurant qu'une attestation de la caisse d'allocations familiales
du 31 janvier 2022 ferait état d'une adresse commune aux deux parents, n'est pas de nature à remettre en cause les informations précises figurant dans l'attestation d'assurance.
5. Il est vrai que la requérante a été condamnée par jugement du 11 février 2020
du tribunal judiciaire de Paris à trois ans d'emprisonnement dont un an avec sursis pour des faits de proxénétisme aggravé. Toutefois, malgré leur gravité, les faits qui ont justifié cette condamnation datent de janvier 2015 à avril 2017, et sont donc anciens, alors que la requérante s'est depuis établie en province avec un ressortissant français dont elle a eu deux enfants. Ils ne caractérisent ainsi pas une menace actuelle à l'ordre public. Par ailleurs l'inexécution de deux mesures d'éloignement prononcées à l'encontre de la requérante en 2017 et en 2021 ne constituent pas non plus une menace à l'ordre public.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée méconnait les dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
7. Cette annulation implique que la préfète de l'Aube délivre
à Mme A B une carte de séjour au titre de la vie privée et familiale. Il y a lieu
de lui enjoindre d'y procéder dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat
une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code
de justice administrative, à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi
du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Mainnevret renonce à percevoir la part contributive
de l'aide juridictionnelle. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge
de la requérante la somme que demande la préfète de l'Aube en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 28 avril 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Aube de délivrer à Mme A B un titre
de séjour au titre de la vie privée et familiale dans un délai d'un mois suivant la notification
du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Mainnevret une somme de 1 200 euros sur le fondement
des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
et de l'article 37 de la loi du 19 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir
la part contributive de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Les conclusions présentées par la préfète de l'Aube sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D A B,
à Me Romain Mainnevret et à la préfète de l'Aube.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller ;
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le conseiller le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
P-H. MALEYRE
Le président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026