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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2301436

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2301436

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2301436
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 juin 2023 et le 17 novembre 2023,

M. B A, représenté par Me Calot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 février 2023 par laquelle le préfet de la Marne a refusé de créditer le solde de points dont est doté son permis de conduire à la suite de sa participation un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'ayant contesté l'ordonnance pénale sur le fondement de laquelle le ministre de l'intérieur, constatant la perte de l'ensemble des points de son permis de conduire a pris une décision 48SI, ensemble, le jugement rejetant son recours contre cette ordonnance, il ne peut lui être retiré les points correspondants. Dès lors, le solde de point n'était pas nul au jour du stage qu'il a effectué et les points résultant de sa participation à ce stage doivent lui être crédités.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 novembre 2023 et le 15 janvier 2024, le préfet de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Par une ordonnance du 16 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au

16 février 2024.

Un mémoire présenté pour M. A a été enregistré le 18 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Nizet pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Nizet, président,

- et les observations de Me Steven Calot représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 13 et 14 janvier 2023. Par un courrier du 14 février 2023, le préfet de la Marne l'a informé que ce stage ne pouvait donner lieu à restitution de points dès lors que son permis n'était plus valide à la date dudit stage.

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue () Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. () ", Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. () ". L'article R. 223-8 de ce code dispose que : " I. - Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II. - L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. - Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / () ".

3. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de rejeter toute demande de reconstitution de points acquis à la suite d'un stage de sensibilisation lorsque le conducteur a reçu, avant le dernier jour du stage, régulièrement notification d'une décision du ministre de l'intérieur l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité suite à l'épuisement de son capital de points.

4. Il résulte de l'instruction que le pli contenant la décision 48SI constatant la perte de validité du permis de conduire de M. A, envoyé par lettre recommandée avec avis de réception, a été réceptionnée par celui-ci le 19 décembre 2022. Dès lors, à la date à laquelle

M. A a effectué son stage de sensibilisation à la sécurité routière, les 13 et 14 janvier 2023, il n'était plus titulaire d'un permis de conduire en cours de validité et il ne pouvait bénéficier d'une reconstitution de son capital de points correspondant au stage dont il se prévaut. Il fait valoir que la décision 48SI ne pouvait fonder la perte de validité de son permis de conduire dès lors qu'il a fait opposition à l'ordonnance pénale correspondant à l'infraction contestées le 13 juin 2021 et que par suite les points correspondant à cette infraction ne pouvaient lui être retirés et la décision précitée prise et indique que le ministre de l'intérieur a par sa correspondance du 9 mai 2023 indiqué que les mention relatives à cette infraction avaient été " extraites " de son dossier

" puisque la décision judiciaire n'était pas définitive ". Toutefois il est constant que par son courrier du 9 mai 2023, le ministre de l'intérieur se borne à indiquer que l'infraction du

13 juin 2021 ne peut donner lieu à retrait de points, sans en tirer de conséquence sur la légalité de la décision 48SI réceptionnée le 19 décembre 2022 que le requérant s'abstient de produire à l'instance et dont il n'est pas établi qu'elle serait fondée sur la perte de points résultant de l'infraction commise le 13 juin 2021. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier et notamment de la liste des infractions commises par l'intéressé telle qu'elle figure dans la décision 48SI du 23 juin 2023 que le solde de point dont été pourvu le permis de conduire du requérant était nul dès avant la commission de l'infraction du 21 juin 2021. Il suit de là que le

14 février 2023 le préfet de la Marne était tenu de prendre la décision en litige, alors, en tout état de cause, que la légalité de son éventuel refus de procéder au retrait de cette décision relève d'un litige disctinct.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut être que rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Marne.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

O. NIZET

La greffière,

Signé

I. DELABORDE

N°2301436

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