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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2301510

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2301510

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2301510
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre
Avocat requérantSCP FWF ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 juillet 2023, M. C A forme opposition aux contraintes délivrées le 30 mai 2023 par Pôle Emploi en vue du recouvrement d'allocations de formation et d'aides à la mobilité pour des montants de 872,45 euros et de 610,23 euros.

Il soutient qu'il a contesté les sommes dues, que le montant réclamé est surévalué et qu'il y a une malversation de l'UIMM.

Par un mémoire enregistré le 26 février 2024, France Travail Grand Est, représenté par la SCP FWF associés, conclut :

- au rejet de la requête ;

- à la condamnation de M. A à verser à France Travail la somme de 855,66 euros ;

- à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la requête est tardive, que la décision attaquée n'a pas été produite et que l'indu est fondé.

Par courrier du 21 mai 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement à intervenir était pour partie susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles tendant au remboursement du montant de l'indu et des frais d'huissier dès lors que France Travail a le pouvoir de recouvrer ces sommes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 5426-19 du code du travail, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'indu par Pôle emploi. / Conformément aux dispositions de l'article L. 411-7 du code des relations entre le public et l'administration, lorsque la décision du directeur général de Pôle emploi sur ce recours gracieux n'a pas été portée à la connaissance du requérant dans le délai de deux mois, l'intéressé peut considérer sa contestation comme rejetée. Il peut alors, s'il le souhaite, se pourvoir devant le juge compétent. ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 5426-20 du code du travail : " La contrainte prévue à l'article L. 5426-8-2 est délivrée après que le débiteur a été mis en demeure de rembourser l'allocation, l'aide ou toute autre prestation indue mentionnée à l'article L. 5426-8-1 ou de s'acquitter de la pénalité administrative mentionnée à l'article L. 5426-6. / Le directeur général de Pôle emploi lui adresse, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, une mise en demeure qui comporte le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées, la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement ou la date de la pénalité administrative ainsi que, le cas échéant, le motif ayant conduit à rejeter totalement ou partiellement le recours formé par le débiteur./ Si la mise en demeure reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur général de Pôle emploi peut décerner la contrainte prévue à l'article L. 5426-8-2. ". Aux termes de l'article R. 5426-22 du même code : " Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification. L'opposition est motivée. Une copie de la contrainte contestée y est jointe. Cette opposition suspend la mise en œuvre de la contrainte. La décision du tribunal, statuant sur opposition, est exécutoire de droit à titre provisoire. ".

3. Il résulte des dispositions citées ci-dessus qu'un recours contentieux tendant à l'annulation d'un trop-perçu notifié par Pôle emploi, devenu France Travail, n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès du directeur général de Pôle emploi, devenu France Travail, dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 3.

4. A l'appui de l'opposition qu'il forme à la contrainte délivrée à son encontre par Pôle Emploi Grand Est, M. A invoque le fait que l'indu en cause, qu'il estime surévalué, résulterait d'une malversation de l'Union des Industries Métallurgiques et Minières. Toutefois, ainsi qu'il indique lui-même, le recours administratif préalable obligatoire qu'il dit avoir formé n'a pas été délivré à Pôle Emploi. Par suite, il n'est pas recevable à invoquer un moyen tiré de l'absence de bien-fondé de l'indu d'allocation de solidarité spécifique à l'origine de la contrainte en litige. Il en résulte que la requête doit être rejetée.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Pôle Emploi sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

6. Les conclusions présentées par Pôle Emploi tendant au remboursement du montant des indus et des frais d'huissier doivent être rejetées comme irrecevables dès lors qu'il a le pouvoir de recouvrer ces sommes.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par Pôle Emploi d'une part en vue du remboursement des sommes en cause et des frais d'huissier et d'autre part sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à France Travail Grand-Est.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

signé

A. BLa greffière,

signé

I. ROLLAND

N°2301510

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