jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301541 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Nicolas Crecy, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 5 juillet 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a prononcé la suspension de la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en raison de l'atteinte portée à sa situation personnelle et professionnelle, l'exécution de son contrat de travail impliquant des déplacements en véhicule ;
- le signataire de l'acte est incompétent ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- le principe du contradictoire a été méconnu ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la requête n°2301540 enregistrée le 8 juillet 2023 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté du 5 juillet 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a prononcé la suspension de la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. M. B a fait l'objet le 5 juillet 2023 d'une mesure de rétention de son permis de conduire en raison d'un dépassement de 47 kilomètres heure de la vitesse maximale de 90 kilomètres heure constaté dans la commune de Chenoise Cucharmoy (Seine-et-Marne). A supposer même que le requérant n'ait pas commis antérieurement d'infraction comparable, l'importance de cet excès de vitesse est de nature à porter atteinte à l'intérêt public qui s'attache à la préservation de la sécurité routière. Ainsi, alors même que la mesure en cause préjudicie à la situation professionnelle du requérant, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à un doute sérieux quant à la légalité de cette décision, la requête de M. B doit être rejetée.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 13 juillet 2023.
Le juge des référés,
signé
A. C
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