mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301543 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SEL BENOÎT FLAMANT, AVOCAT CONSEILS |
Vu la procédure suivante :
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
(2ème chambre)
Par une requête enregistrée le 9 juillet, la société " Fruits de la Terre ", représentée par Me Benoît Flamant, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la délibération du 31 mai 2023 par laquelle la communauté de communes d'Arcis, Mailly, Ramerupt a décidé de signer un protocole d'accord avec la société Wall-GC, en tant qu'il impose des contraintes et sujétions nouvelles ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes d'Arcis, Mailly, Ramerupt la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ces exigences supplémentaires ont été adoptées à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- la communauté de communes d'Arcis, Mailly, Ramerupt a méconnu l'étendue de sa compétence et a excédé ses pouvoirs en décidant qu'un test de mesure d'odeur devait lui être remis par le cessionnaire du terrain en se référant à l'arrêté autorisant l'exploitation de l'usine au jour de l'achèvement des travaux et en l'incluant dans le protocole de transaction ;
- elle a méconnu les règles d'exigibilité de la contribution foncière des entreprises et de réparation intégrale du préjudice sans profit ni perte pour la victime ;
- elle ne s'est pas mise à même de faire respecter les délais qu'elle entendait lui imposer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2023, la communauté de communes d'Arcis, Mailly et Ramerupt conclut à ce que le tribunal sursoit à statuer dans l'attente du jugement à intervenir que doit prononcer le tribunal judiciaire de Troyes dans l'affaire n° RG 22/00105 et à la mise à la charge de la société " Fruits de la Terre " de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société " Fruits de la Terre " ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
2 septembre 2024.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de la requête tendant à l'annulation de la délibération du 31 mai 2023 du conseil de la communauté de communes d'Arcis, Mailly et Ramerupt dès lors que cette délibération porte sur un contrat de vente de droit privé auquel la communauté de communes est partie et n'a pas pour objet de modifier le principe même de la vente.
Par un courrier, du 27 septembre 2024, la communauté de communes d'Arcis, Mailly et Ramerupt a présenté ses observations sur le moyen d'ordre public susceptible d'être relevé d'office.
Par un mémoire, du 28 septembre 2024, la société " Fruits de la Terre " a présenté ses observations sur le moyen d'ordre public susceptible d'être relevé d'office.
Par un courrier, enregistré le 30 septembre 2024, après clôture de l'instruction, la communauté de communes d'Arcis, Mailly et Ramerupt conclut à ce que les observations présentées par la société " Fruits de la Terre ", sur le moyen d'ordre public susceptible d'être relevé d'office, soient écartées des débats.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Oscar Alvarez, rapporteur
- et les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation
1. La communauté de communes d'Arcis, Mailly, Ramerupt a autorisé son représentant à céder deux parcelles cadastrées ZK 26 et ZK 28 affectées à un usage rural, à la société Wall GC, devenue, la société " Fruits de la Terre ", afin d'y implanter une usine de production de pommes de terre frites surgelées. Par acte authentique du 4 juillet 2019, la société " Fruits de la Terre " a acquis ces deux parcelles pour un montant de 799 244,40 euros. Cet acte comportait une clause résolutoire stipulant que la construction de l'usine devait être achevée au plus tard le
3 juillet 2023. Constatant les retards rencontrés par la société précitée, le conseil communautaire a, par délibération en date du 31 mai 2023, dont la requérante demande l'annulation partielle dès lors qu'elle impose de nouveaux contrôles et sujétions, notamment approuvé le report de la date d'achèvement des constructions au 31 décembre 2025, et celle relative à la condition résolutoire pour non-respect de la date d'achèvement des travaux au 31 janvier 2026.
2. En premier lieu, la délibération en litige a pour objet de signer un " protocole d'accord ". Toutefois, " ce protocole ", qui a pour seul objet de modifier certaines clauses du contrat du 4 juillet 2019, et non pas de régler, par des concessions réciproques un différend entre les parties, ne constitue pas une transaction, mais un avenant au contrat précité. Par suite, la délibération ne vise qu'à autoriser la signature, dans les conditions qu'elle arrête, de cet avenant.
3. En second lieu, d'une part, la nature juridique d'un contrat s'apprécie à la date à laquelle il a été conclu. Le contrat de vente qui porte sur la cession par la communauté de communes d'une partie de son domaine privé, qui ne comporte pas de clauses exorbitantes du droit commun et n'a pas pour objet l'exécution même du service public, est un contrat de droit privé. Par suite, quel que soit le contenu de l'avenant dont la signature est autorisée par la délibération en litige, le contrat conclu entre la société les " Fruits de la Terre " et la communauté de communes d'Arcis, Mailly, Ramerupt demeure un contrat de droit privé. D'autre part, l'acte d'une personne publique, qu'il s'agisse d'une délibération ou d'une décision, qui modifie le périmètre ou la consistance de son domaine privé ne se rapporte pas à la gestion de ce domaine, de sorte que la contestation de cet acte ressortit à la compétence du juge administratif. Il en va de même du refus de prendre un tel acte ou de son retrait, ainsi que du litige par lequel est recherchée la responsabilité de cette personne publique à raison du refus de prendre un tel acte ou de le retirer. La délibération en litige n'a pas pour objet de modifier le périmètre ou la consistante du domaine privé de la commune. Elle n'est, par suite, pas détachable du contrat initial. Il résulte de ce qui précède que le présent recours ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la communauté de communes, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement à la société les fruits de la terre de la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espère, de mettre à la charge de la société les fruits de la terre, le versement à la communauté de communes de la somme qu'elle demande au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation de la requête de la société
" Fruits de la Terre " sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société " Fruits de la Terre " et à la communauté de communes d'Arcis, Mailly, Ramerupt.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
M. Michel Soistier, premier conseiller,
M. Oscar Alvarez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
Le rapporteur,
O. ALVAREZ
Le président,
O. NIZETLa greffière,
N. MASSON
La République mande et ordonne à la préfète de l'Aube, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026