jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301550 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 29 juin 2023 et 16 juillet 2023, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juin 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette résultant d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 437,54 euros pour la période d'octobre 2022 à février 2023 ;
2°) d'annuler la décision du 13 juin 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube lui a accordé une remise gracieuse partielle de sa dette résultant d'un indu d'aide personnalisée au logement pour la période d'octobre 2022 à février 2023, laissant à sa charge un montant de 71,69 euros à ce titre.
Elle soutient qu'elle ne dispose pas des capacités financières pour rembourser ces dettes dans la mesure où elle perçoit uniquement l'allocation de solidarité spécifique d'un montant de 560 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mach en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mach, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () / Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
2. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur :
() / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. S'agissant d'un indu constaté au titre de l'aide personnalisée au logement, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Par des courriers des 20 février 2023 et 25 mars 2023, le directeur de la caisse d'allocation familiales de l'Aube a informé Mme B de ses décisions de récupérer des indus d'aide personnalisée au logement d'un montant de 169,48 euros et de 437,54 euros qu'elle a perçus d'octobre 2022 à février 2023. Par une décision du 13 juin 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette résultant d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 437,54 euros. Par une seconde décision du 13 juin 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube lui a accordé une remise gracieuse partielle de sa dette résultant d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 42,37 euros, laissant à sa charge un montant de 71,69 euros à ce titre.
5. D'une part, Mme B ne conteste pas la réalité du trop-perçu qui lui est réclamé, lequel résulte d'un réexamen de ses droits au regard de l'évolution de ses ressources.
6. D'autre part, Mme B soutient être dans l'impossibilité de rembourser l'indu qui lui est réclamé eu égard à ses ressources constituées uniquement de l'allocation de solidarité spécifique. L'intéressée, célibataire et sans enfant, a produit diverses pièces justificatives établissant qu'elle percevait en juillet 2023 l'allocation de solidarité spécifique d'un montant de 545,10 euros et que ses charges étaient évaluées, après déduction de l'allocation personnalisée au logement d'un montant de 222,48 euros, à 238,75 euros. Il résulte toutefois de l'instruction que Mme B a repris en septembre 2023 une activité rémunérée en qualité de stagiaire. La requérante n'a pas, en dépit d'une demande en ce sens, apporté d'éléments sur sa situation financière à la date du présent jugement, et notamment l'évolution de ses ressources et ses charges par rapport à juillet 2023. Dans ces circonstances, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante se trouve, à la date du présent jugement dans une situation de précarité telle qu'elle l'empêcherait de rembourser le solde de sa dette. Dès lors, il n'y a pas lieu de lui accorder une remise des indus qui lui sont réclamés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A.-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
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