vendredi 4 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301647 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | OPYRCHAL |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2301647, enregistrée le 20 juillet 2023, M. D A, représenté
par Me Aurore Opyrchal, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 16 juin 2023 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, a prononcé son transfert aux autorités croates ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision prononçant son transfert est insuffisamment motivée ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas lui avoir remis l'attestation prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas qu'il a été reçu en entretien individuel, dans des conditions garantissant la confidentialité des échanges, par une personne qualifiée comme l'exige l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ni lui avoir délivré les informations exigées par l'article 4 de ce même règlement ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas que les autorités croates ont été régulièrement saisies, ni que celles-ci ont accepté de prendre en charge l'examen de sa demande d'asile ;
- les autorités croates ne sont pas celles qui sont responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas qu'elle ne s'est pas considérée en situation de compétence liée pour décider de le transférer aux autorités croates au lieu faire usage de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- la préfète du Bas-Rhin n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle, notamment au regard des risques auxquels il serait exposé en cas de transfert vers les autorités croates.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II. Par une requête n° 2201648, enregistrée le 20 juillet 2023, Mme B C, représentée par Me Aurore Opyrchal, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 16 juin 2023 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, a prononcé son transfert aux autorités croates ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision prononçant son transfert est insuffisamment motivée ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas lui avoir remis l'attestation prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas qu'elle a été reçue en entretien individuel, dans des conditions garantissant la confidentialité des échanges, par une personne qualifiée comme l'exige l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ni lui avoir délivré les informations exigées par l'article 4 de ce même règlement ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas que les autorités croates ont été régulièrement saisies, ni que celles-ci ont accepté de prendre en charge l'examen de sa demande d'asile ;
- les autorités croates ne sont pas celles qui sont responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
- la préfète du Bas-Rhin n'établit pas qu'elle ne s'est pas considérée en situation de compétence liée pour décider de le transférer aux autorités croates au lieu faire usage de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- la préfète du Bas-Rhin n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle, notamment au regard des risques auxquels elle serait exposée en cas de transfert vers les autorités croates.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-6 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Friedrich, conseiller.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Clemmy Friedrich,
- les observations de Me Opyrchal, représentant M. A et Mme C, qui soutient qu'il existe en Croatie des carences systémiques dans l'examen des demandes d'asile faisant craindre que leurs propres demandes soient rejetées sans réel examen,
- les observations de M. A qui fait valoir que, en cas de transfert aux autorités croates, celles-ci les refouleront automatiquement vers la Russie sans procéder à l'examen préalable de leur demande d'asile.
La préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, après que le conseil des requérants et M. A ont formulé des observations orales au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant russe né le 7 janvier 1988 à Grozny, et Mme C, ressortissante russe née le 20 juillet 2002 à Grozny, sont entrés irrégulièrement en France où ils ont déposé une demande d'asile le 30 janvier 2023. Par deux arrêtés du 16 juin 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, a prononcé leur transfert aux autorités croates qui ont admis être responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par les présentes requêtes, M. A et Mme C demandent au tribunal d'annuler ces décisions.
2. Les requêtes susvisées n° 2301647 et n° 2301648, présentées pour M. A et Mme C, concernent la situation d'une même famille et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions :
4. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 572-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. "
5. Chacune des décisions prononçant le transfert des requérants vers les autorités croates énoncent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La préfète du Bas-Rhin, qui n'était pas tenue de faire référence, de manière exhaustive, à l'ensemble des éléments portés à sa connaissance, a ainsi suffisamment motivé ces décisions. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des arrêtés du 16 juin 2023 doit être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II. / Une attestation de demande d'asile est délivrée au demandeur selon les modalités prévues à l'article L. 521-7. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que, le 30 janvier 2023, les requérants se sont vus délivrer par les services de la préfecture du Bas-Rhin l'attestation prévue par l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auxquelles renvoient les dispositions précitées de l'article L. 571-1 du même code. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions citées au point précédent auraient été méconnues.
8. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement. ". En outre, l'article L. 521-2 du même code ajoute : " Tout demandeur reçoit, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de supposer qu'il la comprend, une information sur les droits et obligations qui découlent de l'application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, dans les conditions prévues à son article 4. "
9. Aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement. () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe. / 3. Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
10. Aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'Etat membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les Etats membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / () 6. L'Etat membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'Etat membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. "
11. Il ressort des pièces du dossier que chacun des requérants se sont vus délivrer, à l'occasion de l'enregistrement de sa demande d'asile à la préfecture du Bas-Rhin, le 30 janvier 2023, les deux brochures d'information dites " A " (J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande d'asile ') et " B " (Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce que cela signifie '). Ces brochures, qui ont été délivrées dans une langue que les intéressés ont déclaré comprendre, constituent les documents mentionnés au paragraphe 3 de l'article 4 du règlement précité et contiennent l'intégralité des informations prévues au paragraphe 1 de cet article. Par ailleurs, elles ont été remises aux requérants le 30 janvier 2023, soit en temps utile avant que n'interviennent les décisions en litige. Enfin, l'entretien réalisé à l'occasion de l'enregistrement de leur demande d'asile a donné lieu, également en temps utile, à l'établissement d'un résumé paraphé et signé par chacun des requérants, lesquels ont bénéficié du concours d'une interprète russe. Il suit de là que les requérants se sont vus dûment délivrer les informations prescrites à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et ont été reçus à un entretien individuel dans les conditions prescrites à l'article 5 du même règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
12. Aux termes de l'article 23 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Lorsqu'un Etat membre auprès duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), a introduit une nouvelle demande de protection internationale estime qu'un autre Etat membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre Etat membre aux fins de reprise en charge de cette personne. / 2. Une requête aux fins de reprise en charge est formulée aussi rapidement que possible et, en tout état de cause, dans un délai de deux mois à compter de la réception du résultat positif Eurodac (" hit "), en vertu de l'article 9, paragraphe 5, du règlement (UE) n° 603/2013. / Si la requête aux fins de reprise en charge est fondée sur des éléments de preuve autres que des données obtenues par le système Eurodac, elle est envoyée à l'Etat membre requis dans un délai de trois mois à compter de la date d'introduction de la demande de protection internationale au sens de l'article 20, paragraphe 2. () ".
13. Il ressort des pièces du dossier que, le 27 janvier 2023, la préfète du Bas-Rhin a été informée par le directeur de l'asile au ministère de l'intérieur du résultat de la consultation sur la base Eurodac, dont il ressort que les empreintes des requérants ont été relevées par les autorités croates le 16 janvier 2023. Ces dernières ont été saisies, le 6 février 2023, d'une demande de reprise en charge pour laquelle elles ont donné leur accord le 20 février 2023. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les autorités croates n'auraient pas été régulièrement saisies et qu'elles ne sauraient pas responsables de l'examen de leur demande d'asile.
14. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes des décisions en litige, que la préfète du Bas-Rhin, pour refuser de faire usage des clauses discrétionnaires prévues à l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, se serait placée en situation de compétence liée et, par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
15. Il ne ressort ni de la motivation des arrêtés attaqués, ni des autres pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin aurait omis de procéder à un examen complet de la situation personnelle des requérants. Si ces derniers font état de l'existence de défaillances affectant les conditions d'accueil et de prise en charge des demandeurs d'asile en Croatie, ils ne produisent au dossier aucun élément susceptible d'établir que les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en Croatie seraient caractérisées par des carences structurelles d'une ampleur telle qu'il y aurait lieu de conclure à l'existence de risques suffisamment réels et concrets, pour l'ensemble des demandeurs de protection internationale et indépendamment de leur situation personnelle, d'être systématiquement exposés à une situation de dénuement matériel extrême. Au cas particulier, rien ne démontre que la demande d'asile des requérants serait exposée à un risque sérieux de ne pas être traitée par les autorités croates dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, alors que la Croatie est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. A et de Mme C doivent être rejetées, y compris leurs conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : M. A et Mme C sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Mme B C, à Me Opyrchal et à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 août 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
C. FRIEDRICHLe greffier,
Signé
E. MOREUL
N°s 2301647 et 2301648
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026