jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301726 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP DUPUIS LACOURT MIGNE ESTIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juillet 2023 et 17 mai 2024, M. C A, représenté par la SCP Blocquaux et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mars 2023 par laquelle le préfet des Ardennes a refusé d'autoriser le regroupement familial au profit de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet des Ardennes d'autoriser le regroupement familial au profit de son épouse et de délivrer à celle-ci un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente, dès lors que la délégation de signature de cette dernière n'est pas établie ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet des Ardennes a retenu à tort qu'il ne résiderait ni ne travaillerait à Charleville-Mézières ;
- il remplit la condition de logement requise pour accueillir son épouse dans des conditions satisfaisantes ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, le préfet des Ardennes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Le préfet des Ardennes a produit une pièce complémentaire, enregistrée le 21 mai 2024 après la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rifflard, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain, né le 13 février 1997 et titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 13 avril 2026, a demandé auprès des services de la préfecture des Ardennes le regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme B, ressortissante marocaine avec laquelle il s'est marié au Maroc le 13 août 2021. Par une décision du 2 mars 2023, le préfet des Ardennes a rejeté sa demande. Par sa requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour refuser d'autoriser le regroupement familial au profit de l'épouse de M. A, le préfet des Ardennes a retenu que si ce dernier dispose d'un logement situé à Charleville-Mézières, il travaille cependant en région parisienne toute la semaine et ne vit par conséquent pas à Charleville-Mézières. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est locataire d'un logement à Charleville-Mézières, a signé le 1er mars 2023 un contrat à durée indéterminée en qualité de pâtissier avec la société SAS La Gerbe de Blé, celle-ci ayant son siège social et son principal établissement à Charleville-Mézières et le lieu de travail habituel de M. A étant aux termes de ce contrat situé par principe dans un périmètre de dix kilomètres autour de cette commune. Si, ainsi que le fait valoir le préfet des Ardennes, M. A occupait depuis 2022 un emploi de pâtissier à Pantin, auprès d'une autre société, laquelle a établi des fiches de paie au titre des mois de mars 2023 et d'avril 2023, celles-ci mentionnent une absence de rémunération en raison de l'absence de M. A. Dans ces conditions, l'intéressé justifie résider et travailler à Charleville-Mézières à la date de la décision en litige. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que la décision du préfet des Ardennes est entachée d'erreur de fait au regard de son lieu de travail.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés par M. A, que ce dernier est fondé à demander l'annulation de la décision du préfet des Ardennes du 2 mars 2023 refusant d'autoriser le regroupement familial au profit de son épouse.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint au préfet des Ardennes d'autoriser le regroupement familial sollicité par M. A au profit de son épouse. Il implique, en revanche, que le préfet des Ardennes procède au réexamen de la demande de regroupement familial de l'intéressé dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 mars 2023 par laquelle le préfet des Ardennes a refusé d'autoriser le regroupement familial au profit de l'épouse de M. A, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Ardennes de réexaminer la demande de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Ardennes.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026